Société Développement La société civile camerounaise réclame un cadre propice

La société civile camerounaise réclame un cadre propice

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Réunis à Ngaoundéré le 03 juin 2015, les OSC ont nourrit la réflexion pour l’amélioration du cadre normatif qui entoure leur fonctionnement sous l’initiative de la Ligue des Droits et Libertés.
 
Dans une étude menée en 2009 par le Programme d’Appui à la Structuration de la Société Civile (PASOC) avec l’appui de l’Union Européenne, une analyse de la perception des Osc sur le cadre légal qui régit l’exercice de leurs activités, montre que l’environnement juridique du mouvement associatif camerounais reste divers et atomisé. « Les organisations de la société civile (Osc) sont appelées à jouer un rôle important dans la promotion du développement économique et social, le renforcement de l’état de droit et la promotion de la bonne gouvernance. Mais aujourd’hui, les Osc ne bénéficient pas d’un cadre propice à la réalisation de leur mission. Il faut que les choses changent» déclare Dr Gambo Hamadou, leader de la société civile dans la région.

Réunis à Ngaoundéré, la trentaine des personnes issues de presque tous les secteurs socioprofessionnels dont la justice, le parlement et les collectivités décentralisées ont enrichi les débats et apporté des éléments nouveaux devant contribuer à étoffer le contenu d’un mémorandum en élaboration. La journée d’information et de mobilisation aura eu pour mérite de regrouper des acteurs issus des trois régions septentrionales et de l’Est orientale. Même si le rôle et la place des OSC dans le suivi des actions publiques est aujourd’hui reconnu, il n’en demeure pas moins que de nombreux clivages entravent toujours son plein déploiement. Pour tant, la loi n° 053/90 du 19 décembre 1990 sur la liberté d’association  au  Cameroun  a consacré le libéralisme associatif et la naissance de plusieurs Organisations de la Société Civile (OSC) qui contribuent indéniablement à la bonne marche de la démocratie et des politiques publiques de développement.

Selon les organisateurs, les Osc font encore face à de nombreuses pesanteurs : la transformation dans la pratique du régime de déclaration des réunions et manifestations publiques en régime d’autorisation préalable, la non délivrance ou la délivrance tardive des récépissés de déclaration dans la pratique, le silence critiquable de la  loi sur la création des réseaux, unions et plateformes d’associations, l’existence d’entraves d’ordre fiscal et douanier etc. «Nous sommes en train de construire la démarche de ce plaidoyer. Cette démarche nous permet de rédiger un argumentaire solide, afin d’engager effectivement le plaidoyer. Il faudrait que la loi soit améliorée pour traduire la volonté politique, en corrigeant tous les autres manquements observés », soutient Charles Tchikanda, le directeur exécutif de la Ligue des Droits et Libertés.

atelier cadre juridiqe

Dr Gambo Hamadou (APROSPEN) et Charles Tchikanda (LDL) en conférence

Les échanges ont permis aux participants de prendre connaissance de la loi de 1990 sur la liberté d’association. « Une loi qui a certes favorisé l’avènement de nombreuses organisations dont celles de la société civile (Osc) au Cameroun, mais il y a lieu de se rendre compte que ces Osc ne bénéficient pas encore d’un environnement politique et social. Un cadre qui pourra leur permettre de jouer efficacement leur rôle de relais de l’opinion des citoyens. Ce qui est de nature à limiter la promotion du développement économique et social, le renforcement de l’état de droit et la promotion de la gouvernance » a affirmé le consultant en développement Tiomela Mauriane, par ailleurs promotrice de l’Association Le Sourire.

Pour bon nombre d’acteurs, les perspectives sont bonnes. Selon les OSC, il y a de quoi espérer car les choses s’améliorent malgré les points d’ombre. « La rencontre vient à point nommé quand on sait que les Osc interviennent désormais dans  la chaîne de planification, programmation, budgétisation et suivi (PPBS) du Budget d’investissement public (Bip). Entre autres recommandations, je souhaite que la notion d’Osc soit explicitement intégrée dans le cadre juridique. Tout en espérant que le plaidoyer sera approuvé par les politiciens » avoue Julien André, participant. La rencontre des Osc en vue d’une révision du cadre normatif et financier n’est qu’une occasion de plus de revendiquer la place prépondérante qui est la leur.

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La rédaction de www.chateaunews.com

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