À la Une Actualités Cameroun : 11 pistes pour solutionner l’épineux problème de...

Cameroun : 11 pistes pour solutionner l’épineux problème de l’emploi des jeunes

-

- Advertisment -

Belinga Bernard Jean Joël est le secrétaire générale du Réseau des Organisations de Jeunesse pour l’Action Citoyenne (ROJAC)  qui met en oeuvre un plaidoyer pour l’efficacité de politique d’emploi des jeunes au Cameroun. Nous avons rencontré ce consultant en maitre d’œuvre sociale pour un échange sur les questions d’emploi jeunes que notre rédaction vous propose de lire.

 

Monsieur Belinga Bernard Jean Joël, vous pilotez en ce moment un projet au profit de l’emploi des jeunes sur l’ensemble du Cameroun, donnez les véritables motivations de ce projet ?
Notre rencontre à Ngaoundéré rentre dans le cadre de la deuxième phase du plaidoyer que le Réseau des Organisations de Jeunesse pour l’Action Citoyenne (ROJAC) mène pour l’efficacité de politique d’emploi jeune au Cameroun. Le souhait, est d’aboutir à une proposition nationale de politique sur l’emploi des jeunes au gouvernement. En effet, nous nous sommes rendu compte que c’est encore un secteur vide ou l’Etat s’y ait très peu penché. Au préalable, des études dans les dix (10) régions pour un diagnostic de la situation sur le terrain. Cela consistait à savoir, qu’est-ce qui ce fait ? Quels sont les différents programme entreprit par l’Etat ? Quels sont les actions que l’Etat mène sur le terrain ? Evaluer ces actions, déterminer les forces et faiblesses à la sortie de cette étude, nous avons élaboré 11 pistes à la base de l’élaboration de la proposition de la politique nationale d’emploi jeune. La mission actuelle consiste à faire le tour des dix régions pour la restitution et la validation des résultats. Après quoi, un atelier national suivra. En gros c’est un dispositif que nous avons voulu participatif. Raison de notre sollicitation des jeunes à travers le pays.

 

Lorsqu’on prend connaissance du document de synthèse et d’après votre exposé, on est amené à s’interroger sur l’avenir des jeunes. Faut-il s’alarmer sur la situation des jeunes au Cameroun ?
Surtout pas, on dit que le désespoir n’est pas jeune et je suis parmi ceux qui militent pour cela. Sinon le feu Abega Mbida Théophile connu sous le nom de Docta, l’ancien footballeur international de regretter mémoire et Maire de la commune d’arrondissement de Yaoundé IV, n’aurait pas appuyé la mise sur pied de ce réseaux. Il voyait en cette plateforme un moyen de réunir les forces jeunes autour d’une même problématique celle de voir notre pays prendre de l’élan et susciter de l’espoir pour l’avenir des jeunes. Alors le pessimisme n’est pas jeune. Le jeune doit rester confiant. Certes nous avons un manque de modèle autour de nous mais les jeunes peuvent entre eux susciter des modèles. Dans ce sens nous pensons que l’avenir devant nous, le Cameroun nous appartient, nous somme le fer de lance de la nation. Connaissant que le fer ne peut prendre que la forme voulut par le forgerons, il nous revient de combler les insuffisances en étant à la fois le fer de lance et le forgerons.

 

Pour vous, quelles sont les forces et les faiblesses de la jeunesse camerounaise ?
A l’heure actuelle la plus grande force du Cameroun, c’est qu’il est un pays nouveau ou tout est reste ouvert. Que ce soit le secteur des nouvelles technologies, l’entreprenariat, la création d’entreprise… Nous somme un pays assez riche au-delà de ça, nous avons une jeunesse dynamique. L’existence de toutes ces richesses pourront profiter aux jeunes. Néanmoins, il est à déplorer que les jeunes ont démissionné sur tous les plans. C’est pourquoi les aînés s’occupent de tout. Je pense du moment où l’éveil citoyen lance un cri d’alarme aux jeunes pour dire que ce pays est à nous, c’est d’abord notre pays et que chacun à son temps, chaque jeune doit contribuer au développement de ce pays et rassurer que même après son départ on va continuer à parler de lui. Et on ne parle de toi que si tu as posé des actes positifs qui marquent des générations.

