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La 10è édition du festival Scènes d’ébène a bien eu lieu au Cameroun à travers plusieurs villes (Douala, Yaoundé). Du 26 juillet au 02 août 2014, plusieurs compagnies ont rivalisé d’adresse sur les planches, offrant des spectacles et des rencontres malgré une organisation pénible. Le festival offre toujours une palette de spectacles d’artistes confirmés pouvant être diffusés à grande échelle tandis que la jeune crue se fait la main dans la section Off. Avec l’entrée en jeu de la filière Arts du spectacle de l’université de Yaoundé I, la nouvelle direction du festival conduite par Nathalie Njoya a sans doute élargi sa palette d’offres. Cette 10è édition aura été l’occasion pour les opérateurs culturels du réseau Maboké, qui réunit les festivals de théâtre de quatre pays d’Afrique centrale (Gabon, Tchad, RCA et Cameroun) de proposer des spectacles locaux compétitifs dans cette sous-région où les festivals de théâtre ferment progressivement leurs portes, à l’instar des Rencontres théâtrales internationales du Cameroun (Retic) du doyen Ambroise Mbia.

Depuis le mois de mai dernier, on pouvait lire sur le site de l’Organisation internationale de la francophonie (Oif) «le contrat de confiance» renouvelé à huit entreprises culturelles de six pays en Afrique francophone dont Scènes d’ébène. Sans plus. Le choix ayant été motivé par la structuration du projet de réseau Maboké. L’insuffisance de la communication a cependant dérouté le public de plusieurs soirées alors même que les spectacles étaient particulièrement enlevés. C’était le cas par exemple de La guerre des fantômes de Samuel Martin Eno Belinga mis en scène par le Camerounais Olivier Ngoundé, qui expose la confrontation entre rites d’initiation et monde contemporain. Le Congolais Abdon Fortuné Koumbha repart sur la piste de l’apartheid avec l’adaptation du roman du Sud-Africain J.M. Coetzee Au cœur de ce pays d’après une réécriture de Kouam Tawa. Brillant monologue, la pièce fait parler l’hystérie d’amour d’une jeune Blanche dont le premier amour a été un Noir ; le tout magistralement interprété par Norma Ichia. Avec Ici, on sniffe la mort mise en scène par le Centrafricain Modeste Gobi, Attachez vos cadavres signé Massan à Biroko ou encore Le cadavre dans l’œild’Hakim Bah mis en scène par Didier Nassegandé, l’actualité est revisitée. Des spectacles d’une liberté esthétique appréciable et qui ont frappé à la porte de nos consciences, avec l’invitation à prêter nos cœurs et nos regards sur notre prochain.

 

DEBAT

En marge des spectacles, les rencontres professionnelles devraient porter sur la structuration effective de Maboké. Avec comme point saillant la gestion des 20.000 euros (environ 13 millions de FCFA) de subvention alloués par la Francophonie en vue de la structuration de ce réseau. Ce qui n’a pas manqué de faire jaser. Son coordonnateur Tony Mefe avoue que depuis sa mise en place, «l’idée a fait son chemin, torpillée par ceux qui ne croient plus au Réseau et soutenu par ceux qui y trouvaient un certain intérêt». La subvention devait régler «Le transport international des artistes et professionnels des pays du Sud, leur hébergement, l’achat de matériel (10 à 15%) et les étapes suivantes de création ou diffusion des spectacles», poursuit-il. Abdon Fortuné Koumbha, directeur des Rencontres itinérantes des arts de la parole et du langage (Riapl) du Congo pense que les objectifs semblent peu atteints. «Le festival ne communique pas assez», lâche-t-il. En même temps, les dysfonctionnements de cette édition expliqueraient le caractère peu sérieux de ce projet. On compte également le non payement des perdiems aux participants de la rencontre et le remboursement les frais de visa de certains membres.

La mise en place du réseau avec des actions perceptibles comme le festival sème justement du flou dans le processus de gestion du festival et la part mise pour la structuration du réseau. Ce que Tony Mefe élague justement en tant que directeur de l’association Scène d’Ebène, promotrice du festival éponyme. Pour lui, «La convention qui nous a été envoyée est passée entre Scène d’ébène et l’Oif et porte sur la mise à disposition des troupes aux festivals qui ont harmonisé les dates à travers la prise en charge des transports internationaux (liste des troupes à l’appui), l’organisation de la deuxième rencontre Maboké et l’acquisition de deux cameras». Ce que Modeste Gobi de la Centrafrique explique comme un processus impliquant tout le monde. La réalité étant que «chaque festival garde son autonomie de gestion et d’organisation». Guillaume Ekoumè est plus pédagogique : «Il s’agit d’un projet qui fait ses premiers pas. Il serait prématuré de commencer son évaluation stricte. La réalité de ce réseau, c’est de mutualiser les efforts communs en terme de logistiques et d’expériences pour mettre en marche les troupes et les festivals de qualité». Ce pacte culturel des opérateurs d’Afrique centrale connaît aussi le soutien du Marché des arts et spectacles africains (MASA) représenté à cette 10è édition par Zié Coulibaly.

Il reste que d’une édition à l’autre, les dysfonctionnements s’épaississent. L’édition 2014 symbolique pour son 10è anniversaire n’a pas tenu toutes ses promesses. En plus, elle a brillé par les cris en sourdine de la rencontre du réseau Maboké en gestation depuis trois ans. L’essai d’une harmonisation des spectacles itinérants dans plusieurs villes camerounaises n’a pas connu l’adhésion du public. 2014 aura été au finish une édition-test dont on aimerait voir la confirmation en 2015. On croise les doigts ?

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