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Songouang Jasmin est artiste et créateur d’instrument de musique. Cet ancien de l’Ensemble nationale du Cameroun a parcouru le monde et voudrait partager son expérience – danseur chorégraphe et musicien- avec ses frères, puisque depuis quelques temps il est régulier à Dschang où il a décidé de déposer ses valises.  Le créateur du Yedem, un instrument de musique reconnu et enregistré en 2010 par l’Organisation Africaine de la propriété intellectuelle (OAPI) était Présent à l’Exposition artisanale de Dschang,  les 4 et 5 décembre 2013.  Il s’est entretenu avec notre reporter.

L’inventeur et joueur de Yedem en démonstration lors du salon de l’artisanat de Dschang. (Photo de Momokana)

M. Songouang Jasmin, vous exposez un instrument de musique  que vous qualifié de révolutionnaire et de futuriste. En quoi votre création l’est-elle?

Mon instrument, je l’ai baptisé Yedem et son joueur, mbou’ yedem (joueur de yedem, ndlr). Cet instrument  a été breveté à l’Organisation Africaine de la propriété intellectuelle sous le n° 14820. C’était en 2010. Avec cet instrument j’ai composé un ensemble de musique pour démontrer ses caractéristiques.  C’est un instrument qui est conçu pour donner plus de valeur aux musiques africaines. Il compte  quatre claviers avec lesquels le même artiste peut joueur une musique sans avoir besoin à se faire accompagner.  L’artiste peut jouer au premier clavier qui est un lamellophone  avec les lames en fer, ensuite sur un second clavier qui est un lamellophone avec les lames en bambou. Le troisième clavier est une combinaison entre le premier et le deuxième clavier et permet de faire des harmonies, c’est-à-dire la musique moderne. Le quatrième clavier qui est un cordophone permet de jouer la musique traditionnelle sahélienne. L’instrument, c’est un Cameroun culturel réuni en un seul instrument de musique. Nous avons  voulu créer  un instrument musical qui caractérise l’ensemble des aires culturelles du Cameroun.

Comment se fait-elle la promotion de votre instrument ? Est-ce que des échantillons ont déjà été mis à la disposition de quelques artistes ?

La promotion se fait à travers notre participation à des rendez-vous comme celui qui nous réunit aujourd’hui et aussi à travers des concerts que je donne ici et là. Le problème, c’est qu’il n’existe aucune structure pour aider les inventeur chez-nous au Cameroun. Chacun se débrouille comme il peut. Je me demande comment allons-nous être un pays émergent quand nous ne pouvons pas déjà valoriser les produits de la création de nos chercheurs. En ce qui me concerne, je dois saisir toutes les opportunités qui peuvent se présenter à moi pour assurer la promotion de cet instrument de musique qui crée un nouvel emploi dans la musique. Je suis obligé de le faire, même si cela n’est pas normal que le cuisinier soit en même temps le serveur et le maître d’hôtel. Pensez-vous que j’ai le langage pour présente cet instrument ? Cela devait être l’affaire de spécialistes.
Tous les artistes que je rencontre admirent le yedem, mais ils n’ont pas tout simplement le courage pour venir se former à sa pratique. Je pense que je vais faire le premier pas, c’est-à-dire que je vais lancer une session de formation dès que je serai installé ici à Dschang. Je suis entrain de demander un espace pour m’installer à Dschang. Je pense que je l’aurais. Je vais former les jeunes, les adultes et même les musiciens professionnels à la pratique de cet instrument futuriste. Futuriste en ce sens qui va créer une génération d’artistes qui maitrisent quatre instruments à la fois et sont capables seuls d’animer une soirée.

 

Que signifie Yedem ?

Je suis originaire de Fotomena, dans la Commune de Fokoué, département de la Menoua. Yedem, c’est en langue yémba et signifie tout simplement don de Dieu. Et je dois vous dire qu’avec cet instrument j’ai participé au festival Kolatier, à Yaoundé. Bien avant, j’ai parcouru le monde avec cet instrument, lorsqu’étant au Ballet national. Non seulement cela, je suis régulièrement invité à des festivals. L’année dernière (2012, ndlr) j’étais à Pointe-Noire, au Congo, pour un festival de contes. Cette année, je devais participer à un festival  de contes du côté de Yabassi, malheureusement il a été reporté.

 

Pour quoi décidez-vous de revenir vous installer à Dschang au lieu de Yaoundé où vous avez plus d’opportunités ?