La contribution du projet à la politique d’emploi jeune au Cameroun se situe concrètement à quel niveau ?
Le premier bénéfice du projet, c’est cette rencontre des leaders jeunes, cette communion et mise en commun de leurs propositions. C’est déjà un acquis, une réussite. Le deuxième bénéfice est l’existence de la plateforme de dialogue entre les jeunes et le pouvoir parce qu’il faut le dire, le gouvernement a financé le projet à travers le PASC. L’autre apport est le fait des jeunes de décider pour la première fois que non vous n’allez pas penser à notre place, nous même on va le faire. Les jeunes en fonction des spécificités liées à leurs régions ont contribué à l’élaboration d’une proposition de politique d’emploi jeune, cela en relation avec leurs aspirations et réalités locales de chacun. En plus, les décideurs sont à l’écoute, la preuve est marquée par la présence des représentants des structures de l’Etat qui sont le MINJEC et le MINEFOP aux rencontres. Ils sont là pour accompagner cette démarche d’évolution vers une politique d’emploi jeune efficace. Ainsi, la jeunesse sort gagnante mais la plus grande victoire c’est quand l’une des résolutions ou une partie du document sera mis en application. Le souhait exprimé des jeunes est de disposer d’une structure décentralisée qui va s’occuper de toutes les actions entreprises par l’Etat en faveur des jeunes et loger au premier ministère et que dans la cellule, le volet technique et suivi soient confiés à la jeunesse.

 

Rendu à ce stade, quel résultat peut-on tirer en faveur des jeunes ?
Satisfaction à mis parcours. Vous savez quand on mène une activité avec des ressources financière limités et qu’on voit les jeunes consacrer leurs temps gratuitement, on ne peut que se réjouir de voir la chose prendre corps. Satisfaction aussi parce que le calendrier est respecté, nous avons l’appui des autorités, des encadreurs et nos aînés de la société civile. Satisfaction parce que pour une fois les jeunes se regardent en face à travers le diagnostic effectué où ils reconnaissent qu’ils étaient les principales causes de leur propre perte. Il faille que les jeunes soient conscient et prennent leurs responsabilités en main.

 

A propos des 11 pistes qui soutiennent votre proposition d’amélioration des politiques d’emploi jeunes au Cameroun, pouvons nous en avoir ici la substance et l’exploitation qui en sera faite ?
Relever le défi de l’emploi des jeunes est une condition préalable à l’élimination de la pauvreté, au développement durable et à la paix, si l’on veut paraphrasé les termes du Pr Joseph Stiglietz, Ancien Prix Nobel d’économie, Ancien économiste en chef de la Banque mondiale. Le Rojac avec la contribution des leaders jeunes et acteurs actifs du domaine à formuler 11 pistes de travail pour une Proposition de Politique nationale d’emploi jeunes forte.
Ce sont notamment : Faiblesses du système scolaire et des performances professionnelles des sortants du système éducatif Camerounais; Absence de culture d’entreprise chez les jeunes (chercheurs d’emploi et actifs) au Cameroun; Inadéquation formation emploi; Les taux de chômage et de sous-emploi les plus élevés concernent l’accès au premier emploi; Les jeunes y compris les ingénieurs se destinent peu à la création des entreprises; Les entreprises nouvelles des jeunes ont une faible durée de survie; Les interventions publiques ne contiennent pas un volet jeune et un dispositif d’évaluation; Faiblesse du système et du dispositif statistiques en faveur de l’emploi jeune; Insuffisance des financements en faveur de l’emploi jeunes et nécessaire développement des financements innovants; Les jeunes femmes, les personnes vivant avec un handicap sont les plus touchées par le chômage et le sous-emploi; Manque de coordination des interventions publiques de promotion de l’emploi jeunes au Cameroun.
Il s’a pour nous de nous appuyer sur ces axes de travail pour formuler une Proposition de Politique nationale d’emploi jeunes qui puisse être acceptable par tous et recevable par les services de l’Etat compétents.

 

En tant que membre de la société civile Camerounaise, pouvez-vous proposer des pistes de solution propre à ce secteur et en faveur de cette franche de la société ?
La première proposition que je ferais est que, dans chaque région à travers un point focal, les organisations et les personnes ressources constituent les comités de suivis de ces aspirations des jeunes. L’action ne se résume pas seulement à l’élaboration du document et à sa transmission au gouvernement mais il faudrait bien un suivi par rapport à la réalité locale de chaque localité pour que la politique nationale emploi jeune puisse influencer leur quotidien. Je conseillerai également aux leaders de jeunesse de s’ériger en modèle pour leurs jeunes frères. L’une des démarche serait de multiplier les ateliers de rencontre avec les personnes qui ont réussit pour partager leurs expérience. Pour qu’un jeune comprenne facilement quelque chose, il faut qu’un autre jeune vienne le lui expliquer, lui montrer le chemin au lieu de dire que j’ai travaillé, j’ai réussi, c’est très facile… Il faudrait un contact permanent avec le gouvernement et les jeunes. Ainsi, lorsqu’ils proposeront des projets crédibles, ils vont écouter. Il faut que la société civile au Cameroun se regroupe autour des thématiques de l’emploi jeune.

Propos recueillis par OUMAROU HAMADJANGUI

blank
chateaunews.comhttps://chateaunews.com
La rédaction de www.chateaunews.com

LES PLUS LUS

C'EST TOUT FRAIS

- Advertisement -

ArticlesRELATED
Recommended to you

×