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Le Feicom soutient les projets de deuxième génération, créateur de richesses et d’emplois

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Samuel PAYANG, Chef d’Agence FEICOM Adamaoua

A la tête de l’Agence Régionale Feicom de l’Adamaoua à Ngaoundéré depuis le 27 décembre 2013, Samuel PAYANG, né vers 1958 à Garey Kaelé, démarre son parcours au Fonds Spécial d’Equipement et d’Intervention Intercommunale (FEICOM), le 17 décembre 2002. Après avoir occupé plusieurs postes de responsabilité à  l’Extrême-Nord à MAROUA, à la Direction Générale du Feicom à Yaoundé, c’est en homme pétri d’expérience et habitué du milieu des communes qu’il lui est remis la gestion de l’institution dans la région du château d’eau. C’est ce personnage professionnellement aguerri, rigoureux dans le travail, qui partage son regard sur le développement local vu sur le prisme du Feicom.

Bonjour monsieur Samuel PAYANG, commençons par vous demander, comment agit le Feicom aux côtés des maires dans la région de l’Adamaoua ?
Je reste dans la logique de ce qu’on m’a demandé de faire. Le Feicom évolue en phase avec les conseillers municipaux. C’est la population qui choisit son projet, la commune nous saisit et nous, on finance… Les mairies qui sont aux confins du pays peuvent par exemple nous saisir pour la construction d’une auberge municipale  en vue d’assurer le séjour des visiteurs et là on intervient. Dans ce cas le projet est non seulement un facteur de développement  mais aussi une source de revenus supplémentaires… Le Feicom travaille à satisfaire les besoins primaires des populations en eau, électricité (électrification rurale), santé (case de santé, dispensaires), éducation (pose de salles de classes, équipement en tables bancs, don de matériels didactiques), ouvrage de franchissement (radiers, pont), etc. qui sont nécessaires au bien être des populations.

En quoi se déclinent les priorités du Feicom pour l’exercice 2014 ?
Le  Feicom a notamment pour missions: l’entraide entre les communes par des contributions de solidarité et des avances de trésorerie; le financement des travaux d’investissement communaux et intercommunaux. A ce titre, le budget d’investissement au profit des CTD pour l’exercice 2014 s’élève à 27,792 milliards de francs pour le financement des projets. Ce financement rentre dans le cadre du budget programme triennal 2013-2014 établi globalement pour un coût d’objectif de 87,388 milliards de francs. Sa mise en œuvre s’inscrit dans Le sous-programme « Financement des projets communaux et intercommunaux ». 

 Que dire aux maires qui sont au début de cette nouvelle mandature ?
Les maires doivent chercher de nouvelles opportunités pour sortir du joug de la dépendance. Les communes doivent apprendre à chercher.  L’Etat ne peut pas tout faire et les chantiers sont nombreux. Parce que la péréquation pour le Feicom est de rendre les communes autonomes.  Nous voulons  que les mairies de l’Adamaoua passent à un stade plus évolué de création de richesses propres. 

Les axes de la politique du Feicom pour les années à venir?
Nous avons prévu pour les années qui viennent d’accompagner des projets  générateurs de richesse et d’emplois. Il peut s’agir de projet agropastoraux ou d’idées innovantes avec de bon business plan. A ce niveau puisqu’il s’agit de développement intégré et durable, nous encourageons des synergies à travers l’intercommunalité. Les communes peuvent d’après leur centre d’intérêt se mettre ensemble pour porter un projet.  Etant donné que les zones d’agriculture ou d’élevage couvrent généralement plusieurs communes, les communes gagneraient à s’associer pour initier des vastes plantations ou des projets agroindustriels  capables de concurrencer ce qui se fait ailleurs. Cela contribuera au progrès des communes, générera de nombreux emplois dont ont besoins les populations sans oublier la disponibilité des aliments produits. Le Feicom a déjà montré la voix aux communes à travers son accompagnent des conseillers municipaux. Dans la zone du Littoral, nous avons financé des prises de participation des communes dans les exploitations de palmerais. Les communes situées dans la zone cotonnière pourraient être actionnaires à la Sodecoton. L’investissement, c’est bien lorsqu’il est rentable et profitable à tous. Nous attendons que les communes locales suivent ce pas. C’est à chacun d’y aller avec son génie et ses atouts car le Feicom ne donne pas son accord aussi facilement, priorité au pragmatisme d’abord. 

En quoi se résume la nouvelle vision du Feicom ?
D’abord encourager l’automisation des communes et cela passe des projets pertinents, porteurs de développement. La part de projets sociaux va être réduite au profit des projets intégrés et structurants pouvant contribuer à l’émergence des communes. 

Au vu des facilités accordées par le Feicom, qu’est ce qui fait problème, où se situe le blocage avec nos mairies qui demeurent dit-on très en retard ?
Nous sommes au regret de constater que les maires sont plus empêtrés dans leurs intérêts personnels, leurs problèmes politiques et ils oublient qu’ils sont à la tête d’une structure qui porte le développement local. Le Feicom s’efforce à rappeler aux maires qu’il ne faut pas qu’ils s’engluent dans les fonctions politiques alors que les populations les attendent ailleurs. Les conseillers municipaux ont tendance à oublier quel est leur véritable rôle. On voit qu’il y a une différence entre ceux qui comprennent cet état de chose et ceux qui ne s‘arriment pas encore à la donne de la décentralisation. Est-ce parce qu’ils ne voyagent pas ? Depuis trois ans, le Feicom soutient les voyages d’échange, les rencontres de partage d’expérience et les opportunités de partenariat en faveur des maires qui en font la demande. 

