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Quatre ans ! Comme le temps va vite. Depuis décembre 2010 et le premier numéro en kiosque en effet, nous avons répondu présents très exactement 54 fois. Compte non tenu des éditions spéciales gratuites consacrées aux festivals Ecrans noirs (03), Mis me Binga (01), RETIC (01) et les BARCAMP (03). Quatre ans de vie pleine donc, mais avec beaucoup d’embûches et de montagnes à gravir.

Dès la naissance déjà, nous prîmes conscience que l’aventure serait périlleuse. Le lancement fût en effet retardé par le refus des services de la préfecture du Mfoundi de nous fournir un récépissé de dépôt contrairement aux prescriptions de la loi en la matière. Le lecteur n’aura pas manqué de constater que ce retard ne nous empêcha point d’ouvrir avec Mongo Beti, signe que le premier numéro aurait dû paraître en octobre, date anniversaire de la mort du célèbre pamphlétaire. Depuis lors, les difficultés ne nous ont pas quitté ; sans toutefois doucher notre détermination à faire vivre ce qui finalement n’est qu’une passion de journalistes, chercheurs et artistes d’ici et d’ailleurs. Au fil du voyage, nous avons ainsi dû puiser dans nos réserves d’abnégation, de passion et de détermination pour servir à chaque fois un numéro qui à la parution accroissait notre désir et notre volonté d’aller plus loin encore. Si le temps n’est pas encore venu de faire un bilan de cette initiative, il convient de dire qu’elle nous aura positivement surpris, nous du petit comité de mise sur pied, et conforté dans l’idée que non seulement les arts et la culture étaient une variable à prendre au sérieux sous nos latitudes, mais aussi, et peut-être surtout, qu’un autre type de journalisme était possible sous nos cieux.

Journalisme ? Oui. Dans la mesure où les contributions diverses n’empêchent point le travail de vérification et de bonne tenue. Un autre journalisme parce que cette initiative dès le départ voulait se démarquer des autres par la qualité et l’origine des contenus, mais aussi par un éclectisme qui ne nous aura pas valu que des encouragements. Si l’attention est aujourd’hui portée sur nous du fait de notre particularité, qu’il s’agisse de la nature même du journal centrée autour d’une thématique « qui ne fait pas vendre » ou de la variété des rédacteurs. C’est ainsi que depuis le début, nous avons sollicité en vain le soutien du ministère en charge de la Culture, qui jusqu’ici n’a point daigné répondre à nos multiples courriers pour les seules raisons que les responsables de ce département ministériel sont les seuls à savoir. Ce qui n’est pas singulier vu que des opérateurs de poids de la culture de chez nous continuent de nous snober. En guise de réponse, nous avons mis un soin à être le plus professionnel et le plus régulier possible. Evidemment, nous avons souvent pêché du fait de la jeunesse du titre et de certains de ses collaborateurs. Bien sûr que nous sommes passés à côté de certains sujets d’importance. Bien sûr que nous aurions pu faire mieux ! C’est oublier que depuis quatre ans, le travail qui aboutit à chaque numéro est bénévole de part sen parts. Le seul point de dépense financier à ce jour étant l’imprimerie, qui n’est pas une mince affaire non plus. Cela explique, sans doute en partie, nos manquements que seules les commandes des articles ne pouvaient point combler. Que l’on imagine un journal où il n’y a guère de salarié, point de frais de reportage, point de frais d’administration (téléphone, internet, impression des pages pour d’ultimes corrections, relecture, recherche iconographique, etc.). Que l’on songe que le titre à ce jour n’a jamais pu réaliser la conférence de lancement que nous avions pourtant prévu.

C’est pour faire honorablement face à cette situation que nous appelons aux personnes de bonne volonté, à tous les « cultureux » de nous aider à poursuivre cette aventure plus qu’exaltante qui aura commandé aux différents protagonistes dans son odyssée à rogner sur leur activité première pour la faire vivre. Surtout que dans l’espace, nous avons rejoint la toile (http://www.mosaiquesafrica.com) où nous avons beaucoup de peine à être à jour comme l’exigent les codes de côté-là. A chacun de choisir le moyen qui lui conviendra. Ce que nous pouvons simplement dire est qu’il y a désormais urgence, tant notre trésorerie ne nous permet pas d’envisager avec certitude des parutions au-delà de juin prochain. Nous en profitons pour faire savoir que notre offre d’abonnement est toujours d’actualité. En décidant de nous accompagner, vous aiderez à ce qu’ensemble nous puissions faire rayonner les arts et les pratiques culturelles en cours sur le continent. Par ces temps de crise des médias au plan mondial, nous empruntons par cet appel un sentier que des plus grandes et prestigieuses publications ont emprunté avant nous. Nous sommes conscients de l’effort que nous sollicitons mais nous pensons qu’en quatre ans sans congé, nous avons montré de quoi nous étions capables ; nous avons montré que le bénévolat était possible dans la presse. Nous avons également la faiblesse de croire que les soutiens et mécènes existent chez nous et peuvent apporter leurs voix au chapitre de cette expérience unique à l’heure actuelle au Cameroun.

Avant de mettre un point final, permettez-moi de signifier que si dès le début nous nous positionnions comme la tribune des arts et de la culture en cours au Cameroun, nous avons migré depuis près d’un an vers un rivage autre mais proche. Mosaïques se veut désormais la tribune d’analyse des arts et des pratiques culturelles en Afrique. Vaste programme diriez-vous mais nous pensons qu’il est des défis qu’il importe de se donner car la rédemption du continent mère de l’humanité mérite des sacrifices et les contributions de chacun des enfants. En la matière, la nôtre se veut un discours d’Africains sur les arts faits par les leurs ou faits en Afrique. Pas pour récuser d’autres discours mais pour les compléter. Je tiens également à remercier, au nom de toute l’équipe, tous ceux qui auront aidé à rendre cette initiative possible. Merci donc à nos contributeurs (du Cameroun et d’Afrique sans oublier la diaspora) dont les écrits écument ces pages depuis le début ; merci aux institutions comme le Goethe Institut Kamerun et la Prince Claus Fund qui nous ont fait confiance. Merci à nos abonnés et à tous ceux qui nous lisent et nous encouragent chaque jour. Merci également à tous nos détracteurs qui nous cassent souvent du sucre sur le dos et dont la haine, le mot n’est pas fort, nous poussent à poursuivre.

Mosaiquesafrica.com

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