Les régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord du Cameroun affichent un déficit de développement inquiétant. Cette situation qui affecte les ralentis les activités économiques nécessitent des mesures adéquates pour renverser rapidement la tendance.

Placé au bas du tableau national sur les dix régions du Cameroun en matière de développement, les régions septentrionales affichent des indices inquiétants. Ces dernières rencontrent depuis quelques années les problèmes d’approvisionnement en eau, d’alimentation électrique et de sécurité alimentaire qui préoccupent le gouvernement. Dans l’ensemble, même si l’eau est disponible, néanmoins elle ne respecte pas les critères d’une eau potable. La fourniture électrique faible ralentie les activités économiques. C’est au regard de tous ces problèmes que le chef de l’Etat Paul Biya a instruit une mission spéciale conduite par  Basile Atangala Kouna, Ministre de l’eau et de l’énergie. La délégation forte de six membres du gouvernement et des directeurs généraux tels que celui d’Eneo a sillonné le terrain dans les trois (03) régions (Adamaoua, Nord, Extrême-Nord) pour toucher du doigt les réalités.

Faible énergie

Si l’eau c’est la vie, l’électricité se trouve aujourd’hui le poumon des activités quotidiennes. Sa disponibilité et sa stabilité impactent énormément sur le développement socio-économique des communautés. Malgré la présence du barrage hydroélectrique de Lagdo, le déficit énergétique est énorme dans le Grand Nord. Moins de 50% de la demande est satisfaite et les baisses de tension sont à relever. Phénomène rare en 2010 le délestage ou coupure intempestive d’énergie s’intensifie depuis 2015 dans les villes du septentrion. Les entreprises se trouvent pénalisée.

« Le problème d’énergie affecte nos productions. La quantité de lait transformé s’élève à environ 50 litres par jours sur plus de1000 attendus. La collecte de lait fait aussi partie des défis à relever pour une pleine activité de la mini-laiterie de Ngaoundéré »,

relève Baba Issa, Secrétaire général de la Coopérative transformateur des produits laitier en charge de la mini laiterie.

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À Ngaoundéré, les quartiers Joli-soir, Baladji, Tongo, etc connaisse des ruptures 2 à 3 fois par semaines de 19H à 22H en moyenne. À cela, s’ajoutent les coupures du week-end qui vont généralement de 7h à 19h. Des réalités qui traduisent la situation précaire de la fourniture énergétique du barrage de Lagdo actuellement débordé. Des mesures palliatives sont en train d’être prise selon les membres du gouvernement.

« Nous avons la mise en fonction de la centrale solaire de Maroua et bientôt celui de Ngaoundéré qui viendront suppléer le dispositif actuel. La construction du barrage de Bini à Warak qui est en cours va à moyen terme résorber ce déficit énergétique et booster l’économie locale »,

déclare Yaouba Abdoulaye ministre délégué au MINEPAT. Pour l’heure les ménages vivent sur la crainte d’une rupture brusque d’énergie et les opérateurs économiques paient les frais dans leurs activités.

Eau douteuse

L’une des difficultés majeures des populations des trois régions du septentrion demeure l’accès à une eau de qualité et en quantité. Bien que l’eau courante soit disponible dans les grandes métropoles, la qualité du précieux liquide demeure toujours peu satisfaisante. La couverture de la demande reste très faible soit 9500 abonnés environs pour la région du château d’eau pour 10 000 mette cube sollicités. Dans l’Adamaoua, la couleur de l’eau du robinet jaunâtre et boueuse parfois décourage les consommateurs.

Pour Ndonfouet Martin, Délégué Régional de l’eau et de l’énergie, il est question d’améliorer les infrastructures.

« Les machines de la station de pompage et traitement de la Vina sont vétustes. La quantité d’électricité pour le fonctionnement est faible en plus des délestages. Nous produisons en moyenne 8000 m3 pour un potentiel de 12 000 m3. Le projet de réhabilitation en cours de réalisation prévoit la rénovation des équipements, un générateur pour le relais d’énergie en cas de coupure et 58 km d’extension de canalisation tertiaires »,

précise Ndonfouet Martin. Au régional de l’eau, de relever que la qualité bactériologique de l’eau sera améliorée au terme des travaux qui pour l’heure trainent le pas pour des contraintes non dévoilées. Les abonnés n’ont qu’à prendre leur mal en patience.

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Crise alimentaire

L’alerte a déjà été donnée par le PAM. Cette année, la menace d’une crise alimentaire plane sur les régions septentrionale. Le Nord et l’Extrême-nord sont les plus visées par cette crise. La faute aux pluies qui ont fauchées les agriculteurs dans leurs activités. Venues tardivement, les pluies auront été de courte durée dans les deux régions avec pour conséquence une production agricole médiocre. L’année 2017 aura enregistré l’une des plus faibles productions agricoles de cette dernière décennie. La pluie n’est pas le seul handicape à la productivité agricole dans la partie septentrionale, si l’on s’en tient aux statistiques et analyses des différents observateurs. La crise sécuritaire qui prévaut depuis 2015 avec les troubles dans les pays voisins du Nigéria, Tchad et RCA ont eu raison de nombreux grands bassins de production. L’insécurité alimentée par les exactions de la secte islamique Boko haram est la première cause du déficit alimentaire.

Les actes terroristes des islamistes ont provoqués le déplacement des populations et la désertion des villages de la région de l’Extrême-Nord. Il est aujourd’hui difficile pour les agriculteurs de Kolofata, Mora, Amchidé… de vaquer paisiblement à leurs activités paysannes de peurs de représailles. Dans l’Adamaoua et une partie du Nord Cameroun, ce sont les enlèvements avec demande de rançon qui ont eu raison des agriculteurs. Le Département de la Vina et le Faro et Déo sont les plus ciblé par ses bandes armés qui écument les villages en quête de bonnes cibles (commerçants, agriculteurs, éleveurs).

Bien que les mesures sont prises par les pouvoir public et que les forces de sécurité sont déployés sur le terrain, le phénomène demeure une réalité vivante.

« Il y a une lien réel qui est établi entre la paix et le développement. Une relation la sécurité et les travaux agricoles des populations. Les rencontres effectuées avec les forces vivent font savoir que les populations ont du mal à conduire leurs activités champêtres et d’élevage à cause de l’insécurité. Nous allons poursuivre les actions de quadrillage des forces de défenses et d’encadrement des comités de vigilance pour décourager les malfaiteurs »,

déclare Jule Doree Ndongo, Ministre délègue au MINATD.

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La délégation présidentielle après échange avec les forces vives du septentrion est retournée sur Yaoundé avec les propositions pour rendre compte à Paul Biya afin que des mesures concrètes suivent.

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