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« Pas de paix sans sécurité, pas de développement sans paix », ainsi s’est exprimé le chef de l’Etat camerounais dans son traditionnel message du 31 décembre à la nation.

 

 

Décryptage 

 

 

Comme il est de coutume, le Président de la République du Cameroun, Son Excellence Paul Biya, s’est adressé à ses concitoyens. Dans une expression dure, il s’est attaqué en de mots ferme à la menace islamiste que représente Boko Haram. Selon ses termes, l’année 2014 sans aucune échéance électorale aurait pu être de tout repos mais cela n’aura été possible avec l’intensification des attaques criminelles des bandes armées à la frontière dans l’Extrême-nord du pays. Rappelant les attaques de Waza et Kolofata qui ont véritablement impacté, le chef de l’Etat s’est satisfait de la riposte conséquente des forces de défense qui infligent de lourdes pertes à chaque incursion de Boko Haram.

 

Occasion pour Paul Biya de revenir sur la nécessité pour les compatriotes de se mobiliser derrière leur armée dans ce combat déterminant. Au passage, le Président s’est réjoui de l’adhésion des population et l’attitude de la communauté musulmane qui démontre selon ses termes qu’elle a compris qu’il s’agit bien d’une attaque externe de personnes qui ne partagent pas l’idéologie de cette religion ; une manière d’inviter à ne pas tomber dans le piège de la division sociale.

 

Face à cette menace terroriste, des mesures ont été prises sur le plan législatif. Le Président a ainsi fait référence au vote par l’assemblée nationale de la loi sur le terrorisme qui fait couler beaucoup d’encre et de salive dans l’opinion publique. En personne informée, il a tenu à rappeler qu’il est simplement question de garantir la sécurité des populations contre d’éventuelles assauts des terroristes et non d’en restreindre les libertés comme le prétendent certaines « mauvaises langues ». Au passage, le Président a rappelé que certains Etats voisins et les partenaires contribuent à la préservation de la paix. Il a cité les Etats unis, la France, l’Allemagne, la Russie, la chine qui renforcent le dispositif sécuritaire du Cameroun par leurs contributions.

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La situation de la Rca est une fois de plus revenue dans les propos du chef des armées qui a parlé de l’obligation d’avoir un regard sur la sécurité des frontières. Une année grave et douloureuse qui a vu la montée de l’extrémisme ayant inscrit le pays dans une situation de guerre ouverte jamais vécue depuis les indépendances.

« Pas de paix sans sécurité, pas de développement sans paix » a ainsi servi de transition au Président pour évoquer la situation économique du Cameroun qualifiée par lui de satisfaisante. Il est à remarquer toutefois que le commerce stagne aux frontières du fait de leur fermeture, rendant ainsi la vie plus chère ? Pourtant les défis sécuritaires obligent à plus d’efforts de paix. La guerre a un prix financier et humain que le Cameroun se trouve contraint de payer. Malgré tous ces sacrifices imposés, le Cameroun n’a pas dérogé durant l’année qui s’achève à la volonté de faire reculer la pauvreté ; évocation faite de projets initiés et des investissements réalisés.

 

Nonobstant les insuffisances dans le niveau d’exécution des marchés et programmes de développement, le citoyen a néanmoins connu une amélioration des conditions de vie avec les retombées de tous ces chantiers économiques. Pas moins de 284 443 emplois ont été créés durant l’année écoulée au-delà des expectations.

 

L’heure est à l’accélération de l’action peut-on le soustraire des mots du Président. Paul Biya dit, face à la situation, avoir instruit un plan d’urgence nationale qui se doit d’apporter des réponses non seulement concrètes mais palpables aux préoccupations de ses concitoyens. Plus haut dans ses propos sont ressorties les avancées dans le domaine de la santé qui a été l’un des chevaux de batail du gouvernement. Cela s’est traduit par l’entrée dans la carte de sanitaire de trois nouveaux centres de références à Yaoundé, Douala et Sangmélima. Egalement citées, les célébrations du cinquantenaire de la réunification qui d’après lui auront transformé le paysage de Buéa et ses environs par les infrastructures construites à cette occasion.

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Parlant des enjeux économiques la mention; « faire encore mieux « a sanctionné les propos du chef de l’Etat qui expose la possibilité d’actionner d’autres leviers pouvant stimuler davantage la croissance. Pour lui ; le Cameroun ne devrait plus s’appuyer uniquement sur les projets structurants et les seuls investissements de l’Etat. Environs 1000 milliard de nos francs ont été consacrés, l’investissement dans l’enveloppe budgétaire pour la seule année 2014. Des chiffres qui démontrent que le Cameroun est résolument tourné vers le progrès. Le quel est ralenti dans sa mise en œuvre par de blocages qui ralentissent l’élution tant souhaité.

 

Pour parvenir au décollage de la croissance pour consolider e désir d’émergence du premier camerounais, le secteur privé a été invité à véritablement jouer son rôle. Il n’y pas de grand pays sans grande industries a-t-il dit en référence à la mécanisation des secteurs. C’est un secret de polichinelle que de parler du scandale agricole et minier qu’est l’Afrique en miniature. Ainsi peut s’expliquer le mécontentement exprimé face à la faible exploitation des ressources ; marque d’une balance déficitaire malheureusement observée.

 

Le Cameroun par la voix de son président s’opéré des reformes révolutionnaires. Quelques pistes ont pour cela été évoquées par lui : le passage au système libéral, l’allègement des procédures, la réduction de train de vie du gouvernement et la diminution autant que passible de subvention. Des pistes préconisées qui ne sauraient noyer les 1000 milliards de fonds débloqués pour le plan d’urgence étalé sur trois ans. De quoi faire dire à Paul Biya qui nuance au passage sur son caractère distinct de la stratégie pour la croissance et l’emploi ( DSCE) déjà enclenchée pour lequel il est temps de passer à la vitesse supérieure.

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Le défi pour le patron de la nation est de se prouver soit même qu’on est capable de respecter les enjeux et délais par nous fixés. De là, il a eu une pensée pour ses populations qui n’attendent que de voir leur quotidien s’améliorer. Comment parler de vœux sans rendre hommage aux hommes tombés pour défendre l’intégrité du territoire et avoir une pensée pour les soldats déployés sur le front.

 

 

Nuages gris dans le ciel ensoleillé

 

 

Une fois encore, on retombe dans la routine. On connait la lenteur dans laquelle est passé maitre le Cameroun. Les habitudes ont la peau dure, comme la misère corrompt les consciences. Le Cameroun demeure en déca des prévisions de croissance. L’évolution actuelle des choses bute de manière répétitive sur la fameuse question de la sous consommation des budgets. Il est nécessaire pour lever ces clivages, d’opérer une véritable révolution dans les comportements pour que chacun joue efficacement son rôle. L’économie camerounaise actuelle au regard des experts a tant besoin d’un souffle nouveau, empreint d’audace que de ressources pouvant faire l’objet de mal gouvernance.

 

Au niveau social, certes des efforts sont faits, mais il est à revoir l’équité dans la répartition des richesses. La situation sécuritaire instable de la partie septentrionale du Cameroun nous renseigne sur la nécessité de partager la richesse du pays. Il a été décrié l’enrôlement des jeunes dans les rangs de boko haram. Cette situation aura été facilitée par la précarité des populations de cette partie du pays dont plusieurs jeunes ne pouvaient refuser la manne proposée par les islamistes et qui par ailleurs auraient tenté certains parents qui ont vendu leurs enfants.

 

 

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