Société Santé Au cœur de l’action contre la malnutrition

Au cœur de l’action contre la malnutrition

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Le Minsanté, l’Unicef et le peuple du Japon au chevet des enfants malnutris.

Dénommée la « Caravane de sensibilisation et de mobilisation des autorités administratives, des maires, chefs traditionnels et religieux contre la malnutrition et la promotion des pratiques familiales essentielles», elle est le fruit de la coopération entre l’Etat du Cameroun à travers son ministère de la santé et l’Unicef-Peuple du Japon. Prévue du 17 au 28 février 2014, elle concerne les régions de l’Est, Adamaoua, Nord, Extrême-nord. Ces régions sont les cibles principales de cette caravane car elles sont les régions quasi-endémiques de malnutrition surtout celle concernant la dénutrition des enfants de moins de cinq ans.

Pour comprendre l’importance de cette mobilisation, il faut savoir que la période de zéro à cinq ans est la période cruciale du développement d’un enfant donc toutes perturbations de la croissance à cette étape est préjudiciable pour le reste de la vie. Le nanisme, le crétinisme, les charges sociales, les dépenses de santé supplémentaires sont autant de conséquences au long cours de ce fléau. La malnutrition de l’enfant est trop souvent silencieuse et pourtant elle est la cause sous-jacente d’au moins 48% de décès dans cette tranche d’âge. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 1991, le taux de malnutrition chronique était de 24%(EDS-1991), en 2011, il est de plus de 33% (EDS-MICS-2011) ; la situation s’est détériorée d’où il devient urgent d’agir. Un enfant sur huit n’atteint pas son 5eme  anniversaire, trois enfants sur dix souffrent de malnutrition chronique, deux sur trois d’anémie, plus de un sur trois de carence en vitamine A. En termes concrets, sur les huit millions d’habitants que comptent ces quatre régions, il y a plus de 1,4 million d’enfants de six à cinq ans dont plus de 560 000 souffrent de malnutrition chronique. D’ici vingt ans, ce sera 2035 et ce sera une jeunesse sur laquelle on ne pourra pas compter sur le développer optimal du pays, alors il faut agir et prévenir cette saignée humaine maintenant!

Les autorités administratives, religieuses, traditionnelles et les maires interpellés ici sont des leaders d’opinions au sein de leurs communautés, ils sont écoutés et respectés. Ils seront donc les agents de mobilisations et de prise de conscience et de suivi auprès de leurs populations.

Le déroulement de la caravane à Ngaoundéré

Arrivée à Ngaoundéré le 19 février, la caravane contre la malnutrition a programmé une rencontre avec les journalistes et représentants des organes de presse le vendredi 21 février en présence des délégués de la communication et des représentants Unicef et Minsanté. C’est au centre de promotion de la femme et de la famille (CPFF) que le lendemain les élites et le gratin de l’Adamaoua ont été réunis pour la présentation officielle de la caravane et ses objectifs en présence de Abakar Ahamat gouverneur de la région de l’Adamaoua.
En présence des lamibés, des bélakas et autres chefs traditionnels, des préfets et sous-préfets, des maires et représentants de différentes communes, des imams, prêtres et pasteurs les activités ont continué avec trois présentations sur la malnutrition.

Communication pour une prise de conscience

Plusieurs présentations se sont succédé pour monter la situation alarmante de la malnutrition dans l’Adamaoua. La première, celle du sous-directeur de l’alimentation et de la nutrition (SDAN) au ministère de la santé publique, portait sur les chiffres de la malnutrition au Cameroun, les évolutions, les causes et les conséquences de cette dernière. L’Unicef quant à lui a présenté ses actions au Cameroun en ce qui concerne le problème de la malnutrition. Le premier axe adressé est celui de la prévention par les consultations prénatales, l’allaitement maternel exclusif jusqu’à 6 mois, une bonne diversification alimentaire, la vaccination. L’axe deux est constitué de soins curatifs une fois la malnutrition diagnostiquée, c’est-à-dire la prise en charge des cas avec les aliments thérapeutiques tels que les F-75, F-100, Plumpynut, Super cereal. Le Feicom était aussi présent pour montrer ses possibilités de financement des mairies dans le « fond de solidarité » à hauteur de 90% non remboursables des projets à caractères sociaux comme ceux de lutte contre la malnutrition.

Dans le vif du sujet dans les hôpitaux de Ngaoundéré

Une descente sur le terrain a été par la suite effectuée au sein de deux formations sanitaires effectuant la prise en charge des enfants malnutris où les participants ont pu toucher du doigt la réalité de ces enfants dénutris. La réalité du manque d’infrastructures adéquates a été mise à jour devant les autorités pour solliciter un geste de leur part. Devant cette vérité désolante, il était temps pour chacun de prendre des engagements dont les effets seront mesurés dans un avenir proche. Pour les points les plus marquants, les participants se sont engagés à : introduire la thématique de la malnutrition dans les échanges avec les populations, lors des tournées, concevoir et diffuser des programmes en langues locales dans les médias, mobiliser les forces vives de la région, promouvoir la production, la transformation et la consommation locales des aliments de base, combattre les préjugés, les clichés sociaux, encourager la fréquentation des centres de santé par les femmes, suivre les indicateurs des actions visant à réduire la malnutrition.
La malnutrition est un fléau qui nous interpelle tous et demande l’engagement de chacun car elle n’est seulement répertoriée chez les plus démunies mais chez les plus nantis aussi et pour diverses raisons, alors informez-vous, ne soyez plus ignorants.

Les faiblesses de la caravane

Le faste connu des cérémonies organisées par l’Unicef était au rendez-vous ce 22 février et l’élite des participants aussi. Mais c’était sans décrier l’absence de plusieurs chefs traditionnels et maires absents ou non représentés soit parce qu’ils n’ont pas été avertis à temps ou soit que le courrier ne leur est pas arrivé par l’autorité compétente. L’un des principaux objectifs de la caravane, outre d’attirer l’attention des leaders sur les méfaits et le poids de la malnutrition,était de réunir ensemble les acteurs qui pouvaient contribuer à l’avancement significatif de ce combat et pourtant…Les organisations non gouvernementales (ONG), la société civile, en gros le secteur privé qui est de plus en plus un partenaire incontournable de l’œuvre de santé publique n’était pas représentée. Que ce soient les ONG internationales travaillant dans l’Adamaoua ou locales responsables de la mobilisation sociale à la base, personne n’était présent. Tentative d’explication, les autorités étaient prioritaires ! Avec cela, on veut quand même atteindre les objectifs fixés de lutte contre la malnutrition.

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La rédaction de www.chateaunews.com

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