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Les jeunes désintéressés de l’art en milieu scolaire

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Les élèves se sentent abusés par les responsables et encadreurs des établissements qui leur font travailler dans des conditions déplorables.

Mal est de constater que les jeunes n’adhèrent plus aux activités artistiques et péri académiques dans les établissements. La présence des responsables des activités post et péri scolaires n’a pas apporter la dynamique voulue dans le loisir au sein des établissements. La récente fête de la jeunesse tenue le 11 février 2014 vient d’en faire illustration. La musique, le théatre, la danse, etc. ne connaissent plus le même engouement d’antan lors des manifestations culturelles. « Par le passé, on se rappelle, dès la rentrée les élèves des clubs artistiques étaient bien encadrés. Et à partir du mois de janvier, les jeunes artistes étaient pris en charge pour des répétitions intensives jusqu’à la fête. Cela a produit des belles prestations assorties de bons résultats évidement. On ne sent plus cette ferveur artistique chez les cadets. Il semble qu’ils ne bénéficient pas des conditions dont nous jouissions sur le plan culturel », se souvient un artiste au Lycée classique et moderne de Ngaoundéré.
Les chefs d’établissement et les encadreurs de jeunes n’utilisent pas les fonds destinés au développement culturel à ces fins. Au lieu d’encourager les jeunes talentueux à donner le meilleur pour l’éclat des manifestations, ils se remplissent les poches. « Nous n’avons pas reçu les fonds. Le chef d’établissement nous a fait comprendre qu’il n’y avait pas assez de ressources en caisse. », nous rétorque le responsable APPS d’un lycée de la place. Conséquence, les jeunes manquent de motivation pour se donner à fond dans l’expression de leur talent. L’art camerounais de manière générale en souffre. Une situation que décrient les élèves, principales victimes de cette exploitation abusive de leurs talents. « Depuis le mois de janvier, nous répétons sans frais. Pas d’argent de taxi, ni de casse croute parce après toute une journée pleine de cours, il est bon de manger avant les répétitions. » se lamente le jeune Abdouramane qui rêve de devenir un grand comédien. De plus nos jeunes apprenants et étudiants ont droit à un traitement dérisoire pour avoir choisi pour passion l’art. « On nous fait marcher des kilomètres parfois pour une représentation au nom de l’établissement sans aucune indemnité. », témoigne Nasser élève dans un collège de Ngaoundéré. Une attitude anti culturelle qui n’épargne pas les universités. « On manque les cours et les devoirs à nos risques et périls alors que nous n’avons aucune faveur. Tout ça parce qu’on aime l’art ? » renchérit Paul M. actif dans le mouvement culturel de l’université de Ngaoundéré.
La situation est déplorable, lorsqu’on sait qu’il y a un budget pour les activités culturelles au sein des établissements. De plus un pourcentage est prélevé sur chaque élève inscrit au sein des institutions. Où va cet argent sur les milliers d’inscriptions des effectifs pléthorique que connaissent les établissements d’aujourd’hui ? A ce rythme, normale que le volume d’activités culturelles soit largement réduit. La preuve en est que depuis une décennie, on a peu de vedettes qui émergent des établissements. Si rien n’est fait, il n’y aura plus de talents qui sortiront des lycées et collèges, donc pas de spectacles alléchant à vivre lors des manifestations.

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La rédaction de www.chateaunews.com
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