Fanta Dawai Dinkan, styliste et modéliste
Fanta Dawai Dinkan, styliste et modéliste

Pouvant être considérée comme la reine de la mode à Ngaoundéré, Fanta épouse Dawai se démarque par sa collection au style unique, son design révolutionnaire qui aligne élégance et finesse, qui respire la modernité sans trahir la tradition.

Modèle Fanny Fashion Design
Modèle Fanny Fashion Design

Ses décorations à nul autre pareil qui façonne le vestimentaire sahélien. Révélé par le festival international de la mode sahélienne « Sahel Fashion » promu par le Groupe FAD’ART, les collections Fany Fashion sont devenues une référence à Ngaoundéré. Entrée en activité il y a cinq ans sans bruit mais avec rigueur et enthousiasme, elle a eu l’exploit de réunir le gratin élitico-administratif en organisant un gala de charité « Adamaoua Fashion Beauty » dans le but de collecter des fonds pour soutenir les orphelins. Agée de 38 ans et mère de 6 enfants, elle se définit comme une autodidacte accomplie.

Vous étiez une cadre, bien rémunéré en service à la Communauté urbaine de Ngaoundéré, qu’est-ce qui vous a poussé à changer de carrière pour embrasser définitivement le monde de la mode ?

J’ai commencé la mode il y a trois ans alors que je travaillais à la communauté urbaine de Ngaoundéré où je m’occupais des permis de bâtir. J’ai perdu la motivation d’aller au bureau, j’étais coincé et à un moment donné je ne me sentais plus à ma place. Il y avait un vide qui s’est créé en moi. Alors un jour j’ai demandé conseil à certains acteurs et promoteurs qui ont vu en moi un talent et m’a convaincu.

Au départ je n’étais pas soutenue par mes parents, mais j’ai fini par imposer mon travail à mon entourage. Ngaoundéré étant une ville qui aime la mode et l’élégance, le travail de la mode est très demandé.

Modèle Fanny Fashion Design
Modèle Fanny Fashion Design

Vos créations impressionnent. D’où vient votre inspiration ?

La mode est une activité qui me passionne depuis mon enfance. Ce qui m’inspire c’est que j’aime tout ce qui brille, ce qui est agréable à voir et donne beaucoup d’envies. Avant, je dessinais et je les remettais aux couturiers et comme je n’étais pas satisfaite de leur travail, il fallait corriger les créations. A la longue, je me suis dit pourquoi ne pas me lancer moi-même. Après tout, c’est une main qui conçoit et c’est elle qui réalise. C’est ainsi que je me suis lancée dans une formation autodidacte de 2 semaines. C’est ainsi que je me suis lancée dans la couture. La mode pour moi est un talent, un don qui se travaille et se développe.

Êtes-vous épanouie dans ce secteur de la mode et du stylisme ?

Le monde de la mode à Ngaoundéré fait face à la concurrence du prêt à porter et les contrats entre nous et les magasins de ces prêts à porter sont rares. Imaginez que vous achetez un tissu à 3000 francs CFA pour faire une chemise avec tous les accessoires, cela vous demande 4000 francs CFA. S’il faut maintenant la vendre, cela revient un peu plus cher. C’est pour cela que certains préfèrent s’approvisionnent depuis Douala. Vous savez, le camerounais aime ce qui vient de loin, de l’extérieur et attache peu d’intérêt aux produits locaux alors qu’en Afrique de l’Ouest au contraire, les gens sont attachés à leur mode vestimentaire locale. D’après vous quelles sont les obstacles qui se dressent devant l’éclosion de la mode ?

La mode fait face au manque de financement et du soutient de la part du gouvernement. Imaginez qu’on investisse dans la création mais les gens n’achètent pas parce que c’est soit disant chère ! Les gens aiment acheter les vêtements importés et cela fait en sorte que le styliste local est incapable de vivre de sa création. Il y a aussi l’accès aux matériels qui sont extrêmement coûteux ce qui fait en sorte que notre clientèle n’est pas consciente du travail qui est derrière. Une tenue est un chef d’œuvre qui n’a pas de prix. Ce n’est pas facile pour nous styliste de le brader.

Comment entrevoyez-vous l’avenir de la mode ?

En ce qui me concerne, j’ai l’intention d’aller renforcer mes capacités à Douala. Nous avons besoin d’être encourager pour avancer. Il faut que l’État apprenne à appuyer les créateurs qui osent.

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