Demandez à un jeune américain ce que c’est que la pate blanche qui compose la pate dentifrice ? Il ne le saura pas. Demandez à un jeune européen comment peut-on utiliser une imprimante 3D pour fabriquer un biscuit à l’usine, il risque de vous prendre pour un demeuré.

Ici à Guangzhou, durant 3 jours, on a concentré 7 foires et 7 séminaires destinés aux industriels chinois de l’agro-alimentaire. Sauf qu’à leur place, ce sont en majorité leurs enfants qui sont venus. Ces jeunes chinois sont en train de prendre la relève de leurs parents dans de nombreuses usines qui alimentent le monde entier. Ce sont des jeunes, fruits du sacrifice de la politique dite de « l’enfant unique » décidée par le président Mao. Ils ont donc grandi sans frères ni sœurs. Ils ont grandi dans la solitude d’une société qui devait rattraper son retard et n’a donc eu pour seul divertissement que le refrain des parents qui leur rappelaient sans cesse la misère qu’ils ont connue et la famine que beaucoup ont endurée dans ce pays. Et qu’il fallait tout faire pour ne plus jamais y re-plonger.

Ils se sont mis au travail. et sont devenus surtout des ingénieurs en presque tout avant d’étudier économie, droit ou littérature. Maintenant, leurs Masters en poche, ils sont en train de prendre la place des parents dans les usines créées il y a à peine 20 ans. Mais pour les dépasser, ils ont besoin d’innover tous les jours. Voilà pourquoi, ils ne ratent aucune occasion où ils peuvent apprendre, se mettre à jour, se remettre en question.

À lire aussi :  La 20ème édition des Ecrans Noirs réserve des surprises

Contrairement à l’Europe où la pensée complexe s’enseigne en cours de philosophie, ici c »est dans la pratique. A bien y regarder, le profane ne comprendrait pas le lien qu’il y a entre les secteurs de la robotique, d’impression 3D, de l’étiquetage des produits, des emballages du futur, la dentisterie et l’industrie agroalimentaire, pour mériter que des séminaires et des foires unissant ces secteurs aussi disparates, se passent au même moment dans les mêmes locaux.

Moi-même j’ai mis du temps pour m’interroger sur ce lien plutôt bizarre. Jusqu’à ce qu’on me réponde qu’on cherche à inculquer dans la tête de cette jeunesse chinoise qui prend les affaires familiales en main, une complexité dans la vision de l’industrie de demain. En effet, la robotique permet la réduction des coûts de production à l’usine et donc améliore la compétitivité, jusqu’à la dentisterie qui doit soigner les pathologies dentaires créées par les aliments trop sucrés que les distributeurs automatiques de nouvelle génération à écran tactile vont déverser partout où il y aura un consommateur prêt à dépenser de l’argent.

La vedette des distributeurs automatiques cette année est une machine pour vendre la crème glacée. Placée dans une gare, dans une école, vous, fournisseur, configurez la pièce de monnaie de votre choix, le client y introduit une pièce de la même valeur et la machine lui sert automatiquement sa coupe de crème glacée.

Et que dire des mangues, des fraises qu’une autre machine posée dans une cours d’école pourra vendre aux écoliers, des fruits de saison avec une seule pièce de monnaie introduite dans la machine ?

À lire aussi :  Stop Pauvreté !

Le rayon « livres professionnels des industriels » était pris d’assaut. C’est malheureux une Nation où les jeunes ne lisent pas comme chez nous. Ici à Guangzhou, malgré le coût très élevé de ces livres adorés comme des bibles, cela partait comme des petits pains.

Contrairement à l’Afrique où le créationnisme a donné l’illusion aux gens qu’ils peuvent ne rien faire pour assumer la responsabilité de leur vie, et prier un dieu miséricordieux aux commandes de tout pour tout avoir, ici en Chine, ces jeunes savent que dans la vie, rien n’est gratuit, il n’y a pas de cadeau, puisque leurs parents se sont sacrifiés en renonçant aux divertissements et aux temps pes africains perdus dans les prières, pour permettre l’émergence de cette nouvelle génération de chinois à la tête des usines florissantes des secteurs directement ou indirectement liés à l’agriculture.

Et comme par hasard, ici en Chine il est strictement interdit à un étranger de pratiquer l’agriculture, ceci afin de laisser justement l’espace à ces jeunes d’en faire leurs richesses.

En Afrique, si on a étudié, c’est la preuve que le champs ne fait plus pour nous. Ou je me trompe ?

En tout cas, passé des adultes dans la chimie agricole à Shanghai hier à la jeunesse chinoise qui a investi les autres secteurs liés à l’industrie agroalimentaire elle-même, m’a fait comprendre à quel point le chemin pour nous africains est encore tellement loin.

Chez nous, l’émergence se décrète, au lieu d’imposer manu-militari la limitation des naissances et interdire le banditisme des églises dites reveillées. Car ces chinois en se concentrant sur un seul enfant, ont réussi à en faire des champions mondiaux, car depuis leur base âge, ils ont été traités par les parents en Héros, en Rois qui devaient se battre pour retrouver leurs trônes d’enfants chéris. Et ici à Guangzhou leur trônes sont bien à eux.

À lire aussi :  Septentrion : La situation sociale et alimentaire préoccupe le gouvernement

Et nous dans tout ça ? On est où? Nous sommes à quel niveau ?

Guangzhou le 4 Mars 2017
Jean-Paul Pougala

Recevez notre lettre d'informations tous les jours.

Version Française English Version

CONTRIBUEZ À CET ARTICLE

Veuillez saisir votre contribution !
Veuillez saisir votre nom ici

− 1 = 1