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Emploi des jeunes : vers une croissance à deux chiffres

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Passé le doute et d’incertitude face à l’avenir, le jeune camerounais peut-il désormais espérer trouver un emploi à sa convenance ? Paul BIYA est optimiste tandis que la jeunesse s’interroge.

L’analyse du discours du Président de la république à la jeunesse camerounaise le 10 février 2014 révèle une sortie du rouge. Après les années de crise et de chômage massif, le Cameroun connaît une embellie sur le plan de l’emploi des jeunes si l’on s’en tient aux statistiques données par Paul BIYA dans son message. Les chiffres présentés à l’opinion nationale et internationale ne sont-ils pas trop beaux pour être vrais ? Selon lui, l’année 2013 aura été meilleure avec une croissance de plus de 12% au-delà des 200 000 emplois souhaités. Le Chef de l’Etat estime à 225 000 postes de travail décents créés au cours de l’exercice écoulé. 60 000 emplois fournis par l’administration et ses démembrements, 165 000 autres dans les entreprises privées pour le bilan soit disant satisfaisant présenté. Pour embellir le tout, le plus vieux jeune annonce 250 000 poches d’emploi pour 2014. Les concours déjà ouverts pour le recrutement dans les corps des forces de défense annoncent certainement les couleurs de cette promesse. La progression de l’économie nationale dont l’on prévoit encore plus de 5% en 2014 sont quelques indicateurs. « Le Cameroun avance ».

Les choses s’améliorent à ce qu’il parait. Les premiers résultats des énormes sacrifices du peuple sont-ils déjà là ?. Malgré son potentiel et son savoir-faire, le jeune au Cameroun peine toujours à se frayer une place dans le monde actif. L’emploi quoi qu’on puisse dire reste une question qui fâche au pays de l’homme lion. Aucun citoyen honnête ne pourra dire le contraire. Le rançonnement des postes, l’achat des places dans les concours d’Etat, monnayage des admissions aux recrutements, le favoritisme politique grandissant, le tribalisme déguisé en régionalisme gouvernemental, sont autant de maux qui minent ce secteur. Pourtant porteur, compte tenu des potentialités du Cameroun au plan économique, la réalité, c’est que le parfum de cette croissance n’est perçu par tous. La crise a pourri les esprits. Un emploi créé est une source d’enrichissement illicite attribué aux responsables chargé du département concerné. La misère et le désespoir ont rendu les compatriotes radins. Si bien que personne ne voudrait voir les enfants des autres réussir. Certains postes ou départements de l’État ou secteurs d’activité semblent la chasse gardée de groupuscules ethniques. Le fait semble repandu, ce qui porte un coup aux valeurs du travail ainsi qu’à la méritocratie.

 

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L’Emploi un besoin existentiel pour le Jeune ?
Le jeune veut travailler. Ils sont plus de 100 000 diplômés à sortir chaque année des établissements et écoles de formation. Pour chacun plus vite on travaille mieux c’est. Les vagues de diplômés se succèdent au fils des mois à une fréquence irréversible tant les Camerounais sont intelligents. Quoi que la compétence ne soit pas toujours au rendez-vous chez les nouveaux diplômés, la ressource est abondante pour constituer une relève prolifique. Le jeune n’est pas à l’origine de la dégradation du niveau d’enseignement actuellement constaté. Pour la plus part, ils ont trouvé les choses en l’état. La compétence du jeune camerounais ne souffre d’aucun doute. A travers le monde, la productivité de l’intelligentsia camerounaise se dispute. La question est qu’est ce qui s’est passé et ce qui est fait pour rétablir la qualité. Entre temps, le jeune se forme comme il peut sur les bancs ou dans le tas pour trouver sa place dans le monde du travail. Au gouvernement de mettre en place des mécanismes pour établir des possibilités de professionnalisation des métiers comme l’a souligné Paul BIYA.

 

Comment se déclinera l’offre d’emploi ?
Une offre publique et parapublique, proposant des concours directs et des recrutements contractuels. Avec la modernisation en cours et l’extension des services en zone rurale, l’État a besoin de plus d’employés. Les nouveaux enjeux voudraient des personnels plus compétitifs qui pourront répondre aux exigences d’une concurrence extérieure rude. C’est d’ailleurs un défi que s’est imposé l’armée camerounaise qui recrute de plus en plus des spécialistes dans ses rangs. De nouveaux services sont en passe d’être crées par l’Etat pour renforcer l’émergence. Le secteur de l’énergie, des mines et du pétrole entre autres connaitront les prochaines années de nouvelles infrastructures source d’emploi.
L’offre privée par contre se décline en trois secteurs. Les emplois rémunérés, les opportunités de partenariat et l’auto emploi. La diversification des entreprises et leur implantation sur l’ensemble du territoire à travers les antennes, succursales et agences offrent de nombreuses possibilités d’emploi direct ou indirect. Les jeunes se révèlent être les principales cibles parce que pleins d’énergie, de volonté et de créativité nécessaires pour la croissance des entreprises. L’auto-emploi est l’apanage des domaines de l’agriculture, de l’élevage et du commerce où les possibilités de démarrage sont moins contraignantes pour le jeune. Des secteurs qui regroupent la majorité de « débrouillards » au Cameroun.
A côté il y a les petits métiers qui recrutent aussi bon nombre de jeunes. L’on compte l’artisanat, la mode et notamment le transport (taxi, moto taxi, bus, camion). Les moto taxi au vu des réalités des villes camerounaises, pauvres en route et dépourvues de système de transport urbain se taillent la part belle avec plus de 1,5 millions d’acteurs enregistrés. Aussi les applications mobile live ou encore sur la radio digitale.

 

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Quel modèle d’emploi pour le Cameroun ?
L’emploi des jeunes doit être basé sur un modèle décent. Un emploi créé doit pouvoir nourrir le travailleur et sa famille. Le modèle de surexploitation colonial en vigueur doit être aboli. L’homme qui travaille s’épuise avec le temps et son rendement devrait être compensé par un revenu conséquent. Le développement des emplois productif doit être la priorité du Cameroun émergent. Au public comme au privé, l’accent doit être mis sur la multiplication d’une offre d’emploi concurrentielle afin que chacun puisse s’adonner au travail. C’est là l’une des conditions pour « déclochardiser » l’employé et sortir l’emploi camerounais de cette situation de travailleur clignotant qui réduit le rendement, affaiblissant ainsi l’économie.

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La rédaction de www.chateaunews.com

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