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« Les rappeurs kamer doivent s’unir pour développer la musique urbaine au lieu de sombrer dans la guerre des mots »

La solution du rap camerounais ne viendra pas d’ailleurs. Ce n’est pas encore la grande épopée statoise (USA) ou panaméenne (France), mais on vit déjà la jungle dans le milieu du RAP camerounais. Cette situation conflictuelle est accentuée par la nature profonde des Camerounais. « Ils sont gueulards, hautains, orgueilleux, avares et ne manquent jamais une bonne occasion pour salir la personne d’autrui ou rabaisser ses œuvres. », observe Roland, amateur de culture urbaine à Garoua.
Le Cameroun vulgairement appelé « kamer » par ces adeptes regorge de grands noms dans ce domaine aux plans national et international. Pas besoin d’aller loin : Pit baccardi, l’Alcko, Jango Jack, Bam’S, le Général Mac Tyler… sont quelques icônes de l’immense potentiel Kamer du Hip-Hop. Au plan local, c’est une pléthore de groupes de rap et rappeurs émérites qui confortent le prestige de cet art (Négrissime, Ak Sang Grav, Les Gémomètres, Bantu Possi; Boudor, Krotal, Big Bezy, Koppo, Valsero, Parol, etc.). Des spécimens des plus originaux qui devraient donner à la planète des raisons de croire à ce secteur. Au lieu de suivre le chemin tracé, les rappeurs aiment à se livrer des clashs. Ces jeunes sont  avides d’honneurs à outrances et accros de la première marche du podium même lorsqu’elle ne leur revient pas.
Le Camerounais aujourd’hui considéré comme un générateur d’ondes négatives a perdu les bonnes manières. C’est pourquoi son image partout est salie, le rap n’y échappe nullement, malgré son génie qui fait la différence dans le travail. Sur le plan de la créativité, le rap camerounais a généré diverses tendances captivantes (Sahel hip-hop, Rap Mboa, Puriste, Blin-bling…). Mais dans sa partie immergée, le rappeur kamer préfère la vie de charogne (adopte les attitudes de triche, copie les styles (solkers) et pratique la délinquance intellectuelle à volonté). Pas étonnant qu’au bled son estime régresse, à l’image du pays fief de la corruption, le foyer de la piraterie, des gangrènes sociales anti évolutionnistes pour l’art. Chez lui, c’est à qui mieux-mieux,  les plus rusés sont des seigneurs et les maîtres de la scène. « Où est partie l’originalité camerounaise lorsque les artistes locaux sont des copies des stars d’ailleurs ? » s’est interrogé Ebah Essongué promoteur du Woila hip-hop festival.
Comment la régression ne s’imposerait-elle pas? Au Cameroun où la tricherie est encouragée et la concurrence déloyale sévit. Est-il est possible de s’appliquer à la tâche? L’originalité ne peu que déserter les sphères de la création polluée et l’univers du rap Kamer se trouve touché. Le rouleau compresseur social  imposé par une nature pourrit complique davantage les choses. Nos rappeurs ne sont plus des élites de la dénonciation mais des apologistes de la dépravation musicale. « Ils rappent comme ils mentent ces soit disant apôtres de la rue. », dénonçait déjà un critique averti dans l’émission « Plateau-Culture » sur la Radio Sawtu Linjiila à Ngaoundéré. Vous pourrez penser à la caricature mais allez savoir ! Les rappeurs  sont peut-être pessimistes et subversifs mais la réalité ambiante les rattrape aussi. « Ce pays tuent les jeunes… », chantait le célèbre rappeur Valsero dans son premier opus à succès. Pourrait-on dire pour le paraphraser : « Ce bled tue le rap! », au vue de ce qui s’écoute.
Impossible n’est vraiment pas camerounais disait quelqu’un. On trouve tout en gros, du bon comme et du mauvais. Les meilleurs il y en a en tonnes et les cancres aussi en vrac. Le seul problème ici est le méli-mélo qui vous rendra dingue. Au bled, on est fier de s’appeler rappeur autant que faire ce peu mais chacun sait au fond son niveau (sa race). « Nick ta race ! » entend-t-on souvent dire aux usurpateurs de titre. Dans les coulisses c’est la guerre ouverte. Chaque clan a un adversaire et une cible sur laquelle tirer ses balles verbales.
