chantier ngaoundéré
Crédit Photo : Boubakary Moussa, pour chateaunews.com

Objet de frustration qui envenime les rapports entre les usagers et agents de l’Etat, la mauvaise gestion du temps constitue l’un des facteurs de sous développement de la région château d’eau du Cameroun.

Le gouverneur de la région de l’Adamaoua, Kildadi Taguiéké Boukar, passé maître dans l’art de faire attendre l’assistance a réédité l’exploit ce 30 juillet 2018. Attendu à 10 heures pour présider les travaux de restitution des performances des services techniques régionales ayant été évalués par l’inspection générale des services techniques régionaux dans le cadre du comité régionale d’audit et de contrôle des performances, le patron de la région château d’eau du Cameroun, a eu l’exploit d’accuser deux (02) heures de retards pour arriver à 12 heures. La conduite du chef d’unité administrative régionale reflète une tendance généralisée des administrateurs vis-à-vis du facteur temps. Un mépris des autres acteurs notamment du privé qui « joue sur le temps ».

Il ne fait aucun doute, c’est même une évidence, que le temps est gaspillé par la majorité des fonctionnaires camerounais.

« Le temps constitue l’une des ressources fondamentales de toute entreprise ou organisation sociale sérieuse, au même titre que les moyens humains, matériels et financiers »,

indique un économiste interrogé sur le sujet. L’utilisation de cette denrée pourtant rare est loin d’être optimale dans notre pays pour constituer l’un des principaux facteurs de mauvaise performance de nos administrations publiques. Pourtant à Ngaoundéré, le contraste est saisissant et amère. Qu’il s’agisse des services de l’administration préfectorale, des services techniques déconcentré ou les communautés territoriales décentralisées, la ponctualité et l’assiduité ne sont pas les choses la mieux partagées.

« Rarissime sont les administrations qui ouvrent leurs portes à 7h30min et les ferment à 15h30. Rare sont les agents publics qui sont à leur poste de travail 8 heures par jour comme le prévoit le règlement en vigueur »,

déplore un habitant de la métropole.

  Terrorisme : Encore 5 morts et plusieurs bléssés dans un attentat à Mora

Cette attitude rétrograde qui ternit l’image des serviteurs du peuple frôle l’insouciance et l’irresponsabilité. Les multiples lenteurs et retards dans les calendriers de mise en œuvre des projets arrêtés ont des impacts négatifs et des effets pervers sur le quotidien de la population.

La notion de l’emploi de temps ne veut pas dire grand-chose à ce fonctionnaire rencontré au centre administratif qui ferme les portes de son bureau à 12 heures en avisant d’avance aux usagers qui s’impatientent qu’il ne reviendra pas dans l’après-midi pour des raisons personnelles. Plus grave, peu sont les travailleurs ponctuels qui démarrent le service à 08H, surtout pour les cadres. Bon nombre considèrent d’ ailleurs qu’après midi, c’est quartier libre.

Pour la majorité des agents publics qui n’exécute pas leurs tâches quotidiennes suivant un timing rigoureux, respectueux des exigences professionnelles, le travail est une sorte de distraction.

« Nos agents publics vous donnent des rendez-vous avec légèreté car ils ne sont pas tenus de les respecter. Ils font parfois attendre des heures avant de vous demandez de repasser plus tard si vous êtes chanceux »,

relève Hamadou Iya, un habitué des services administratifs. Les délais non tenus, les rendez-vous non respectés sont devenus des clichés de l’administration. Une manœuvre plus souvent utilisés à des fins de corruption pour préparer l’usager au monnayage. A l’heure des pratiques de bonne gouvernance pour une administration performante, le temps doit jouer son rôle de ressource fondamentale et précieuse, car « le temps perdu ne se rattrape jamais ».

Recevez nos lettres d'informations tous les jours.

Française English

CONTRIBUEZ À CET ARTICLE

Veuillez saisir votre contribution !
Veuillez saisir votre nom ici

9 + 1 =