Culture Musique IDY OULO, la perle musicale du Mayo-Oulo

IDY OULO, la perle musicale du Mayo-Oulo

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Digne fils de la cour royale du Mayo-Oulo, Idy brave les interdits du lamidat pour embrasser les sentiers de la musique. L’artiste qu’il est devenu s’est forgé une place dans le milieu  par le talent et la volonté qui l’animent. L’homme partage avec les lecteurs de fadart.info les temps forts de son parcours et sa vie.

 

 

Idy Oulo, comment tu as démarré dans la musique?   
La musique, je l’ai commencée tout jeune bien que ce ne soit pas facile car  dans ma famille personne n’était chanteur ou griot.  Je suis issu d’une grande famille de chefferie de Mayo-Oulo, étant née dans cette concession, il ne m’était pas évident de faire de la musique. Malgré les réticences de mon papa du fait que le vent des griots a eu le dessus, j’ai commencé à me produire toutes les semaines voire chaque jour. Le virus de la musique a vite fait de m’infecter génétiquement. Plus tard, je profitais de mes vacances chez ma grand-mère pour côtoyer les Bergers et apprendre à jouer la Garaya. Avec l’obtention de mon autonomie grâce à mes études primaires et secondaires, je me suis mis à fond dans la musique. C’est ainsi que j’ai intégré le Groupe Faadah-kawtal comme membre guitariste et Chanteur…

 

Ta musique s’inscrit dans quel registre et s’inspire de quoi?  
Ma musique s’inscrit dans la dynamique de celle d’un artiste socialement engagé. A ce titre mes messages portent sur la fraternité, le pardon, l’éducation, la préservation de la biodiversité, la fraternité, la tolérance et l’injustice. Pour moi, il est important de soulever les problèmes sociaux pour que les populations ne soient plus négligées.  Je ne manque pas quand il le faut d’évoquer les questions politiques. D’où ma qualification d’artiste engagé.

A propos de ton album, peux-tu nous parler des contenus et leurs messages ?
 Mon  album en solo baptisé “Ténèbres” sorti en 2005 a connu un gros succès et m’a permis à nouveau  de conquérir les scènes mondiales.  Je tiens à vous préciser que Idy Oulo n’est pas un artiste qui enregistre des disques et réalise des vidéos pour se faire voir. Un album pour moi est un projet, une vision que je veux partager avec mon public. Pendant plusieurs années, j’ai tourné en Europe et en Europe de l’est  sans disque sur le marché. Mes musiciens et moi travaillons plus aux répétitions ou en concerts. Vous allez constater que le clip de mon dernier  single a été enregistré en  partie en live. Mes chansons étant plus basées sur les réalités locales, je me sens beaucoup plus à l’aise sur scène ou j’exprime ce vécu quotidien que dans des clip vidéo ou plateaux de tv pour parler…

 

Quels souvenirs tu gardes du premier contact du public  avec ton nouveau produit ?
Chaque prestation est un moment particulier. Mon plus grand souvenir reste mon premier  prix aux concours des musiques et danses en Région Poitou-Charentes ma région d’adoption en Europe. Cela est survenu au début de ma carrière en solo juste après mon aventure avec le groupe Faaddah-Kawtal…  Les souvenirs son nombreux car un artiste est comme une femme enceinte, on regarde toujours devant…Rire.

 
Depuis le début de ta carrière, y a-t’il des choses qui t’ont marqué dans le monde de la musique ou de la culture en général au Cameroun?
 Sincèrement la culture camerounaise souffre, son public également est complètement égaré par les confusions de toute sorte qui minent la musique. A force d’écouter toutes ces cacophonies qui nous “embécilisent” et nous rendent sourds aux belles mélodies de la musique, le public devient agité voir même nerveux ! Quand les gens écoutent des fausses notes de chansons et instruments qui l’accompagnent à longueur de journée et dans les médias, que voulez-vous vous ? La musique de qualité instruit, rend sage, développe les neurones et calme les moeurs… Dans les restaurants ou buvettes au Cameroun, il me serrait difficile de finir une petite bouteille du jus à cause de ces bruits sordides justement.

