sali yaro

Sali Yaro n’est plus. L’ambassadeur culturel de la ville de Ngong dans l’arrondissement de Tcheboa s’est éteint à 4h le jeudi matin 1er février 2018 à Garoua.

Une mémoire de griot et de l’art déclamation des récits historiques vient de disparaître. L’homme savait jouer de la voix et émerveiller le public par son style naturel hérité des aînés. Sa réputation forgé dans son éloquence et sa prestance va manquer à plusieurs.

« Sali Yaro était un musicien de haute facture donc je garde un grand souvenir sur le plan artistique. Il était notre administrateur de la SOCAM et a combattu pour nos droits. En tant que virtuose et maestro émérite, Sali Ngong a mis à la disposition des artistes son orchestre complet pour améliorer la qualité des prestations »,

se souvient Alfa Bary artiste musicien qui salut la mémoire de l’illustre disparu.

Fidèle à sa réputation, Sali Yaro s’est offert une dernière scène avant de partir, le 25 janvier dernier à Ngaoundéré. Une manière vibrante de dire au revoir devant le Ministre des arts et de la culture, lors du concert marquant la rentrée culturelle 2018. Selon plusieurs témoignages, l’homme était d’une générosité remarquable.

« Je garde de beaux souvenirs de Sali Yaro parce qu’il était un homme très large. Nous regrettons sa disparition et prions pour son repos éternel »,

ajoute Alfa Bary.

La maladie aura finalement eu raison de l’artiste.

« Il est décédé au terme d’une longue et rude lutte contre une vilaine goutte qui a finalement remporté. Sali Yaro s’en va, mais sa belle voix et ses compositions d’une saveur particulière demeurent un héritage pour la ville de Ngong que l’artiste a toujours louangé dans ses chansons composées en langues Foulfouldé ou en Haoussa »,

déclare Ebah Essongué un proche du défunt.

Sali Yaro était basé dans la ville de Ngong où il a fondé une formation artistique à «géométrie variable» autour de la musique sahélienne. Son expérience, sa virtuosité et surtout son ouverture artistique l’amèneront à jouer aux côtés des plus grands de la musique sahélienne, promenant ainsi sa silhouette «de sahélien altruiste» sur les scènes de la musique au Cameroun et au-delà.

La région du Nord et le septentrion perd ainsi un des ambassadeurs à l’instar de Ali Baba, Abdou Bénito, Sanda Kitcha, Falama Power et bien d’autres… Il rentre valablement de par son œuvre dans la lignée des artistes du Sahel qui ont écrits de leur vivant les premières pages de la riche encyclopédie de la musique sahélienne tradi-moderne.

Réunis à l’Alliance française de Garoua, les artistes se sont mobilisés pour une action mémorable en faveur de Sali Yaro.

« Au programme, il est prévu une cotisation et le fruit de la quête sera reverser à la famille de Sali Yaro dit Sali RDPC le mercredi 7 février prochain »,

déclare un artiste présent. Prennent part à cette réunion les membres du Forum des artistes musiciens du Nord d’un côté, et les représentants des griots de l’autre (Hayatou Ibbal, Abbo Kona et Abou).

Plusieurs autres grandes personnalités du monde culturel à l’échelle nationale et internationale ont salué la mémoire de Sali Yaro qu’ils ont coutoyer sur des scènes.

« Repose en paix, virtuose et maestro, dans la grâce éternelle d’Allah le Tout-Puissant ! »,

ont priés le collectif des artistes à l’issue des échanges pour intercéder en faveur du disparu d’obédience musulmane.

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