Le regard du responsable que vous êtes sur les insuffisances des communes de l’Adamaoua ?
Au regard des réalités et spécificités du Cameroun, il faut reconnaitre que nos communes n’ont pas les mêmes potentialités. La sécheresse menace davantage le grand nord du pays. Le reboisement dans la partie septentrionale est une priorité. Si une commune s’engage à reboiser, elle gagnera du bois mais fournira également du matériel de constructions, une source d’énergie aux populations et de la matière pour plusieurs activités. Si la commune vend du bois elle vas encaisser des recettes. Voilà comment une commune peut retourner une situation en sa faveur. Par contre, les communes de l’Adamaoua sont favorisées par dame nature sur le plan agricole et pastoral. La pluviométrie est importante, les terres cultivables disponibles. Pour tirer le plus grand profit de ses ressources, les communes doivent se mettre ensemble. L’intercommunalité vient en appui à cette logique de développement intégré, les ressources seront mutualisées dans la conduite de projet. Il suffit simplement d’actionner certains leviers qui nécessitent inéluctablement la volonté des acteurs locaux. Les mairies doivent impulser cette nouvelle dynamique de développement pour que chacun soit concerné. Le Feicom en ce qui le concerne est une structure de conseil qui accompagne les  initiatives des communes. La mondialisation actuelle et le processus de décentralisation enclenché, exige aux communes d’évoluer.  Il est question de voir dans quelle mesure les mairies peuvent mettre à profit les potentialités disponibles. Seulement cela nécessite beaucoup plus de moyens et d’efforts.

 

Le bilan que vous faites de 2013 de la participation du Feicom au développement des mairies de la région ?
Au Feicom, 2013 a été une année d’activisme pour que les maires présentent de bon bilan. Au lieu de continuer à financer de nouveaux projets, nous avons opté pour l’accompagnement et le suivi à terme des projets engagés. Cette logique d’action en année électorale a permis à plusieurs maires d’être reconduits. Mais comme la compétition est devenue très âpre, 2013 a été l’année où l’on a connu une grande vague de changement, soit près de 75% de renouvellement à la tête des mairies.  Les gens s’intéressent davantage aux questions de développement du terroir. Parce que nous réalisons, cela apporte le développement et crée des appétits. C’est pourquoi nous engageons les élus à une compétition saine pour pouvoir justifier de leur position à la tête des municipalités.

 

Etes-vous satisfait de l’action du Feicom pour l’année écoulée ?
J’aurai le triomphe modeste. C’est au maire de donner leur opinion de notre travail. Mon programme des réalisations de 2013, je l’ai poussé jusqu’à la limite de mes capacités. Pour plusieurs raisons, certaines activités engagées n’ont pas pu être achevés. Au premier chef de ces facteurs nous avons les prestataires qui sont très souvent prompt à bousculer pour des marchés sans pourtant détenir la technicité nécessaire. Ce qui fait en sorte que les délais ne soient pas respectés. Cela n’incombe aucunement au Feicom que je représente ici car depuis 2006 la maitrise d’ouvrage revient aux communes. Malheureusement les entreprises sont incapables de nous donner la satisfaction attendue. Sinon la plus grande réserve, je dirais que les objectifs qui m’étaient assignés ont été réalisés.

Peut-on avoir connaissance des défis pour 2014 ?
Le premier défi est le recouvrement des recettes. Il faut veiller à ce que le taux soit relevé. Ensuite compte tenu du drame qui avait frappé l’agence en fin d’année à savoir le braquage et l’assassinat du policier en faction devant l’agence, il m’a été demandé de ramener le climat social à un niveau de confiance absolue. Il est question de faire en sorte que le traumatisme avec lequel nous avons engagé l’année 2014 s’estompe progressivement. Toujours dans ce registre, nous avons le projet de construction du siège de l’agence, un bâtiment de deux niveaux, je dois suivre et rendre fidèlement compte de l’avancement des travaux pour que la qualité soit au rendez-vous. Enfin de représenter valablement le directeur général dans la région. Nous sommes engagés dans ces trois dimensions et l’équipe modeste de 17 personnes que nous constituons se doit de relever ces défis avec les moyens de bord. 

Y a-t-il un message à l’endroit des maires ?
Je suis en droit d’attendre des responsables des communes, la bonne répartition des recettes en partage pour que 2014 soit une meilleure année de recouvrement de recette. J’espère que nos partenaires de régie financière nous y accompagneront. Aux maires qui sont dans une nouvelle mandature 2013-2017, je les attends afin qu’on poursuive notre belle collaboration. Le Feicom leur a déjà rappelé les nouvelles orientations à travers le séminaire de Garoua auquel ont pris part les maires, receveurs municipaux et secrétaires généraux des mairies. Le Directeur général a présenté la nouvelle vision axée sur les projets générateurs de revenus, le développement de l’habitat urbain et dans un futur proche l’équipement en engin pour les travaux qui intéressent l’intercommunalité. Ce dernier axe sera un début de solution pour l’enclavement des communes et l’urbanisation. Il faut mettre l’accent sur la formation du personnel qui influe sur le rendement des communes. Même l’état civile est archaïque, raison pour laquelle le gouvernement se penche sur ce problème. Nous sommes sur la trajectoire de l’amélioration des délais à travers le paiement des factures dans un délai de 20 jours. 

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La rédaction de www.chateaunews.com
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