Berges du Mayo
Berges du Mayo. Credit photo : Honoré Barka, pour chateaunews.com

La situation préoccupante guette les riverains des mayos de la ville métropole de l’Extrême-Nord à la suite des dégradations des berges qui se sont accélérées ces dernières années avec les effets du changement climatique menaçant plus que jamais les habitations des populations.

Les populations du quartier Domayo Bololo dans la ville de Maroua, assistent avec impuissance aux dégâts que causent les érosions sur les berges du Mayo Kaliao dans leur quotidien. Après chaque pluie, leurs angoisses s’empirent. La peur de voir leurs maisons se retrouver dans le Mayo ou être emporter par ses eaux n’a jamais été aussi si préoccupante ces cinq dernières années. Les événements vécus de ces derniers jours ont accentué leurs craintes.

Berges du Mayo
Berges du Mayo. Credit photo : Honoré Barka, pour chateaunews.com

Après les fortes pluies enregistrées ces dernières semaines à Maroua, la situation s’est encore plus dégénérée. D’importants blocs de terres se sont détachés, les sols affaissés, les routes rétrécies et les ponts cèdent sous la pression des torrents. La catastrophe est devenue plus que jamais une évidence. L’on avance déjà le chiffre de 250 maisons menacées par les effondrements et plus de 2500 personnes qui pourraient être touchées.

Cette situation a mobilisé cette fin de week-end les autorisés administratives et municipales de la ville qui sont descendu sur le terrain toucher du doigt de les réalités. Sur places ils ont réconforté les populations environnantes qui se sont mobilisé avec des petits moyens. A l’aide des pioches, pelles, sacs vides, les populations de ce quartier se sont investies pour limiter les dégâts face à la catastrophe qui avance à pas de géant vers leurs maisons.

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Berges du Mayo
Berges du Mayo. Credit photo : Honoré Barka, pour chateaunews.com

Le Maire de la commune de Maroua 1er Hamidou Hamadou, très préoccupé par cette situation catastrophique a lancé un appel « aux personnes de bonne volonté qui peuvent manifester leur solidarité pour assister cette jeunesse dynamique et très engagée sur le site ». Le Chef de l’exécutif communal invite les élites à agir devant l’ampleur du désastre. Toutefois, il s’est jeté premièrement à l’eau en offrant plus de 2000 sacs vides et un repas froid à toutes ces personnes qui se sont manifestées sur le site du désastre afin de les encourager à plus d’effort.

La désolation et le sentiment d’abandon gagnent du terrain au sein des sinistrés. Amadou, un riverain du mayo, tout triste exprime sa douleur en ces termes

« Nous sommes dépassé par les dégâts que nous causent les eaux du mayo Kaliao. Chaque année, les berges de ce mayo ne font que s’avancer vers nos maisons. Cette année risque être pire et nos habitations pourront se retrouver dans les eaux ».

Le sentiment d’impuissance génère des interrogations fortes devant la force de la nature.

« Où allons-nous partir si nos maisons emportées ? »

Même inquiétude du côté de Djibrilla, un autre riverain, qui décrit la situation qu’il vit avec son domicile à quelques mètres des berges.

« Nous vivons une situation très difficile qui s’empire. Voyez comment le Mayo ronge progressivement l’espace de terre devant nous depuis ces cinq dernières années. Rien ne retient les berges du mayo. A chaque fois qu’il pleut, c’est important bloc de terre qui tombe dans. Le mayo ne fait que s’avancer vers nous »,

se lamente le riverain angoissé. Les yeux de ces populations sont tournés vers les pouvoirs publics.

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Berges du Mayo
Berges du Mayo. Credit photo : Honoré Barka, pour chateaunews.com

Les travaux de sécurisation nécessitent des gros moyens et une grande expertise qui ne peuvent se faire par elles. Les autorités de la ville ont beau évoqués sur d’éventuels travaux depuis quelques années, mais les premiers engins et premières pierres tardent jusqu’à ce jour à fouler le sol des berges des mayos. La raison de ce retard périlleux n’est pas évoquée. D’où le cri d’alarme de ce riverain :

« Nous essayons de faire avec ces petits moyens que vous voyez. Nous essayons de nous mobiliser comme on peut avec ces sacs qu’on remplit de sable et ces quelques pierres. Nous savons que c’est n’est pas efficace. Mais où allons-nous trouver des moyens ? Il faut que l’Etat intervienne dans les jours qui suivent. Sinon, la catastrophe serait irréversible ».

Signalons que toutes les berges des différents mayos qui serpentent Maroua sont menacées par ces érosions sans précédent. Une conséquence des actions anthropiques dues aux dégradations du couvert végétal, l’exploitation abusive du sable dans les lits de ces Mayos et les effets combinés du réchauffement climatique. Il faut ajouter à cela la démographie galopante, combinée aux habitations anarchiques. Si rien n’est fait d’urgence, les jours qui suivent verront certainement des catastrophes naturelles se produire dans la ville avec d’importants impacts néfastes.

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