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Cameroun – 8 Mars : Une 30ème édition de la maturité

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30 ans ! 30 ans que dure l’aventure des femmes sur le chemin de la prise en main, de l’émancipation et de la résolution de leurs problèmes.

30 ans, c’est l’âge de la maturité et de la raison, tant le nombre de cadres de haut niveau dont le pays dispose, dans tous ses segments, sont nombreux ; tant le nombre de décideurs à des postes ministériels donne le vertige. Et c’est donc 30 années de fêtes bien arrosées, avec tout ce que cela charrie comme déviances et décadence, que le Cameroun célèbre (depuis 1986) en se mettant au rythme du monde, en vibrant au diapason du concert des nations pour célébrer la Journée internationale de la femme (Jif), dimanche prochain. Au boulevard du 20 Mai donc, elles seront 30.000, voire plus selon le pointage du ministère de la Promotion de la femme et de la famille, à sacrifier au rituel du défilé, de la beuverie, du séjour dans les caniveaux, bref, aux obscénités dont elles ont seules le mérite et l’intelligence de la création et de l’exposition. Une parade qui, cette année, va se dérouler en l’absence du regard complice de l’épouse du chef de l’Etat, Chantal Biya, dont la présence apporte toujours une touche particulière à ce moment.

Au-delà de cette propension équivoque aux actes sulfureux et écarts de conduite, la célébration a fini par se confondre à une orgie grandeur nature, où s’invite la plèbe et les indigents de tous horizons, convives du bouquet final d’une fête qui a perdu ses repères. Mais un thème tout de même, cette année, celui retenu par les Nations Unies : «Autonomisation des femmes-autonomisation de l’humanité». La version tropicalisée de ce sujet de réflexion a conduit Yaoundé à faire un rétropédalage de 20 ans, pour convoquer la «mise en œuvre de la plateforme de Beijing au Cameroun : bilan et perspectives». 20 ans après Beijing, place au bilan de cette conférence : droits de la femme, mortalité maternelle et infantile, accès des femmes à la terre, appropriation des Tic, éducation de la jeune fille, etc. Mais combien de fois les femmes ont-elles pris le temps de débattre de leur participation à la vie politique un 8 mars, de l’aspect genre, du Code de la famille et autres ? Si tant est qu’elles aient abordé ces thèmes,
quel en est le résultat, 30 ans plus tard et 20 ans après Beijing ? Même si tout n’est pas aussi rose qu’on le souhaiterait, il est à noter que les lignes ont bougé et continueront de bouger.

Parmi les points positifs, l’on peut citer : l’adoption et la ratification de plusieurs instruments internationaux qui militent en faveur de l’émancipation de la femme, l’éducation des filles, l’élaboration de la politique du genre, la participation des femmes à la politique, l’introduction du genre dans le Code électoral avec, comme conséquences positives, 20 femmes sur 100 sièges au Sénat et 56 députés sur 180, soit un ratio de 31,1% contre 12% pendant la législature 2007-2012. Et, cerise sur le gâteau, les femmes ont acquis détermination et confiance en elles. Le versant abrupt de ce parcours permet de s’apercevoir que les progrès attendus restent considérables, pour ce qui est la promotion de l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, la réduction de la mortalité infantile et l’amélioration de la santé maternelle. Ces trois points font partie des Objectifs du millénaire pour le développement que le Cameroun n’a pas encore atteint, tandis que Code de la famille n’est pas à l’ordre du jour. Si on a changé la dénomination du département ministériel dédié à la femme, des avancées restent attendues.

Ce 8 mars 2015 se déroule également dans un contexte particulier : la guerre contre Boko Haram dans l’Extrême-Nord et les incursions des bandes armées centrafricaines dans la région de l’Est. La secte Boko Haram et ses ravages prive les femmes des terres à cultiver, d’abris et de maisons pour se loger, de pères pour leurs enfants, sans oublier celles qui perdent la vie en essayant de sauver leur famille. Car qui dit guerre dit également dégâts collatéraux, notamment les violences dont sont victimes les femmes en temps de guerre. Certaines sont prises comme boucliers humains, d’autres ploient sous la menace des bourreaux, souffrent de viols. Au-delà du pagne, des marches sportives et autres tables rondes, il est temps de marquer d’une pierre blanche cette célébration en associant plus étroitement les femmes à la marche de Cité.
Les autorités publiques pourraient, par exemple, décider de mettre en place des projets concrets en leur faveur, réalisables tous les deux ou trois ans. On doit d’ailleurs saluer l’initiative de Delphine Nana Mekountè, la directrice du Centre féminin pour la promotion du développement (Cefeprod), qui a pris sur elle de lancer une télévision, Gender News Tv, une chaîne dédiée aux femmes et aux jeunes. Ne disposant pas assez de temps de parole dans les divers médias, la gent féminine a donc désormais sa plateforme. Nous allons toutefois faire nôtre la pensée de Yaou Aissatou, à l’époque ministre de la Condition féminine, le 7 septembre 1995 à Beijing : «Nous sommes là pour faire avancer cette juste cause qui consiste à édifier non pas une société qui serait composée uniquement des femmes ou une société où les femmes domineraient les hommes, mais une société d’hommes et des femmes, en tant que partenaires égaux en droits en devoirs.» Bonne fête à toutes !

Source : 237online.com

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