Pour quoi je suis revenu à Dschang ? C’est d’ici que je suis parti en 1973, lorsque j’étais élève au Grand Collège de la Menoua. Il y avait un orchestre et c’est là que j’ai senti ma vocation d’artiste. Je suis donc parti de Dschang pour Akonolinga où j’ai poursuivi mes études jusqu’en 1982, avant d’entrée au Ballet National du Cameroun. Et depuis 1982 je suis artiste.
Au Ballet National, j’ai beaucoup travaillé et le Cameroun m’a été reconnaissant d’autant plus que je suis médaillé de travail en vermeil, en argent et en or. Mon expérience au Ballet National, c’est que je connais très bien toutes les danses camerounaises que j’aimerais d’ailleurs appendre afin transmettre le flambeau à la jeune génération. Je dois dire que j’étais chef de l’Atelier de Danse et de Musique traditionnelle. Généralement, lorsque nous donnions des spectacles tant au pays qu’à l’étranger j’intervenais pendant les intermèdes avec mon instrument pour permettre aux autres artistes soi de souffler soi de s’habiller. Avec mon collègue Chefor Denis, on avait créé un duo et notre duo a passé quatre mois en France au cours desquels nous avons parcouru le pays du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest. Nous intervenions dans un spectacle, Don Juan de Molière monté au Cameroun par Africa Cri Action.

 

Votre duo a éclaté ou comment ?

Le duo n’existe plus parce que nous sommes aujourd’hui tous à la retraite, et chacun est dans son coin.  Mon compagnon Chefor Denis vit dans le Nord-Ouest. Mais je dois dire que déjà, avant même que nous ne soyons mis à la retraite il y avait de petites incompréhensions qui fragilisaient le duo. C’était comme il y avait une querelle de leadership, et nous ne l’avions su que plus tard. Ce qui nous a non seulement amusés mais fait beaucoup regretter parce que le temps perdu avait eu raison de nos forces. On était deux et il y a eu cela. Vous comprenez qu’on était immatures. Depuis on nous demande de reconstituer le duo et l’interpellation  se fait toujours pressante. Nous voulons bien nous remettre ensemble, mais on a vieilli et chacun a de multiples occupations, et plus difficile, nous ne sommes plus au Ballet national. Nous profitions de l’encadrement du Ballet national, pour travailler même après le travail.
S’il faille reconstituer le duo, il serait nécessaire de le faire à travers un projet bien monté qui peut partir par exemple d’une résidence de création d’un spectacle. De ce point de vue, ce serait passable si j’ai déjà un espace à Dschang, parce qu’on aura besoin d’un espace de travail, d’un espace pour se loger et enfin de quoi nous alimenter.

 

De danseur chorégraphe à la musique, c’est facile ?

Ce n’est pas du tout facile. S’agissant de mon cas, je dois dire que c’est tout simplement que j’ai une prédisposition naturelle. J’apprends à chanter et en plus  j’apprends à jouer à l’instrument que j’ai inventé. Je suis danseur, j’ai appris à danser, et tout ce que je peux ajouter en guise de prévision, c’est que de son vivant mon père était un joueur d’accordéon, de guitare et du banjo. E 1972 je suis allé au village, j’avais ma guitare en bandoulière et mon grand-père après avoir contemplé mon instrument m’a dit qu’il est bien mais pas au point d’égaler le sien, c’est-à-dire son instrument de griot, puisqu’il l’était. Il m’a  en quelque sorte mis au défi, d’ailleurs au cours d’un rêve il m’a demandé pour quoi je ne pouvais pas rassembler tous ces instruments en un seul ;  et je crois que je l’ai relevé ce défi en inventant le Yedem.
Le déterminant c’est que lorsque sur scène vous devez jouer de la sanza, la cithare ; et à chaque fois sur scène, vous devez vous débarrasser d’un instrument pour prendre un autre. Cela créé un encombrement une perte de temps désagréable pour le public. L’architecture de l’instrument est nouvelle et n’existe nulle part.

Ressortons par le contenu de votre album.

Mon album a été enregistré dans un studio, Azania, à Yaoundé. Son titre est Star d’amour. Il s’agit d’une ode à l’amour universel. Vous savez, en sport comme en musique, en science le monde a des stars, mais ce que je dis, c’est que l’amour a aussi besoin d’avoir sa star. Ma composition est nouvelle et a besoin de moyen. Je suis à la recherche d’un producteur professionnel. Mais quelqu’un qui n’a jamais été producteur peut être marqué par ce produit et faire son entrée dans la production musicale par mon album.

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