Culture Cinéma Le Fifmi se forge une âme cinématographique

Le Fifmi se forge une âme cinématographique

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Le Festival international du film mixte de Ngaoundéré vient de boucler sa 4ème édition. Une plate-forme qui a engendré la semaine du film tchado-camerounais.

 

Tenue du 15 au 19 octobre derniers, le Festival international du film mixte (Fifmi) a célébré, comme depuis quatre ans déjà,le 7ème art dans le chef-lieu de la région de l’Adamaoua. La fermeture des salles de projection de cette ville, comme dans tout le reste du pays, n’a pas démotivé la promotrice qui veut faire de ce rendez-vous un moment de cinéma foisonnant pour les jeunes de la localité. «Notre souci c’est vraiment d’offrir un espace aux jeunes qui veulent faire du cinéma. Leur faire comprendre que tout n’est pas perdu même si le soutien des autorités ne suit pas. C’est pour cette raison qu’au lieu de primer les films, nous distinguons plutôt les participants aux différents ateliers», explique la déléguée générale du festival, Arice Siapi. Entre projections en plein air et débats sur les questions cinématographiques, le public a eu de la matière. Peut-être moins fréquentée que les précédentes, la 4ème édition du Fifmi a pourtant décroché un beau projet. La délégation de cinéastes tchadiens présente au festival a décidé d’organiser, en avril 2015, une semaine de diffusion des films tchadiens et camerounais. Pour Ismael Ben Chérif, réalisateur et producteur tchadien, «on a besoin du Cameroun pour faire éclore notre cinéma. Rien ne se fera sans cette alliance, sans cette mise en place de quelque chose que tout le monde doit respecter».

Stratégies sous-régionales

 

Cette initiative motivante pour les cinéastes des deux pays, prend corps pendant les échanges autour de la thématique du colloque «Cinéma et collaboration sous régionale : cas Tchad-Cameroun». Moment d’expression très attendu, le colloque a mobilisé un public enthousiaste composé d’anciens, de ceux qui roulent déjà leur bosse dans le métier, mais également de ceux qui y font leurs premiers pas. Modéré par Rémi Atangana, le panel a réuni Ismael Ben Chérif, réalisateur et producteur tchadien et Isidore Modjo, producteur camerounais. Si l’histoire du cinéma des deux pays a été comptée, les participants se sont surtout voulus stratégiques. Comment faire pour influencer les pouvoirs publics des deux pays d’agir sur le cinéma ? Comment s’organiser dans la sous-région et constituer un lobbying capable d’obtenir de la Cemac, un fond de soutien à la production cinématographique ? Les professionnels s’accordent autant sur l’incontournable alliance sous-régionale que sur la formation et le sérieux sur le travail. «Il faut une écriture cinématographique chaque fois qu’on envisage une œuvre», prescrit Ben Chérif. «L’une des faiblesses de notre production c’est le manque de sérieux. Ça ne dépend pas des gros budgets. On peut faire de petites choses, mais bien», regrette Isidore Modjo. Mais si l’on travaille pour une véritable industrie cinématographique, la formation de tous les maillons de la chaîne est indispensable. Former de vrais ingénieurs du son par exemple. Le plus important, souligne le critique Jean-Marie Mollo Olinga, c’est que le cinéma soit un instrument qui nous permette de nous approprier notre culture et notre économie. Le cinéma africain devrait donc prendre la voie de la modernisation qui ne soit pas une occidentalisation. 

 

Hormis l’opportunité de puiser dans la riche expérience des cinéastes, comédiens et professionnels établis, les festivaliers se sont également initiés à certains métiers du cinéma. Il faut noter que le Fifmi met un point d’honneur à former les jeunes. Un atelier pratique sur le jeu d’acteur a été activement animé par Gérard Essomba. L’atelier en audiovisuel quant à lui a permis aux jeunes apprenants de produire au bout un film de 3 minutes sur la filouterie. Le rôle de la critique cinématographique, lui, a été abordé de long en large, par Cinepress (l’Association camerounaise des journalistes et critiques de cinéma). Les réalisateurs et autres jeunes intéressés par cette discipline, avaient le loisir de mieux s’édifier sur la lecture d’un film et le b-a ba de la critique. Un engouement certain a été manifesté par de jeunes et étudiants de l’université de Ngaoundéré. Ce qui a laissé germer l’idée d’un futur atelier sur la critique cinématographique à l’endroit des aspirants de la région de l’Adamaoua.

 

Pélagie Ng’onana, envoyée spéciale à Ngaoundéré

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La rédaction de www.chateaunews.com

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