Jaji Manu Gidado, Président national de Mbororo Social and Cultural Development Association (MBOSCUDA). Credit Photo : Boubakary Moussa, pour chateaunews.com
Jaji Manu Gidado, Président national de Mbororo Social and Cultural Development Association (MBOSCUDA). Credit Photo : chateaunews.com

Le président national de Mbororo Social and Cultural Development Association (MBOSCUDA) est un ancien ministre chargé de mission à la présidence et titulaire d’un Master en science sociale de la Bradford University de la Grande Bretagne.

Administrateur de la Société Nationale d’Investissement, le prince de Sabga est le Mbororo le plus en vue et le plus influent du moment. Parole au président de la MBOSCUDA, rencontré à l’occasion de la célébration de la 24ème édition de la Journée Internationale des Peuples autochtones à Nyambaka, qui relate le quotidien de cette communauté camerounaise.

Mbororos
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Vous venez de prendre part à la commémoration de la 24ème édition de la Journée Internationale des Peuples Autochtones à Nyambaka, quels sont vos impressions ?

Je voudrais de prime à bord louer les efforts conjugués du gouvernement à travers son Ministère des affaires sociales et des organisations internationales, de tout ce qu’ils font pour la cause des peuples autochtones et en particulier les Mbororos. La commune de Nyambaka qui nous accueille aujourd’hui compte 10 000 âmes Mbororos qui vivent avec 30 000 cheptels de bovin. La région de l’Adamaoua constitue le point d’entrée et le point de passage des Mbororos vers les régions de l’Ouest, du Nord-Ouest, de l’Est et du Nord du Cameroun. Elle est aussi un lieu de transit vers le Tchad et la République Centrafricaine.

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Le choix du thème « migration et mouvement des peuples autochtones » colle t-il avec les réalités des Mbororos ?

Ce thème nous interpelle en tant que peuples nomades à la recherche de meilleur pâturage pour notre cheptel bovin. Et à cause de ce déplacement migratoire, le Mbororo subit des stigmatisations et discriminations de toute sorte, et la perte de ses terres. Le Cameroun qui est signataire de la déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones reconnaît deux groupes, les Pygmées et les Mbororos constitués des Jafun, Wodabé et Aku sous réserve bien entendu du résultat de l’étude commandée par le gouvernement sur la question.

Vous saluer les efforts des uns et des autres. Comment jugez-vous l’action du gouvernement en faveur des Mbororos ?

C’est vrai qu’il y a eu beaucoup d’avancées. Nous avons des enfants Mbororos qui sont à l’IRIC, à l’ENAM, dans les écoles de Police. Moi-même je suis Sénateur suppléant et secrétaire général du Ministère de l’Elevage des Pêches et des Industries Animales. Un centre d’Etat civil vient d’être créé à Didango et le Ardo (chef) du village a été désigné comme l’officier d’Etat civil ce qui va résoudre la difficulté d’accès à la citoyenneté. Mais beaucoup reste encore à faire. Beaucoup de jeunes diplômés Mbororos n’ont pas accès aux emplois. Nous voulons des fils Mbororos à des postes de décision en tant que député, sénateur ou ministre.

Pouvez-vous nous étaler les problèmes auxquels sont confrontés les communautés Mbororos aujourd’hui ?

Les Mbororos sont les victimes privilégiés des preneurs d’otages. Des pères de familles sont tués et égorgés. Des enfants et des femmes enlevés et des grosses sommes d’argent exigées pour leur libération. Il y a aussi la pression démographique dans les zones où se trouve les Mbororos. Nous faisons faces aux abus et menaces d’expropriation et d’expulsion de nos terres. Les Mbororos subissent des exactions sur leurs biens et leurs personnes, la revalorisation du travail traditionnel et l’accès au service sociaux de base.

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Quelles doivent être les priorités pour améliorer l’intégration sociale et le bien être des Mairies selon vous ?

La préservation et la conservation de notre mode de vie singulier et propre menacé est la chose la plus importante. Le style de vie des Mbororos n’est pas une pauvreté mais un respect à la nature et la biodiversité qui nous entoure.

Avez-vous des positions par rapport à la crise du moment qui secoue les régions anglophones en cette année électorale ?

Nous sommes naturellement très préoccupés par la situation d’instabilité dans notre pays. C’est une situation déplorable qui affecte nos activités et communautés. Dans le Nord-Ouest d’où je suis originaire, les Mbororos sont victimes d’assassinat depuis quelques mois dans le Département de la Momo. Plusieurs chefs de famille ont été assassinés et leurs cheptels emportés. Les Mbororos et nos amis pygmées sont de véritable exemples du vivre ensemble. Nous vivons avec tout le monde en paix et souhaitons que cela le demeure.

Propos recueillis par Boubakary Moussa

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