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Cameroun: Mgr Joseph Djida, un choix de foi, une croix pour la vie

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Evêque de Ngaoundéré depuis 2000, Mgr Joseph Djida est décédé mardi 06 Janvier 2015 à l’âge de 70 ans de suite d’un malaise et son inhumation est survenue le 21 janvier dernier en la Cathédrale notre Dame des Apôtres de Ngaoundéré où il restera désormais proche des fidèles.

Le très respecté et autant controversé Mgr Joseph Djida n’est plus. Le guide de l’Eglise catholique à Ngaoundéré s’est éteint subitement alors que personne ne s’y attendait. «C’est une triste et surprenante réalité avec laquelle nous devons dorénavant vivre. Mgr Djida nous a quittés sans prévenir. Nous comptons lui rendre un hommage à la dimension de son œuvre dans notre Eglise. », a affirmé Symphorien K. Momendeng, un fidèle. Lui qui avait coutume de dire « …Dieu a toujours le dernier mot », n’a pu dire mot devant l’appel du Seigneur. Les milliers de chrétiens et croyants portent douleureusement le deuil. L’homme d’Eglise a enseigné et promu la fraternité évangélique tout au long de son ministère. L’annonce de son décès faite par Monseigneur Samuel Kleda, Archevêque de Douala et Président en exercice de la Conférence Episcopale Nationale du Cameroun (CENC) a eu l’écho d’un coup de massue sur la tête des proches. « J’ai appris la nouvelle par le coup de fil d’un frère en Christ et je n’en revenai pas. Nous avion une séance de travail le soir même de son décès reportée à jamais. Il avait beaucoup de chantiers pour l’Eglise cette année qui ne connaîtront plus sa marque si particulière. » confie abattu, un serviteur et collaborateur de l’Evêque. Pour la famille, c’est une perte immense, un vide difficile à combler. «C’était un grand-frère, un père, un visionnaire de tout ce que nous étions en train de faire et un rassembleur. C’était un frère que nous avons remis à Dieu et au diocèse. Nous attendons maintenant le programme de ses obsèques», a déclaré son petit-frère sur les ondes du Poste national.

Cérémonie d’inhumation le 21 janvier 2015 

L’Eglise du Cameroun vient donc encore d’être durement éprouvée par le départ pour l’au-delà de L’Evêque de Ngaoundéré. Des informations draftée, Mgr Joseph Djida serait décédé bien avant son arrivé à l’hôpital. Les sources médicales indiscrètes parlent d’un arrêt cardiaque. Selon un de ses collaborateurs, l’Evêque a fait une attaque cardiaque au moment où il s’apprêtait à prendre connaissance du contenu d’un document. La crise serait survenue brusquement au point de ne pas permettre aux secours de réagir. A peine commencé, le malaise a rapidement viré au drame. Membre influent du clergé camerounais, Mgr Joseph Djida s’apprêtait à se rendre à Yaoundé pour prendre part à la prochaine assemblée des Evêques qui aura lieu dans le diocèse de Nkongsamba. Pour Mgr Samuel Kléda, il était un frère jumeau mais aussi un ainé d’après ses propres termes. «Nous avons été nommés évêques le même jour. Il était déjà ordonné prêtre lorsque j’étais élève au collège dans les années1970 à Ngaoundéré. Il était un grand frère et un modèle pour nous autres.», a déclaré le prélat et grand ami de l’Evêque dans un entretien sur la Crtv. Né le 8 avril 1945, l’archevêque de Ngaoundéré, Mgr Joseph Djida est décédé dans un hôpital de Ngaoundéré à l’âge de 70 ans. Il faut dire que ces derniers temps, l’Eglise Catholique du Cameroun a vu plusieurs de ses dirigeants partir de manière tragique et successive à travers les diocèses. Le 04 juin 2014, Mgr Befe Ateba, Evêque de Kribi disparaissait et après lui plusieurs prêtres au cours des mois suivants.

 

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mgr joseph djida

Mgr Joseph Djida (1945-2015)

Fils musulman au service de l’Eglise
Issu d’une famille entièrement musulmane, Mgr Joseph Djida est le fils de Yerima Babakar et Adjidja, à Mayo Darlé, dans le Mayo Banyo. Il était l’ainé de la famille, le premier des garçons. Il restera jusqu’à sa disparition le seul enfant d’obédience chrétienne de la famille. Un choix qu’il aura assumé en donnant sa vie au service de l’Eglise, disent ses proches de lui. Ses études théologiques l’ont conduit tour à tour au Burkina Faso, au Canada et à Rome, sanctionnées par un Doctorat en « Théologie morale ». Il fit ses premiers vœux le 21 juillet 1973 à Garoua dans la congrégation des Oblats de Marie Immaculée (OMI). Troisième prêtre originaire du Grand Nord après les pères Mfouakouet Victor et Claude Marie Dawai, Mgr Joseph Djida est ordonné prêtre le 5 décembre 1976 par Mgr Yves Plumey, son « père spirituel ». Le 08 décembre 2000, le Pape Jean Paul II en son temps nomme le Père Joseph Djida, Evêque de Ngaoundéré. Sa sainteté faisait de lui le deuxième évêque de Ngaoundéré après Mgr Jean Pasquier, atteint par la limite d’âge pastorale. Le dimanche 25 février 2001, son ordination épiscopale survenait par le Nonce apostolique de l’époque, Mgr Eugeniusz Juretzko. Son séjour à la tête du diocèse de Ngaoundéré lui a permis d’insuffler un nouveau souffle, prônant le rassemblement, la gestion efficiente et l’amour du prochain. Au sein de l’Eglise, il a servi comme Vicaire à la Paroisse Saint Pierre de Garoua, Vicaire à la Cathédrale Sainte Thérèse de Garoua, Recteur du Grand séminaire Saint Augustin de Maroua, Superviseur de la Province Oblate du Cameroun, enseignant de théologie morale à l’UCAC entre autres.

