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Les Occidentaux et tous ceux qui disent que les Bamiléké parlent plusieurs langues se sont trompés, même certains fils Bamiléké qui disent que ces peuples parlent plusieurs langues se trompent. C’est un manque de connaissance de cette illustre langue, jadis appelée la langue des dieux, la langue sacrée, qui fait penser qu’il s’agit de plusieurs langues. Avec la maîtrise de l’une des langues, on comprend bien vite le lien entre toutes.

Lorsque l’on dit que les langues Bamiléké sont tellement différentes que souvent certains parlent sans se comprendre en fait, c’est qu’ils ne savent pas aussi bien parler cette langue qu’ils le pensent. La poignée de frères et sœurs qui ont grandi, qui ne parlent pas bien leur langue vernaculaire et dont les parents n’ont pas habitué à parler la langue à la maison, sont ceux qui font ces fausses assertions. Il faut souligner que nos parents qui sont dans nos villages eux du Haut Nkam, de la Mifi, du Nde, et Menoua qui ne parlent pas français se communiquent entre eux sans difficultés. Chacun parlant sa langue et pas la langue de l’autre et ils se comprennent.

Notons que concernant les sources crédibles d’information, il ne faut pas minimiser les témoignages venant des sources orales qui se trouvent au village. Les Hommes du village, pouvant être qualifiés de gardiens de la tradition, sont des véritables ressources dans la maitrise des langues. En matière de langue, la qualité, la fluidité du parler emportent sur le nombre. Si vous avez à faire à des personnes qui s’expriment mieux en langue en face de ceux qui ne le savent pas qui croyez vous que l’on comprendra dans la communauté? Ceci signifie que la différence perçue de l’extérieure vient de la non maitrise des contours de la langue Bamiléké quelle qu’est soit.

Les études vastes et extensives de notre langue par nous menées révèlent que les Bamiléké parlent une et une seule langue avec des “synonymes”. Nous avons récapitulé un très grand nombre de mots qui sont des homonymes dans différentes langues. Ces homonymes sont majoritaires et prouvent que nous parlons une seule langue. Voici une illustration simple: dans le haut nkam pour appeler la “route” on dit “Meiji”, dans le Ndé on dit “Manzeh”, dans la Mifi on dit ” Mèdjeh”, dans la Menoua et les Bamboutos on dit ” Mensè”, ainsi de suite.

Pour celui qui ne connait pas, il pensera que c’est plusieurs langues, NON, c’est le même mot que chacun prononce à sa façon, avec son accent et sa tonalité à soit. C’est comme en Anglais, les Britanniques pour appeler l’eau disent “Water”, mais les Américains parlant la même langue prononcent “Wader”, et les Noirs Américain avec leur propre accent articulent “Woter”. C’est le même mot, la même langue, mais des prononciations différentes. Ce principe, s’applique dans la langue Bamileke, ou la majorité des mots de la langue est comme ce mot Anglais “Water”, chaque famille et groupe Bamiléké le prononcent à sa façon.

Mais il y a aussi des synonymes dans cette seule et unique langue Bamiléké, comme en français, en anglais, dont la présence ne fait pas que l’on soit entrain de parler plusieurs langues. Tenez en langue de Molière pour le mot voiture on peut utiliser au moins 4 synonymes: voiture, car, véhicule, taxi, bus. Un enfant qui apprend à parler le français, doit apprendre le mot voiture et  tous les synonymes, et souvent on a même trente ans, et on ne connaît pas tous les synonymes d’un mot. Souvent on te parle un mot en Français et tu dis Hein! Car tu ne connais pas le mot ; même chose pour toutes les langues, la notre également.

Si nous revenons sur l’homonyme mot “route” à savoir “Meiji” en notre belle langue Bamiléké, alors les parents se parlent dans leurs accents et se comprennent. Il faut savoir que les parents au village ne parlent pas le français, et qu’avant l’arrivée des Blancs, tous selon l’histoire vivaient ensemble comme maintenant, et communiquaient en leurs langues chacun comprenant ce que l’un et l’autre dit. La raison est simple, “les mots pour la majorité se ressemblent”.  Sinon, “comment est-ce que nos parents qui ne parlent que les dialectes faisaient pour se communiquer dans le temps, et maintenant, comment font-ils?”

Quand aux autres membres des communautés du Ndé, du Haut Nkam, de la Mifi, de la Menoua, des Bamboutos, lorsqu’ils se rencontrent aux villages comment font-ils pour échanger et se comprendre. Chacun à sa façon communique et tous se comprennent. Parlant des synonymes, le mot “champs” dans le Haut Nkam, c’est “Ko”, dans le Ndé, Menoua, Bamboutos, c’est “Tchuet”, d’autres disent “Goueh”…donc en correspondant en utilisant un mot qui est différent tout en disant la même chose on utilise un synonyme. Il appartient à nous fils Bamiléké d’apprendre les synonymes de notre langue unique, exactement comme nous apprivoisons les synonymes des mots en Français, Anglais, etc…

La preuve que ces mots différents sont des semblables et non des antonymes, c’est le fait qu’à côté, il y a des milliers et milliers des mots qui se ressemblent tels Meiji, Manze, Mensè et autres… La langue Bamiléké pour ceux qui la connaissent est truffée de mots similaires. Voila la preuve que les mots différents sont des synonymes, et que nous parlons une seule langue. D’où l’unicité de la langue Bamiléké contrairement à ce que plusieurs pensent.

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