manga andre
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Le 24 janvier 2014, le virtuose de la basse a démontré au cours d’une soirée qu’il ne fallait point désespérer de nos jeunes musiciens. Récit tout en transe.

 

Il est des soirs où l’on souhaite voir le temps suspendre son envol ; où l’on souhaite prolonger indéfiniment un plaisir qui vous étreint et vous en fait un esclave heureux. Des soirs comme ceux-là, il n’y en a évidemment pas cent dans une vie terrestre. Quand il se présente, l’on a alors, une fois consciente de cette présence, le devoir de trouver le moyen de garder le maximum dans le cerveau qui devient subitement trop étroit. Samedi 24 janvier 2015, et alors que les Lions indomptables du football passaient une de ces soirées qu’on n’aime pas à leur prédire, une poignée de mélomanes yaoundéens avait tenu à honorer le 2è rendez-vous de rang du compositeur et bassiste André Manga. Qui pour l’occasion donnait à voir une autre facette de son visage artistique. Lui qui depuis très exactement 30 ans ne vit que de musique. Et comme tout grand seigneur, il a voulu partager avec le public le fruit de ses dernières expériences artistiques avec des jeunes du cru dont les possibilités artistiques commencent à s’étendre et à tenter d’agresser l’international qui, on doit à la vérité de le dire, épouse bien de talents camerounais dans le secteur de la musique, et pas seulement.

C’est ainsi qu’a échu à Léonie Langa de donner le coup d’envoi de cette soirée de partage. La jeune chanteuse dont les gammes avaient propulsé au firmament de l’un des rares concours télévisés de la chanson en 2008 est alors entrée en scène. Avec dans son carquois artistique une orientation musicale qui n’est pas courant chez la jeune génération, exceptée peut-être sa compère Danielle Eog. Précédée d’une modeste réputation via un single au demeurant à la distribution quasi confidentielle, elle a alors étalé un registre de chant inhabituel et bien assuré. Concentrée comme un élève devant sa feuille d’examen, elle a distillé par une tessiture respectable un plaisir certain. Une première chanson maîtrisée mais qui manquait un peu de cette fougue qu’allait exhiber les trois prochaines. Nul doute que le trac avait tenu à être de la partie tant la suite fût plus relâchée et plus entraînante. Du fait du chant on l’a dit, mais également d’un orchestre comme on en voit qu’à de grandes occasions et qui pouvait inhiber toute envie d’improviser. De ses compositions ainsi présentées, sourdait comme une quête d’identité tant elle laissait entrevoir chez la chanteuse la recherche d’un équilibre entre soi et le monde. Avec sa performance, Léonie Langa a pris date et pas seulement avec les tourneurs éventuels, mais également avec des mélomanes à qui elle semblait dire : «voyez bien que la jeunesse n’est pas que bonne aux choses éphémères. Quand vient l’heure de cravacher et de lorgner vers les hauteurs, elle sait s’y mettre et se sacrifier ».

Lire plus : http://mosaiquesafrica.com/index.php?option=com_content&view=article&id=266%3A2015-02-23-18-58-03&catid=71%3Amusiques–concert&lang=en

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