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Tony Mefe est Directeur de l’association Scène d’Ebène, auteur de trois Guides d’initiation au métier de l’art et actif depuis plus de dix ans dans le domaine des arts de la scène. Il a participé à l’organisation de plusieurs manifestions internationales et de forums de réflexion sur l’amélioration des conditions de travail des artistes d’Afrique. L’expert anime dans plusieurs pays africains des stages et atelier de formation sur le développement de carrière artistique, la gestion et l’administration de structure culturelle. Formateur au cours du training en entreprenariat culturel Afrique centrale du 22 septembre au 2 octobre à Doual’art, Tony se penche avec nous sur les enjeux du développement culturel.    

Tony Mefe, quelle place occupe le management culturel dans l’industrie créative de la ?
Ce sont les acteurs culturels qui créent toutes les conditions pour permettre aux artistes de se mouvoir. Dans notre contexte, les gouvernants ne maitrisent pas assez les contours de la culture. C’est aux acteurs sociaux de s’impliquer dans cette action et le minimum c’est de savoir de quoi on parle et ce qu’on fait. Cet aspect de la chose me semble essentiel.

La culture a-t-elle évolué en Afrique centrale ?  
Ça se voit que les conditions ont beaucoup évolué.  Les gouvernements par divers mécanismes s’impliquent dans le développement culturel. Rien à voir  avec les conditions d’il y a 15 ans. Notamment au Cameroun, des facilités institutionnelles existent pour les artistes. Un compte d’affection spécial existe. Le texte sur l’organisation et le mécénat  va stimuler la contribution des entreprises. En Centrafrique des efforts sont faits sur la mobilité des artistes et l’accompagnement en local. Au Gabon, on vient de conventionner un certain nombre d’événements. En République Démocratique du Congo, le ministère appui énormément l’organisation de certains festivals culturels. Globalement, il y a des avancées qui attestent que le travail effectué par les grands frères commence à porter des fruits mais c’est un combat permanent.

Tony, les acteurs ont t’il un plus grand rôle à jouer dans cette mouvance ?
Les acteurs culturels doivent comprendre que c’est à eux de développer leur secteur. Très souvent, ils arrivent là par passion mais après il faut bien susciter une vocation et cela passe par la formation. Il y a un certain nombre de mécanismes à intégrer dans son fonctionnement pour davantage poser des actes constructifs.  Simplement que les gens comprennent mieux leur rôle. Il faudrait pour eux bien comprendre les problématiques culturelles locales et savoir les solutions qui correspondent à leurs publics. Ce n’est qu’ainsi que les grands leaders se démarqueront par leur positionnement, leur discours et à force d’œuvrer dans le développement de l’art. On est un vrai leader parce qu’on connait le problème et qu’on peut apporter des solutions adaptée aux réalités du contexte.

Parlant de contexte, est-ce que les choses évoluent normalement ?
Bon c’est trop long. Tout va à un rythme lent quoi. Ça fait 15 ans que nous participons à des colloques, symposium et autres séminaires sur les enjeux culturels mais les choses tardent à changer. Maintenant il faut que les jeunes leaders culturels cernent les véritables problématiques et proposent  des solutions innovantes. Aujourd’hui que les choses ont évoluées vis-à-vis des gouvernants, il faut faire des bonnes propositions pouvant intégrer les appuis locaux. Nous sortons d’une génération qui a passé le temps à être appuyée par les fonds extérieurs, avec l’opportunité des financements locaux, cela signifie une nouvelle approche pour convaincre nos décideurs.

Que doit comprendre le jeune acteur culturel ?
Il faut s’informer et renforcer ses capacités au maximum. Celui qui veut évoluer doit se donner les moyens. On a simplement le sentiment que certains ne savent pas ce qu’ils veulent véritablement. Ce qui est intéressant dans la recherche, c’est que l’on découvre le travail profond et les propositions faites par les autres. Du coup, on peut les exploiter et les adapter avec les arguments du moment. Dans l’ensemble, la jeune génération s’attèle à faire des propositions intéressantes ; il reste seulement à l’encadrer.

Tu es auteur de trois ouvrages sur les métiers de l’entreprenariat culturel d’où vient ta motivation ?
Je me suis simplement appuyé sur le constat selon lequel il n’y avait pas d’ouvrages qui traitait des métiers de l’entreprenariat culturel et répondant au contexte africain. Je n’ai  fait que adapter les expériences d’ailleurs à nos réalités dans ces bouquins pratiques. C’est ma manière de partager ces connaissances avec les jeunes comme lors des formations et rencontres culturelles. Comme les formations dans les métiers de l’art ne sont courantes et parfois coûtent chères, alors on peut s’inspirer de ces ouvrage pour tirer partie du savoir-faire des autres.    

Honnêtement quel est ton secret ?
Bah ! Je ne suis pas spécial. Moi j’ai eu une bonne formation à la base avec des personnes expérimentées. Je suis passé par la bonne école avec des personnes callées dans le domaine. Très vite je suis entré en contact avec les institutions ; ce qui m’a permis de comprendre leurs préoccupations.  A partir de là, tu adaptes mieux ton discours aux exigences. Quand tu marches avec les décideurs, tu apprends aussi plus vite où se trouve les vrais problèmes et de là faire des propositions pertinentes. Donc j’ai simplement exploité mes acquis pour développer mes compétences culturelles au point de devenir cet expert considéré et sollicité.

Les mairies ont-elles un rôle à jouer ?
Pour que les mairies puissent intervenir, il faut que la décentralisation soit effective. Lorsque le processus de décentralisation sera achevé, les maires pourront facilement intervenir dans le secteur culturel. Souhaitons seulement que les choses aillent un peu plus vite et on verra ce que ça donne.

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