Station Aquacole Ngaoundere
Crédit Photo : Boubakary Moussa, pour chateaunews.com

Construit en 1986 pour servir d’incubateur afin de booster la production halieutique au niveau de la région de l’Adamaoua, la ferme aquacole croupie dans une sordide indifférence.

Lors de sa tournée de prise de contact avec son territoire de commandement, le nouveau Sous-Préfet de Ngaoundéré Ier, David Dagor Dibango est allé toucher du doigt la situation désastreuse dans laquelle se trouve ce pôle de production des produits halieutiques de la ville, abandonné au milieu de buissons. La station d’aquaculture de Ngaoundéré, construit dans les premières décennies des indépendances, est restée le parent pauvre du secteur de la production et continue de sombrer dans une léthargie sans fin.

Une perle mise en souffrance

Mis en place à l’origine pour l’expérimentation et la vulgarisation de la pisciculture paysanne, elle avait vite endossé une mission plus grande, celle de booster définitivement la production de l’industrie halieutique dans l’Adamaoua.

Station Aquacole Ngaoundere
Crédit Photo : Boubakary Moussa, pour chateaunews.com

« C’était la perle de l’aquaculture, sa vocation initiale était de servir de tremplin d’alevinage pour les éleveurs de poissons dans la région, mais on ne sait pas comment du jour au lendemain elle ne marchait plus »,

rappelle Altiné Baibi, ancien producteur de poissons, nostalgique d’une époque qui n’existe plus.

« Cette année s’annonce décisive, deux projets de relance sont en cours d’exécution : la construction d’un mur de clôture et le projet d’électrification du centre »,

a ténu à rassurer le Sous-Préfet qui présage une relance imminente de ses activités.
La région château d’eau du Cameroun occupe une place marginale dans la production halieutique au niveau nationale. Un fait surprenant quand on connaît le nombre élevé de cours d’eau et de Lacs à travers la Région, même si le centre artisanal de pêche de Mbakaou sort un peu la tête de l’eau et continue d’alimenter la ville de Ngaoundéré en poissons du terroir. D’après les chiffres de la direction des pêches de l’aquaculture et des industries halieutiques au Ministère de l’Élevage des Pêches et des Industries Animales, le Cameroun importe plus de 270 000 tonnes de poisson chaque année pour un montant de 100 milliards de Fcfa. Alors que la production nationale ne dépasse guère les 180 000 tonnes par an, ce qui grève la balance commerciale du Cameroun d’un déficit de 300 milliards chaque année.

Un cadre paradisiaque

Logé dans un cadre verdoyant au milieu d’une forêt épaisse et inhospitalière la station est située à quelques encablures de l’aéroport de Ngaoundéré. Elle est dotée de multiples étangs d’eaux, chacun de 200m3. Mis en œuvre pour la production d’alevins (Tilapias, Carpes, Silures, Kangas), il est composé des bacs: bétonnés, hors sols et en bâches. En outre, le visiteur est frappé par la faune et la flore aux allures botaniques que couvre un lac d’eau. L’endroit est luxuriant et exotique au charme de chant d’oiseau et de parfum à l’odeur poissonneux. La station est pilotée par un Directeur Bamu, depuis les locaux de la Délégation Départementale des Pêches de l’Élevage et Industries Animales où se trouve son bureau. C’est une structure qui manque de tout : eau, électricité et espoir. La station est dépourvue également d’écloserie d’où l’enherbement des étangs.

Station Aquacole Ngaoundere
Crédit Photo : Boubakary Moussa, pour chateaunews.com

Le centre d’aquaculture de Ngaoundéré est un exemple de plus emblématique du potentiel inexploité du secteur halieutique au Cameroun. Sa gestion plus que calamiteuse reste un handicap, un caillou dans les chaussures d’un secteur névralgique de l’économie nationale à la recherche d’un souffle nouveau. Le gouvernement camerounais a tout intérêt, pour se pencher sur son sort et d’envisager une exploitation performante et intensive afin de combler le déficit de la balance commerciale du pays dans un secteur crucial de son économie.

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