 

Suivre : http://www.facebook.com/IdyouloPage

Idy Oulo, rentrons dans les inspirations de votre nom d’artiste ?
IDY, c’est mon nom  diminutif de baptême  musulman comme le prophète (Idriss). Oulo ou (Wourol) en peuhl veut dire flèche comme Mayo-Oulo (Rivière des flèches) terminaison du nom de mon village dont mes ancêtres se sont battus pour que celui ci ai son indépendance territoriale … pour faire simple je suis Idy Oulo, comme Idy de Mayo-Oulo.

 

Idy Oulo ne fait que la musique dans sa vie ou pratique t-il d’autres activités ?
La Musique est mon travail de toutes les secondes pour ne pas vous dire à plein temps. Mis à part ma musique, j’écris pour d’autres et je m’occupe des jeunes enfants en difficultés d’insertion auprès des associations et des centres sociaux… Tout ça occupe non !!!? Rireeeeeeeeeeeee.

 

Quels sont vos projets pour 2015 et les années à venir ?
 Pour mes projets, nous attendons d’abord lancer le single qui est en cours, celui de Poulloh-Fulbeh  Noblesse  et quand à l’avenir je n’ai jamais  parlé de mon avenir puis qu’il s’agit de mon destin et il appartient à Dieu de me guider. Je ne parle jamais de mon avenir ni de mes projets à venir, du coup certains me trouvent mystérieux !

 

Si tu devais dire quelque chose aux populations du grand nord, que dirais-tu Idy… ?
Je suis sincère, ça c’est une question à vraiment aborder sans tabou.  Ce qui m’a manqué à ma carrière au Cameroun mon pays c’est l’absence des promoteurs musicaux Nordistes et les salles de spectacles. L’autre aspect est le retard considérable de son public vis-à-vis de sa gigantesque beauté culturelle. Le Nord devrait avoir des Alpha Blondy Junior,  des Youssou Ndour Junior, des Salif Keita Junior, des Ali farka Touré Junior, des Oumou Sangaré Juniore, des Aicha koné ; bref, je m’arrête là ! Ils ou elles auront compris en tout cas, il faut que le niveau des artistes locaux s’améliore ; qu’ils prennent au sérieux ce métier d’art qui est le plus beau au monde mais pas comme un passe temps comme le jeu de ludo ou de dames voire la carte à la rebelote… Voilà pour ma part, il faut qu’ils partagent, s’informent et sortent de leur cases ou de leur complexes pour apprendre afin de renforcer leurs compétences techniques sur le plan artistique…

 

Un mot du grand frère aux jeunes Camerounais…
Aimez et consommez votre culture régionale sans différence tant qu’elle est bien représentée et bien jouée car un peuple qui ignore sa culture sera toujours l’esclave des autres. Les jeunes que je lis dans les réseaux sociaux passent leur temps à publier des devinettes ou des âneries de haine à la place de vanter ce que Dieu leur a donné comme armes. Il y a des illuminés qui vont même jusqu’à taxer la musique de “Haram” ! Vous vous imaginez à quel point ils veulent continuer à berner cette jeunesse comme au temps de leurs grands parents esclaves?   Réveillez vous et mettons nous à la valorisation et l’émergence de notre région le Nord. Pour moi, il n’y a pas de différences entre les villes du septentrion que sont Ngaoundéré,  Garoua ou Maroua ; toutes ces divisions n’ont pour but que de nous fondre et faire de nous ce qu’ils veulent! Nos pratiques culturelles prouvent que nous avons les mêmes origines. Qui me dira le contraire ? En Tout cas Dieu soit loué, Idy Oulo chante pour la grande région du Nord et non ses sous divisions.
Que Dieu vous bénisse et merci à toute votre équipe et vos lecteurs une fois de plus !

 

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La rédaction de www.chateaunews.com

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