 

Evêque des jeunes et de la bonne gouvernance
L’Evêque de Ngaoundéré a inspiré bien des générations dans le ministère chrétien. « On voulait devenir prêtre comme lui. C’était le Pasteur, le frère qui mettait la joie au sein de la Conférence épiscopale. Et tout de suite le climat changeait. Il savait écouter et blaguer… » déclare Mgr Samuel Kléda à son sujet. Des qualités particulières qui ont rapproché de lui les jeunes. Mgr Joseph Djida souhaitait d’eux « qu’ils ne se découragent pas, soient conscients de la réalité, et essayent d’être plus humains, plus persévérants (…) ». Selon le prélat, les aînés et les parents devraient aider les jeunes en canalisant leurs énergies pour le bien de la société et de l’Eglise. Selon les dire des uns, la plus haute autorité du diocèse aura contribué à l’ordination de nombreux jeunes prêtres de la région. Au cours de son ministère, l’Evêque de Ngaoundéré a prêché la performance et la bonne gouvernance afin que le changement s’opère. Lui qui aimait à dire «nous avons des comptes à rendre à l’Eglise… », a œuvré pour que cette dernière change de cap. Dans l’une de ses interventions, il s’insurgeait contre les attitudes qui ternissent l’image de l’Eglise. Ses prises de position et sa fermeté ne lui ont pas fait que des amis. Il avait également des détracteurs au sein de la communauté. « Nous parlons de transparence, de bonne gestion, de bonne gouvernance, mais il faut d’abord que nous les vivions au sein de notre Eglise, sinon on nous dira d’enlever d’abord la poutre que nous avons dans notre œil» s’était-il exprimé lors d’une de ses interventions aux serviteurs de Dieu.

 

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obseques mgr djida

Messe de requiem le 20 janvier 2015

 

L’ouverture et le partage dans la foi
Pour Joseph Djida, le contact humain était une seconde nature. L’Evêque disait de la visite pastorale que c’est «un temps fort de communion et de communication entre les prêtres et les fidèles.». L’Évêque aimait à partager la foi avec le peuple pour que celui-ci puisse mieux s’exprimer. Mgr Joseph Djida savait mobiliser aussi bien la communauté musulmane que chrétienne de part sa notoriété et sa respectabilité. Egal à lui-même, il participait chaque année aux prières marquant la célébration du Ramandan et de la Tabaski à Ngaoundéré. Son œuvre est loin d’être parfaite car il reste beaucoup à faire pour consolider le ministère. «Une communauté bien unie est toujours à parfaire, car si la grâce de Dieu permet la construction du Corps du Christ, il ne faut pas non plus oublier que les forces de dissolution sont aussi à l’action… » Ainsi parlait Mgr Joseph Djida.

 

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Rassembleur jusque dans la mort
La marée humaine qui est venue rendre un dernier hommage à Mgr Joseph Djida témoigne de la place qu’il occupait dans le cœur des fidèles. Sa renommé et sa popularité l’auront suivi jusque dans la tombe. Ses obsèques, émouvantes, ont drainé du beau monde dans la ville de Ngaoundéré les 20 et 21 janvier dernier. Chapeauté par Abakar Ahmat, gouverneur de la région de l’Adamaoua, l’événement a connu la participation d’illustres hôtes dont le nonce apostolique, et le représentant du chef de l’Etat, des ministres, les hautes autorités et illustres personnalités vénues des quatre coins du pays et de la diaspora. De la levée de corps à l’hôpital régional de Ngaoundéré à l’esplanade puis à l’intérieur de la Cathédrale Notre Dame des Apôtres, la mobilisation a été impressionnante. L’organisation y était aussi pour donner une marque singulière à ce dernier acte de l’Evêque. Des prières, chants et louanges ont été élevés au ciel pour le repos de l’âme de Mgr Joseph Djida. Les fidèles sont venus de partout pour s’incliner devant lui une dernière fois comme de son vivant. Particulier à l’image de sa vie, l’Evêque a été inhumé le mercredi 21 janvier dans sa tombe construite dans la cathédrale notre Dame des Apôtres de Ngaoundéré dans la communion musulmane et chrétienne. Ce fut la dernière page du livre de la vie pieuse et pleine d’admiration du prélat des OMI parmi les plus respecté du Cameroun. Les fidèles gardent de lui le souvenir d’un «grand pasteur».

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La rédaction de www.chateaunews.com

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