Les juges et justiciers s’improvisent en sapeurs pompiers. Les lâches et les faibles jouent les virus au milieu des hostilités et changent de camps quand ça les chantent pour s’assurer une sécurité. Le plus marrant, c’est qu’au finish, les conseillers toxiques se taillent la part belle pendant que les autres s’assassinent lyriquement. La logique est simple, plus il y aura des victimes, plus les imposteurs auront une chance de se frayer une place au soleil. Très souvent, ça débute par « il a dit que », ce poursuit par «  j’emmerde X ou Y »  et ce termine par un « clash de X’ et Y’ ». C’est la partie qui amuse la galerie et rabaisse les confréries.
Ce n’est pas drôle du tout de voir une bande de gaillards se livrer à des actes de sabotage, de Kongossa, de malversation populaires et pratiquer des coups bas pour prendre le dessus sur l’autre. Pourtant, parait que  le RAP est un sport dans lequel les joueurs ont des couilles d’homme et un mental de guerrier. Plutôt aujourd’hui, on a à faire à des travestis avec des gueules de putains. Déjà que  les femmes qui s’y essayent sont des brutes bourrées d’hormones masculines. Pas de place dans ce métier pour des espèces de « Nazes » aux carrures de femmelettes et au flow de tapettes. « Tout  rappeur digne de l’être doit savoir se faire respecter au micro et non se cacher dans les jupons des meufs quoi. », s’exprime Aziz, pratiquant.
Pas étonnant de constater que de plus en plus, les jeunes pratiquent l’art de la rime pour blazer les minettes et se taper les lopettes. Ils parlent de nanas tandis qu’elles exposent leurs nichons au lieu d’intéresser les connaisseurs. Des gamins qui ne rêvent que de s’éclater, clasher, fringuer et draguer au lieu de s’inviter dans le développement de leur art. Et quand on leur fait des remarques, ils le prennent mal, affichent leur arrogance et vident leur sac d’insolence sans se soucier du reste. Comment pourront-ils atteindre les sommets quand ils refusent d’apprendre les notions de base : « travail et respect ». Sur quoi fondent-ils leurs ambitions avec cette insuffisance de repères? Entre temps ,ils ne sont pas les seuls à dégammer les jeunes ! Les pros se livrent une bataille de leadership à deux balles laissant l’honneur derrière.
Les rappeurs locaux ne savent pas s’unir pourtant ils sont en proie à la critique. Ils sont les premiers à décliner la responsabilité sur un projet, à refuser une invitation, ou à déclencher les hostilités. Après quoi ils seront encore les premiers à se plaindre d’être lésés. Ils détestent construire ensembles et préfèrent  rêver de se voir dans les rues de Panam ou des states. Tout leur problème, c’est de combattre et anéantir les projets des autres. Après quoi ils feront des beaux discours avec un accent emprunté. Au niveau de l’effort personnel, ce n’est pas toujours le comble. Ils bossent certes mais se dégonflent trop vite. Le Rap pur n’est pas une carrière mais une manière de se faire voir. En ce qui concerne les productions, quel manque de réalisme! La qualité laisse à désirer. Il est clair que la créativité, voir le sérieux n’est pas souvent au rendez-vous.  
Domaine jeune dans l’industrie musicale, la musique urbaine camerounaise ne devra son salut qu’aux seules jeunes qui la pratiquent et le consomment à fond. Qu’ils ne s’attendent pas à ce que la solution du rap vienne d’ailleurs. « Les vrais ouvriers sont ceux qui sont à l’usine », disait Mac Tyler dans l’une de ses chansons. Qu’importe le rôle que jouent les ouvriers et la tache qu’ils accomplissent, ils contribuent tous à faire tourner l’industrie. « Nos adeptes du Rap Kamer gagnerait à faire grandir la culture urbaine afin quelle s’impose par la manière professionnelle », a rappelé un musiciens émérite producteur rencontré à Maroua. Un peu de respect donc pour ceux qui se sacrifient pour leur art les gars. C’est grâce à eux que les choses avancent et le rap se développe. Très souvent ils sombrent dans les oubliettes au détriment des tapettes qui se la pètent. Faut que ça cesse !!!

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