environnement
NEWSLETTER

Français     English

Share this

L’étude menée sur la mise en œuvre du Plan sectoriel forêt environnement (Psfe) relève de nombreuses insuffisances dans la mise en œuvre dont l’impact sera dévastateur sur la préservation de la biodiversité à moyen terme.  

Le PSFE,  outil gouvernemental conçu pour  faciliter  la mise en œuvre de la politique de gestion durable et participative des ressources forestières et fauniques du Cameroun n’aura pas eu l’effet escompté dans la région du château d’eau. Malgré les financements multiples des bailleurs de fonds, les appuis sont difficilement repérables sur le terrain. Plus de 3,069 milliards sont injectés depuis 2006 dans ce programme environnemental sans changement palpable. Les activités de la première phase, supposées connues de tout le public semblent peu diffusées auprès des communautés à la base. Cinq composantes opérationnelles constituaient les objectifs du programme sectoriel forêt environnement dans l’Adamaoua qui n’ont pas amélioré la vie des bénéficiaires. Dans les documents, une meilleure gestion environnementale des activités forestières était espérée. Des résultats que les spécialistes disent difficiles à évaluer aujourd’hui. Au niveau de l’aménagement des forêts de production et la valorisation des produits forestiers, les avancées sont minables. Les galeries communautaires restent un mythe pour les trois quart des communes de la région. Généralement, les superficies de sylviculture des villages sont celles des propriétaires isolés qui s’évertuent à préserver leurs patrimoines d’une éventuelle occupation illicite. Là encore le programme n’aura pas fait des miracles en termes de surfaces reboisées. Le constat est clair, très peu d’espaces ont été exploités à des fins de préservation de la biodiversité aux frais de cet outil censé améliorer cette donne face à la désertification galopante. De quoi faire dire au Dr Hamadou Gambo,  consultant pour la cause, que l’amélioration soutenue des conditions de vie des populations riveraines des forêts à travers la gestion durable des écosystèmes forestiers est loin d’avoir été atteinte. Et pour cause, l’évaluation menée dans les villes de Tibati, Meiganga et Djohong, Ngaoundéré,  font état de ce que les préoccupations des communautés sont ignorées et les acteurs de la société civile marginalisées par les sectoriels.  

Lire aussi / Also read
Cameroun - Réaménagement du Gouvernement 2019 : Les décrets de Paul Biya

©image: huffingtonpost.fr

Absence de convergence institutionnelle
Sur le plan institutionnel, les experts soulignent une non harmonisation de la vision entre les sectorielles concernés à savoir Minfof et Minepded qui s’entremêlent les pédales autant qu’ils confondent les objectifs du PSFE à leurs missions régaliennes. Faute de synergie, la conservation, la gestion et l´exploitation durable des ressources forestières et fauniques souhaitées ont plutôt chuté en volume. Côté communautaire, l’encadrement des groupes inscrits dans ce programme n’a pas été effective pour soutenir la conservation des ressources environnementales par les parties prenantes du processus. Les acteurs dynamiques de l’environnement dans l’Adamaoua attendent toujours de recevoir cet appui technique et matériel prévu malgré les milliards inscrits sur papier. Aucun acquis véritable n’est donc à mettre au vert. Une analyse que réfutent les responsables des délégations concernées. Conséquence, la pérennisation durable des fonctions  économiques des ressources forestières et fauniques manque à l’appel. Selon les responsables régionaux des départements concernés, le cahier de charge a bien été respecté. « Nous avons des difficultés d’espace en zone reculées. En plus les acteurs confondent les missions de ce programme à d’autres projets d’autres ministères » nous dit Edimo Silas, chef service au Minepded régional.

Réflexion profonde pour des propositions durables
De son côté la société civile décrit la faible communication autour des actions du PSFE. D’après elle, les conséquences sont lourdes et se traduisent par la forte menace des espèces fauniques et forestières (braconnage, déforestation abusive). C’est pour ces raisons que l’organisation AJVN s’est intéressée à la gouvernance dans la mise en œuvre du PSFE, soutenu par le Programme d’appui à la société civile (Pasc). La restitution de cette descente sur le terrain  aura permis d’aboutir à une réflexion profonde sur la question de la préservation de la biodiversité. Les maux qui minent le Cameroun  auront certainement eu raison de cet outil de promotion du développement durable. Pas étonnant que 72% des populations touchées estiment «mauvaise» l’exécution et le suivi du PSFE par les parties prenantes. Réagissant à tous ces manquements observés sur le terrain, NZoda Jilles, chef service régional de la faune dévoile les difficultés liées à la confusion des rôles dans la démarche par certains acteurs et celles liées à la disponibilité effective du budget inscrit sur le papier. Pour contribuer à remédier à ces insuffisances dans la prochaine phase, des propositions citoyennes ont été formulées. Les organisations impliquées parlent en termes d’élaboration des normes, de rendre fonctionnel le comité régional de suivi, de définition claire du rôle des OSC, d’implication de toutes les catégories d’acteurs au niveau local et plaident pour que les allocations budgétaires du PSFE soient autonomes et non gelées dans le BIP, entre autres. Si ces propositions constructives sont prises en compte, des améliorations pourraient intervenir sur le terrain pour une protection durable de la biodiversité dans l’Adamaoua.

Lire aussi / Also read
Formation des formateurs sur l’insémination artificielle

by Intégration

Share this

Réactions

Veuillez saisir votre contribution !
Veuillez saisir votre nom ici

9 × 1 =