La nouvelle a fait le tour du monde en mars dernier. Le président béninois Patrice Talon reçu à l’Elysée par son homologue français Emmanuel Macron réitérait sa volonté de récupérer les biens culturels de son pays en particulier et de tout le continent en général qui sont conservés dans le musée du Quai Branly en France et dans les autres puissances coloniales, et même chez des collectionneurs privés et autres riches familles en occident.

En effet, depuis les contacts avec l’occident, des milliers de biens culturels appartenant à l’Afrique ont fait l’objet de pillage. Ce pillage a été accentué pendant la période de colonisation. Certains de ces biens dilapidés ont été conservés dans des musées, d’autres gardés dans des résidences privées. L’Unesco soutient depuis plus de 40 ans le combat des pays qui, en Afrique et ailleurs, exigent la restitution de leurs biens culturels disparus lors de l’époque coloniale dans des circonstances discutables. L’Afrique est de ce point de vue le continent le plus touché par ce pillage du patrimoine culturel à ciel ouvert.

Par ailleurs, la décision du président béninois fait suite à l’initiative du président Emmanuel Macron, qui lors de sa tournée ouest africaine en novembre 2017 prenait l’engagement de cette restitution à l’Université de Ouagadougou devant les étudiants. Une commission a même été créée à cet effet en mars 2018 comprenant un Africain, l’universitaire Sénégalais Felwine Sarr et l’historienne française Bénédicte Savoy. Sur le terrain en Afrique, une question demeure, celle de savoir si les africains ont vraiment l’intention de récupérer cette partie importante de leur histoire qui séjourne ailleurs ? Les politiques faisant la promotion et la préservation du patrimoine culturel matériel sont « tatillonantes ».

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Cette volonté de récupération des biens culturels envahit de plus en plus le continent, car en plus du Benin, des pays comme le Gabon, le Sénégal et le Cameroun ont également émis les vœux de récupérer leur patrimoine culturel. Le principal défi des pays africains est celui de la mise en place des structures pouvant accueillir ces biens une fois de retour de l’occident. Ce qui signifie qu’un accent particulier doit être mis sur la réhabilitation des musées existants et la construction de nouveaux. Toute chose qui contribuera à coup sûr de le valoriser et d’attirer des touristes venant de l’occident. Pour les nationaux, cela leur servira à se réapproprier une partie de leur histoire longtemps cachée hors de leurs terres. Au-delà de cette volonté de récupérer cette partie de son histoire, l’Afrique toute entière cherche ainsi à s’affirmer et se débarrasser des liens qui la maintiennent encore sous les anciennes puissances coloniales. Cela permettra à l’Afrique de s’exprimer au même pied d’égalité que l’occident sur les questions liées à la préservation des biens culturels.

Dans un pays comme le Cameroun où la question de l’unité est remise en cause par certains, cette restitution des biens culturels viendrait renforcer les actions du gouvernement dans sa volonté de préserver l’unité dans la diversité. Déjà, le ministère des Arts et de la Culture (MINAC) qui a mis sur pied un comité en vue de faire l’inventaire du patrimoine culturel du pays pourra saisir cette occasion pour davantage équiper le Musée National de Yaoundé. Les musées des différentes chefferies traditionnelles et autres sultanats pourront contribuer en attendant d’accueillir les biens culturels « rapatriés » de l’occident.

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En attendant l’effectivité du début de cette restitution, les regards sont désormais tournés vers les pouvoirs publics dans la mise en œuvre d’une réelle politique culturelle digne qui reflété nos valeurs, gage d’un développement harmonieux et d’une destination touristique privilégiée.

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