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GESSE ROY : Esprit REBEL est un album de légende

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L’ingénieur du reggae camerounais, poète et auteur compositeur est un passionné de l’Afro-Reggae qui préserve son attachement naturel pour la musique engagée malgré les aléas.

Bonjour Gesse, à quoi renvoie votre nom « GESSE ROY » ?
Je m’appelle Gnowa Simon et mes initiales sont de ce fait GS. C’est par celles-ci que je me faisais appeler depuis l’école primaire. Mais ceux qui ne le savaient pas disaient tout le temps Gesse. Voilà qu’il se trouve que je suis aussi prince de mon village et potentiel héritier du trône. D’où le Roy en lieu et place de Roi. Voilà !

Ton parcours relève de l’audace qui vous a révélé au monde de la musique, est-ce un héritage ou une inspiration ?
Parcours audacieux, oui. Héritage, oui, par mon père qui aimait déjà les instruments de musique et la musique elle-même. Maintenant, l’inspiration est venue après que j’aie fait la connaissance de Bob Marley. La disparition de cette légende m’a si éprouvé que je demandais à Dieu de nous le ramener parmi nous. Amoureux de lecture et d’écriture, quoique faisant une série scientifique (C), j’écrivais des poèmes engagés et par la suite je les ai transformés en chansons. J’ai aussi intégré le groupe de musique scolaire avec lequel j’ai pu tester sans le vouloir mes qualités d’artiste.

Comment démarre l’aventure musicale de Gesse ?
Quand je me retrouve en Allemagne pour mes études d’ingénieur, le stress est si grand qu’il me contraint pratiquement, pour me divertir, à acheter des instruments de musique : piano, guitares basse, sèche et électrique. Je crée un groupe que je baptise « The Vibrations » et qui va m’accompagner pendant quatre bonnes années. Je fais la connaissance de Lucky Dube au festival africain de Würzburg. La motivation est à son top. A la fin de mes études, je décide de réaliser un album avec lequel je suis fier de rentrer au pays. C’était alors « Legalize The Justice ». Voilà comment je me retrouve parmi les artistes du pays, certes pas en tant que professionnel mais comme passionné de musique.

 

On voit bien que malgré votre statut de responsable dans une entreprise parapublique t’es resté artiste actif, pourquoi cet attachement à l’art ?
Fonctionnaire ! Pas vraiment car je n’ai pas de matricule à la fonction publique. Mais c’est tout comme. Je le dis toujours, la musique est pour moi une passion. Je n’en ai pas fait mon gagne pain. Donc je ne stresse pas quand je ne peux pas publier mes œuvres. Je compose à tout moment. Quand j’ai du temps, je réalise mes maquettes. Par la suite je confie mes idées aux techniciens de studios qui respectent ma ligne. Et quand je suis satisfait, je publie mes œuvres. Mon attachement à l’art est pour ainsi dire naturel. J’y consacre juste mon temps de loisirs.

 

Parlant du style, dans quel registre s’inscrit ton Reggae ?
Le Reggae que je fais c’est de l’Afro-Reggae, c’est-à-dire du Reggae influencé par les sonorités locales. Chez nous il y a le Dilna, le Lélé, le D’aa. J’y fais des recherches afin de les jouer à ma façon. Par contre, ce qui ne change pas, c’est le message. Je garde ma ligne quant à mon engagement à faire évoluer les choses.

 

Comment décris-tu le bon Reggaeman?
Pour moi, un bon Reggaeman se doit d’apporter quelque chose à son entourage en termes de bien être. Il doit peindre la société, faire en sorte que celle-ci se mire à travers ses messages.

 

Tu es parmi les premiers ambassadeurs du reggae dans le septentrion, on se souvient de tes œuvres faisant fureur, sur quoi repose ce succès Gesse Roy?
Si succès il y a, et bien il faut le voir du côté de la passion pour ce que je fais. J’aime la musique. J’aime écrire des chansons. Je reste dans un corridor mi-moderne mi-traditionnel. Je chante les réalités du quotidien des miens. Ce n’est pas un secret finalement.

 

Quel regard jettes-tu sur la jeunesse africaine et camerounaise ?
Déjà, je compatis à leurs différents sorts sur le continent. Nous autres sommes issus d’une génération qui était engagée pour la libération de l’Afrique. La jeunesse actuelle subit de plein fouet les frasques des dirigeants qui ont pris la relève. Ils n’ont plus de repères, ils naviguent à vue. Mais tout compte fait et comme le dit si bien Alfred de Vigny : « Gémir, pleurer, prier est également lâche. Fais énergiquement ta longue et lourde tâche Dans la voie où le Sort a voulu t’appeler ». Les jeunes doivent prendre leur destin en main, hurler avec les loups, se libérer des chaînes à eux mis par ces piètres dirigeants. La musique au Cameroun en particulier ne nourrit pas son homme. Il serait plus malin d’avoir un métier parallèle en plus.

 

Les projets en cours ou à venir, pour la partie septentrionale.
J’ai hérité de la direction du FESTIMUSA. Nous avons essayé en 2013 d’organiser un festival à Maroua, mais faute de soutien, même au niveau du MINAC, nous n’avons pas pu. Nous remettons cela à l’année prochaine 2014.
Personnellement, je vais me prêter à une tournée dans le Septentrion et au Tchad. Je suis aussi en train de réaliser quelques vidéogrammes pour accompagner mon dernier album sorti il y a quelques jours et qui s’intitule « Esprit REBEL Spirit ».

 

Quel appréciation fais-tu de l’initiative de ce journal dédié à la promotion des talents camerounais et d’ailleurs en tant qu’aîné ?
Toute initiative de ce genre est à louer. Vous le savez bien, je suis également un promoteur culturel à travers des sites Web. Donc je ne trouve aucun inconvénient à vous assister.

Ta note de sortie Gesse Roy ?
Peace and Love à tous mes fans et à tous vos lecteurs!

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La rédaction de www.chateaunews.com
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