jeunesse
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La nouvelle génération semble n’avoir qu’une priorité : l’emploi. Mais faute d’alternative d’autres ont choisis de s’évader en troquant l’ennui contre l’effervescence.

Les jeunes de 20 à 30 ans débordent de talent et d’énergie, ils ont des projets plein la tête. Si d’aucun cèdent aux siènes de la fonction publique et aux emplois salariés, d’autres font le choix de la création d’entreprise, l’entrepreneuriat, en dépit de la méfiance des banques à l’égard de cette catégorie de la population. Au quartier Bamyanga à Ngaoundéré, Biyidi Mani Frank, 28 ans dirige la NGA (Nouvelle génération Agissante) un groupe spécialisé dans le septième art.

« Je réalise des films et sitcoms avec les jeunes. La boite compte à son actif une série  » Nous africain  » de 50 épisodes et un film  » Ma passion  » de 55minutes »,

raconte le scénariste qui est à la tête de ces acteurs.

Problème d’insertion

Les récentes agitations autour de la bourse d’emploi de la 3è édition des journées Découverte Emploi organisée par le Fond National de l’Emploi et la foire professionnelle des métiers porteurs organisé à Ngaoundéré ont mis en exergue la problématique sur l’insertion, la formation professionnelle et la promotion des emplois indépendants.

« Les projets destinés aux jeunes doivent émaner d’eux-mêmes et ne seront pas imposés »,

a ténu à faire passer Alioum Oumara chef d’antenne FNE Ngaoundéré. Seulement combien sont ces jeunes avec des brillantes idées d’emploi ? Un d’entre eux s’en offusque :

« La jeunesse a-t-elle été préparée aux défis qui l’attendent dans notre pays, je ne le pense pas. Sur les bancs on nous apprend à réciter des cours théoriques et les ateliers pratiques sont obsolètes. Tous le monde sait que le niveau des enfants est de plus en plus faible et on s’attend à quoi comme résultats sur le terrain ? »,

peint-il la toile d’un sombre avenir pour une génération en quête de repères et de modèles.

L’oisiveté étant le terreau de tous les maux, c’est dans les rangs d’une jeunesse déçue par les maigres opportunités offertes par le système que les entrepreneurs des machines à sous recrutent. Le scandale de la mission d’intégration et de développement pour l’Afrique (MIDA) et ses alléchantes offres financières sont là pour en témoigner. Perdus, agités et rongés par l’inquiétude d’un avenir incertain, les jeunes noient leur solitude en pariant.

« Quand l’ennui accompagne la misère on devient enragé »,

lance Sani de manière laconique, un inconditionnel des lieux. Assis sur une chaise au milieu d’une salle, le visage bien braqué sur l’écran d’affichage, il mise son bonheur dans la chance d’un gain. Dans cette grande salle de jeux, située Avenue Adama à Ngaoundéré, plusieurs optent pour ce choix rapide.

Le pari de la chance

La jeunesse de Ngaoundéré à l’image du reste du pays a pris goût à la loterie, et les salles des jeux se muent en espace de retrouvailles. Au cours de ces dernières années, l’activité n’a cessé de prendre de l’ampleur en se multipliant et se diversifiant. On y retrouve pèle mêle de Docteur, ingénieur, licencié. Aujourd’hui les box, les cabines et autres salles se comptent en centaine dans toute la ville.

Quoiqu’il en soit la question de la réglementation de cette activité se pose avec acuité.

Le président Paul Biya dans son allocution à la jeunesse le 11 février dernier, invitait les jeunes au patriotisme,

« ne vous demandez pas ce que votre pays a fait pour vous mais ce que vous avez fait pour votre pays »,

a-t-il signifié solennellement à la jeunesse. Mais pour Ousmane qui troque son Master deux contre la pratique de l’activité de moto-taximen, pour une fois c’est l’inverse :

« je ne me demande plus ce que je peux faire pour mon pays mais ce qu’il peut faire pour moi »,

a-t-il déclaré.

Une réaction parmi tant d’autres qui traduit le désarroi dans lequel est plongé notre jeunesse.

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