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Selangai Adiza: «C’est le travail qui a fait de moi l’artiste que je suis»

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Après la sortie de son premier opus « Be Oï » paru en 2013, voici venu le temps de la consécration pour Selangaï Adiza Marie avec  le “Prix de Bronze de Meilleur artiste du Grand nord” attribué par Radio Balafon, une des chaînes Fm leader de Douala. une distinction qui marque bien son envol au niveau national.

On nous fait savoir que le nom Selangaï avait une signification en langue Gbaya, est-ce vrai ?
Oui c’est tout à fait vrai. Selangaï en fait peut être entendu de deux manières pour qui connait la langue et les traditions du peuple Gbaya de l’Adamaoua. La première c’est une composition de deux termes : « Se » qui veut dire cœur et « Langaï » qui signifie force. La seconde se rapporte au nom complet « Selangaï » qui traduit la bravoure des femmes ayant subit avec succès les rites initiatiques « Zabolo » de chez nous, pour ceux qui connaissent.

 

Selengaï, vous êtes détentrice du Prix de Bronze de Meilleur artiste du Grand nord décerné par Radio Balafon, comment perçoit-tu cette marque de considération pour ton art ? 
Pour être honnête, je suis la première surprise de ce prix. Je ne me savais pas aussi écoutée dans la partie sud du pays. Alors le 16 décembre 2014, lorsque mon téléphone sonne et que Cyril Bogiko m’annonce que Radio Balafon m’a nominé pour les Awards, je n’en reviens pas. C’est ainsi que je suis informée de la tenue de la cérémonie le 18 décembre 2014. Comme je n’étais pas sur place à Douala il m’ont proposé de me faire représenter. J’ai donc demandé à Mohamed du groupe Faddah Kwatal de ramener mon prix. Ce qu’il a fait et j’ai reçu ma précieuse statuette.

 

Ce prix rentre dans quel ordre déjà ?
Chaque année, Radio Balafon prime les meilleurs artistes du pays et cette année, ils m’ont inscrit dans la catégorie Grand Nord pour défendre le septentrion. C’est dans ce cadre que les auditeurs m’ont nominé parmi les meilleurs artistes du grand nord. C’est une récompense vraiment spéciale pour moi. Certainement une manière de m’encourager dans mon art.

Pourquoi avoir opté pour une présentation solennelle au gouverneur de la région de l’Adamaoua ?
Vous savez le Gouverneur de l’Adamaoua est le grand patron de la ville et il est tout naturel que si sa fille et son artiste qui ramène un prix, c’est tout à fait normale que je le lui présente. Une façon de montrer que les femmes de l’Adamaoua sont dynamiques, elles travaillent et voila une preuve parmi tant d’autres.

 

Selangaï, tu es une artiste au style varié mais l’on remarque une domination du folklore Gbaya dans tes œuvres. Est-ce à dessein ?
Le premier défi de ma carrière est de représenter la culture Gbaya sur la scène nationale et internationale. Dans le grand Sud-Cameroun on connait très peu les valeurs de ce peuple pourtant installés dans deux régions dont l’Adamaoua et l’Est. On est connu ici mais ailleurs tout est à construire. Alors pour moi je suis toujours contente de savoir que mes productions colorées dans ces rythmes traditionnels intéressent le grand public.

 

On vous a vu grandir dans l’art, qu’est ce qui fait ta force ?
Je pense que le travail est ma première force. Pour moi c’est le travail, il n’y a pas de magie en cela. Et puis chacun a son tour sur scène.

 

Nous sommes dans une région où les femmes sont souvent en arrière plan, quel message peux-tu leur passer ?
Au début, on n’avait pas valorisé la femme dans cette partie du pays. Mais aujourd’hui, les choses ont beaucoup changé. La diaspora a évolué et elles ne sont plus comme avant. On les voit dans divers domaines, militantes dans les ONGs pour les droits des femmes et promotrices des entreprises et créations qui valorisent la femme. Peut-être c’est le moment de Sélangaï parce que Dieu a voulu que ce soit ainsi.

 

Que dire aux femmes camerounaises et africaines ?
Je dis déjà qu’on naît avec le talent et le don qu’il faut valoriser. Depuis longtemps les femmes étaient travailleuses mais elles ne savaient pas mettre cela au grand jour, cCar on connait le coté agricultrice et bonne ménagère de la femme africaine. Les femmes doivent savoir que le travail n’est jamais perdu. De plus, nous avons désormais l’obligation de soutenir les efforts de l’homme au foyer. Il faut que les femmes travaillent et montrent ce qu’elles valent aux yeux du monde. Aussi, les femmes ne doivent plus sombrer dans la facilité et œuvrer pour la promotion de leurs cultures.

Interview réalisé par Rodrigue TAPEO

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