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Jean-Pierre BEKOLO, cinéaste, dépeint le métier qui nourrit sa réputation

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« Être cinéaste c’est un métier, c’est une qualification, un savoir-faire qui doit être respecté au Cameroun parce que ce n’est pas tout le monde qui peut le faire. »
Monsieur Bekolo, quelle regard jetez vous sur l’activité du cinéma au Cameroun du haut de votre expérience ?
Il faut que les gens cessent de se faire des idées fausses du cinéma. Les gens comprennent mal ce métier. Le cinéma est un métier qu’on pratique tout les jours avec ou sans Camera comme faire les photos avec le téléphone, Ipad, ordinateur portable. Quant on est cinéaste on tourne à volonté avec ou sans scénario. Surtout qu’au Cameroun nous avons tellement de cultures, plein de beaux paysages, beaucoup de choses à faire découvrir, tant d’histoires à raconter, qu’il serait impossible à un passionner de rester sans tourner. Aussi nous faisons face à tellement de difficultés et de limites techniques qu’il faut qu’on s’invente au quotidien, qu’on réinvente le cinéma camerounais en vu de constituer un miroir sur le présent, le passé, l’avenir. Pour dire qu’un cinéaste ne braque pas sa camera que lorsqu’il en situation de réalisation d’un projet de film mais pour capturer l’originalité de la vie dont le film des événements est continu.
Quelle est l’objet de votre présence dans la ville cosmopolite de Ngaoundéré, chef lieu de l’Adamaoua ?
Le fait d’être à Ngaoundéré n’est pas forcement un événement. Il y a aussi la balade. Dans le calendrier d’un cinéaste les projets s’inscrivent dans le court, moyen et long terme. Ce qui fait qu’ont est toujours en tournage. La vie d’un cinéaste est  une sorte de caverne d’Ali Baba de toutes les images possibles qu’il va organiser selon une certaine pensée. Donc vous allez très souvent me voir tourner à certains endroits insolites pour constituer des archives de l’histoire. 

Pour vous quelle est la place du cinéma dans le contexte de décrépitude actuel ?
Vous allez le constater que lorsqu’il y a un événement, tout le monde sort son téléphone et film. A côté d’autre brandisses des appareils numériques et mini ordinateurs pour faire des images. Ce geste que j’apprécie beaucoup témoigne de l’intérêt des populations pour le cinéma. C’est pareil avec la littérature, tout le monde écrit mais nous ne sommes pas tous écrivain encore moins journaliste. L’image est devenue un élément de notre vie quotidienne vécu dans les supports mobiles, l’internet et le bombardement des chaines de médias. Donc le cinéma se porte bien sauf qu’il y urgence de restructurer le secteur pour qu’il y ait moins d’amateurisme. Seulement il est question de structurer tout ça parce qu’on ne peut pas empêcher les gens d’acheter des camera et filmer. 

Une lecture du scénario que vous inspire Ngaoundéré ?
L’histoire de l’Adamaoua me fascine. Je me suis intéressé au fameux référendum de 1961 qui a fait qu’une partie du Cameroun se retrouve au Nigéria. Ce qui justifie que la superficie du nord soit mince contrairement à la largeur du sud. Déjà le tracé des frontières de 1884 nous renseignes que le Cameroun est le pays qui a subit le plus de changement après cette période. Des changements ayant occasionnés des divisions, des peuples autrefois unis se retrouvent repartis entre des pays séparés par le tracé fantaisiste des frontières. Il faut voir que ces lamidats possédant des empires, autrefois assujettis par le pouvoir colonial, se reconstituent progressivement au point de dominer la vie socioéconomique et politique de la région. L’histoire culturelle du septentrion certes très riche est surtout unique en son genre. Les Lamidats sont au centre de cette dynamique sociale qui fait toute l’originalité du Nord Cameroun. 

Vous parlez de renaissance culturelle, expliquez-vous ?
Ce qui est intéressant, c’est le projet de «renaissance culturel». C’est à s’interroger si par la culture nous africains n’avons pas une piste de solution fiable à nos problèmes. C’est ce qui m’amène à tourner plus régulièrement. Il est facile de critiquer, d’envier, mais si l’on observe bien, la culture présente de nombreux atouts qui peuvent être mis à profit en vu d’accroître le développement. Mois je cherche des solutions dans la culture aussi bien traditionnelle que contemporaine. La camera est mon moyen d’atteindre ce but à travers des séries de tournages.

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La rédaction de www.chateaunews.com
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