mouton, tabaski
Crédit Photo: fratmat.info
NEWSLETTER Français      English   

Après avoir compulsé, guetté et quêté minutieusement les notes des différents postes de contrôle vétérinaire de la ville, les chiffres des moutons sacrifiés sont dévoilés.

Intervenant le 10 du mois de Dhul-Hijja, dernier mois de l’année islamique, l’Aïd el kebir est un moment clé dans la vie des musulmans du monde entier. Plus qu’une fête, l’Aïd el Adha, l’autre nom de la Tabaski est un espace d’opportunités qui plonge la ville dans une effervescence. Si l’on en croit Mainassa Marie, technicien d’industrie animale,

 » Ngaoundere est une zone de transit. Beaucoup de bétail sont à destination du Sud du pays.Nous avons enregistré 17 000 moutons hier tous en partance pour Yaoundé « .

En somme c’est plus de 100 0000 moutons vendus rien qu’a Ngaoundere estime Yanda Koda Brigitte, Chef de contrôle vétérinaire.

Au grand marché de Ngaoundere, le plus grand marché aux bestiaux, bien que suffisamment fourni, les moutons sont inaccessibles à cause de leur prix exhorbitant.

 » Le prix varie entre 30 000 et 150 000 F CFA »,

nous renseigne un intermédiaire communément appelé Tchakaina. Qu’il s’agisse des éleveurs, des transporteurs, des laveurs de moutons, chacun y trouve son compte.

Les moutons égorgés par le chef de famille en mémoire du sacrifice d’Ibrahim est un moment de soumission du fidèle musulman à la volonté de Dieu. Muni d’un couteau parfaitement effilé et en couchant l’animal sur son flanc gauche, la tête tournée vers la Mecque, le musulman accompli par ce rituel un acte de foi.

 » Le mouton doit être partagé en trois parties égales. Une partie qui revient à la famille, une autre aux voisins et amis et une dernière composée des meilleurs morceaux aux nécessiteux. « 

Le mouton haut de gamme

La recherche de mouton correspondant à des critères de qualité élevé et varié est devenu au fil des années une obsession. Plus il est gros, plus il coûte cher, plus il est admiré

 » Le mouton acheté et attaché dans la rue, livré au regard du voisin dévient le miroir de la situation financière du sacrifiant « ,

décrypte Mouhamadou, un observateur attentionné. Abassi, habitant le même quartier montre avec fierté les 4 moutons qu’il a égorgé pour sa famille et ses amis.

+  Un juge ordonne de transfuser un nouveau-né contre l'avis de ses parents témoins de Jéhovah

Les sauves-qui-peut

Plus réservé et sans doute plus démuni, Mouhamadou, résidant au quartier Nord Cifan n’a pas eu la main heureuse. Ce père de famille espérait rééditer le coup de poker gagnant de l’année dernière et attendre les derniers instants pour acheter un mouton à moindre coût. Mal lui en a pris, les prix ont augmenté le jour-J. Il porte un regard attendri sur ses 3 fils qui surveillent la cuisson du mouton qu’il a pu brader.

Entre temps, les psalmodies du Coran et la prêche de l’imam en mémoire du sacrifice d’Ibrahim retentissent dans la ville grâce aux puissants hauts-parleurs. La grande fête du calendrier islamique se poursuit dans les Saare où les festivités vont se poursuivre 4 jours durant. À Ngaoundéré, la nuit tombe et l’appel à la prière résonne une nouvelle fois.

La Rédaction vous recommande :

Réactions

Veuillez saisir votre contribution !
Veuillez saisir votre nom ici

38 − = 37