bernard njonga
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Au lendemain du lancement du CRAC à Doukoula et Touloum, les responsables dudit Mouvement politique sont allés à la rencontre des déplacés des localités attaquées par Boko Haram, et les déplacés des inondations de 2012.

 

Les déplacés de Boko Haram: deux poids, deux mesures

Suite à l’insécurité et à la guerre contre Boko Haram, l’Extrême-Nord Cameroun draine deux catégories de déplacés : les déplacés nigérians considérés comme refugiés et logés dans le camp de Minawao, et les déplacés camerounais ayant quitté les villages fortement touchées par cette guerre qui malheureusement ne sont recasé nulle part. Certains ayant repliés chez les membres de la famille dans le zones sécurisées, d’autres étant en errance pour ainsi dire.

Les camps qui abritent 27000 nigérians bénéficient de tous les égards: école, santé alimentation, eau…en respect aux règles internationales en la matière. Il n’est donc pas surprenant et à certains égard scandaleux que des déplacés camerounais se déclarent être nigérians pour être acceptés dans les camps des refugiés et bénéficier eux aussi des égards. Cette situation n’interpelle-t-elle pas méditation ? Que sont devenus le près de 80000 habitants de Kolofata, cette ville devenue populaire suite aux exactions de Boko Haram ? Est-on en droit de se demander.

De manière indiscutable, le tribut à payer est à la fois socio économique et touche presque tous les Camerounais. En dehors de la famine qui s’annonce dans cette région où les populations sont déstabilisés par rapport à leurs activités quotidiennes de survie, les autres régions qui ne recevront plus leurs produits en abondance n’en seront qu’affectés. Les prix des produits tels que les oignons, les mangues, les arachides, le haricot dolique (Niébé) en prendront un coup.

 

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© journalducameroun.com; Bernard Njonga

Les déplacés du Logone abandonnés à leur sort

Souvenez-vous, nous étions en 2012 lorsque la digue sur le Logone lâche et inonde des villages entiers. Des populations sont déplacées et recasées dans des camps où elles vivent sous les tentes, en bénéficiant de diverses aides matérielles. Trois ans après, que sont-elles devenues ? C’est ce que l’équipe du CRAC a cherché à savoir en visitant le 18 janvier 2015 les camps de Begué, Pallam et de Farawoulou Guirvidic.

En approchant les camps, on se sent traverser par un air d’abandon et de désolation de ces populations qui jonglent pour survivre non seulement aux difficultés quotidiennes , mais aussi au froid d’hiver des premières heures de la matinée qui contraste avec la chaleur brulante de la mi journée, caractéristique du climat de la région au mois de janvier.

 

eleves refugiers

© croireaucameroun.net; Les élèves dans leurs salles de classe

Des tentes déchiquetées par ci, d’autres rafistolées aux matériaux locaux par là, des points d’eau non fonctionnelles. C’est à peine qu’on imaginerait ces camps habités. Et pourtant !

«Nous avons faim, nous avons froid, nous n’avons ni vêtements, ni terre pour cultiver» Quoique chaque camp ait ses réalités, se sont les mêmes complaintes qui sont prononcées par les déplacés.

Sans que les conditions de sécurité soient rétablies, certains se sont résignés à rentrer s’installer dans des abris de fortune dans leur village d’origine avec tous les risques qu’on puisse imaginer. Des risques réels puisque la digue visitée ce jour présente déjà des fissures apparentes.

Une chose est sûre sans qu’on ne sache à quel niveau situer les responsabilités, ce sont les déplacés abandonnés que l’équipe du CRAC a laissé à Begué, Pallam et Farawoulou Guirvidic.

 

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