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Hassan Malam Kaou : J’ai appris la langue japonaise tout seul

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Apprendre une langue étrangère, c’est apprendre autrement !

“Le fait d’avoir appris la langue japonaise m’a permis d’expérimenter non seulement une autre façon d’écrire, de lire ou de réfléchir mais également de tisser des liens amicaux solides et durables avec les Japonais de toute classe”, ainsi s’exprime le Japonais de Ngaoundéré qui nous relate son attachement à la langue et à la culture nippone.

 

Né le 23 décembre 1988 àDoualayel, localité située à 200 km de la ville de Ngaoundéré, Hassan Malam Kaou est ce mystérieux Japonais de la savane. Actuellement, il est étudiant en Master II Histoire politique et relations internationales à l’université de Ngaoundéré. Pour ce génie de la langue nippone, “apprendre une langue étrangère, c’est apprendre autrement”.
Il s’est lancé dans l’apprentissage de la langue japonaise en 2000, lorsqu’il était encore à l’école primaire. Pour lui, cet apprentissage est un moyen d’apprendre d’une autre façon « Apprendre une langue étrangère c’est apprendre à apprendre autrement. C’est découvrir une nouvelle culture. C’est aussi une manière de promouvoir en quelque sorte le dialogue entre  culture et civilisations en vue d’un rapprochement entre les peuples afin de cultiver une compréhension mutuelle pour un monde radieux et harmonieux » Nous fait comprendre le jeune Hassan.

Après avoir maitrisé les systèmes d’écriture japonaisenotamment les Hiragana et les Katakana, il a eu l’habitude de formuler quelques mots et expressions dans ses correspondances adressées au Service Français de Radio japon. D’après lui, les phrases employées sont lues intégralement, sans modification, ce qui le rassuraitque celles-ci  étaient correctes. Un jour, nous relate-t-il,  on lui posa une question aux courriers des auditeurs « Hassan, le japonais que vous nous écrivez, c’est ce que vous avez appris seulement à travers nos manuels, ou c’est quelqu’un d’autre qui vous l’apprend ? » Cette question est venue conforter sa position d’apprenant, en ce sens qu’ellemontre qu’il a acquis un bon niveau dans l’apprentissage. Ceci ne cesse d’incrémenter sonidée d’explorer d’autreshorizons pour tisser des relations avec les Japonais dans le but d’améliorer son niveau de langue.

C’est dans cette optique qu’il a eu l’idée de contacter l’Ambassade du Japon au Cameroun, chose faite en 2004. En retour, il a reçu une réponse favorable de l’Ambassade où on l’encourageait dans son  initiative. La correspondance contenait également des supports papiers et audio sur le japon. Un an plustard, en 2005, se souvient-il « j’ai eu la chance de rencontrer pour la toute première fois dans ma vie un japonais pas comme les autres », c’était la visite de l’ancien ambassadeur du Japon au Cameroun Son Excellence Monsieur Masaki Kunieda, le 11 mars 2005 dans son village de Doualayel.

 

Depuis lors, Hassan a eu à rencontré les différents ambassadeurs de passage au Cameroun. C’est ainsi qu’en août 2007, il rencontre pour la deuxième fois un autre ambassadeur à Yaoundé S.E. M. Kensuke Tsuzuki, à l’occasion du premier concours national de langue organisé par Africa Japan House. En février 2011 S.E.M. Keiji Yamamoto à l’occasion de l’inauguration des écoles primaires construites par le Don du peuple japonais à Ngaoundéré. Ce février 2015, il a eu également à rencontrer  S.E.M. Tsutomu Arai.

En dehors de ces grandes figures emblématiques de la diplomatie japonaise, le jeune Hassan a reçu en 2008 un journaliste du service français de la NHK world Radio Japon en la personne de Mme Akiko Ogasawara. Loin d’être un poisson d’avril, le 02 avril 2013, il a reçu la délégation d’une télévision japonaise Tv-Tokyo pour la réalisation d’un documentaire sur ses activités. En janvier 2014, il reçoit Mme Izumi Taniai, une touriste japonaise. Et tout récemment, le 11 mars 2015 à l’occasion du deuxième concours de japonais organisé à Ngaoundéré, il reçoit M. Aihara, envoyé spécialement par l’ambassade pour la circonstance.

Pour ce jeune homme, l’apprentissage d’une autre langue est un moyen d’intégration et de cohésion sociale adéquate. « Pour moi, le fait d’avoir appris la langue japonaise m’a permis d’expérimenter non seulement une autre façon d’écrire, de lire ou de réfléchir mais également de tisser des liens amicaux solides et durables avec les japonais de toute classe » nous confit-il.

En 2009, Hassan Malam Kaou effectue son tout premier voyage au pays du soleil levant à l’occasion du 150ème anniversaire de l’ouverture du port de Yokohama dans la préfecture de Kanagawa. Pour lui, ce voyage  a été un grand succès, C’était un motif de satisfaction du fait qu’il a  vécupersonnellement  les réalités de la culture japonaise autre que sur les papiers ou à travers les ondes. Son contact direct et réel avec les Japonais lui a permis de mettre en pratique les connaissances acquises sur cette langue à travers le manuel du service français de la NHK (Radio télédiffusion japonaise) qu’il a eu à visiter tout en intervenant sur ses antennes.De même, fouler le sol de l’archipellui a permis d’améliorer son niveau de japonais ; « visiter le Japon a été pour moi une merveilleuse occasion de jauger mon niveau de japonais  afin d’effectuer toutes les corrections possible pour améliorer mon expression » s’exprime t-il.

Par ailleurs, Hassan ne se sentait pas étranger au Japon, car « parmi les 27 autres Africains invités, j’étais le seul qui faisait l’objet d’un reportage spécial. Je rappelle en passant que le service Français de la NHK avait dépêchéun reporter en la personne de Mme Akiko Ogasawara pour couvrir ma présence et, parfois, lorsqu’il arrivait que je me promène seul, même dans la nuit, il y avait quelqu’un qui pouvait me reconnaitre à distance et m’appeler par le nom » se souvient-il.

Aujourd’hui, grâce au concours de plusieurs admirateurs de la culture japonaise à Ngaoundéré, il a créé des clubs dans différents établissements de la ville dans le but de promouvoir bénévolement cette culture. Certes, tous les clubs ne fonctionnent pas au même rythme et c’est dû aux difficultés de nature à remettre en cause leur existence.Parmi ces clubs, celui qui, contre vents et marées, a su surmonter les obstacles et continuer le périple est celui du Lycée classique et Moderne de Ngaoundéré, créé depuis 2008 par le concours de M. ABDOULAYE SIMON, surveillant  et surtout par l’appui de l’ancien proviseur M. MOUSSA ABOUBAKAR. «  Ce club, on ne le rappellera jamais assez, doit aussi sa pérennité grâce aux efforts consentis par les membres de la première ère : Oumarou Hamadjangui, Abdouramane Saïdou et tout récemmentde Dockein Yangaï ou de Bello Yaouba » nous rassure t-il.Cette année scolaire 2014/2015, un nouveau club a vu le jour. C’est le club japonais du Lycée de Ngaooundéré-Mardock dont la création a été encouragée par l’actuel proviseur M.ABDOULAYE SIMON.

Le rêve d’Hassan est de créer un Nihongo Cultural Center (NCC) à Ngaoundéré afin de faire découvrir la langue et la culture japonaises à un public plus large tout comme de faire découvrir les merveilles du pays du soleil levant dans tous les aspects. Selon lui, cefutur centre sera un véritable pont d’amitié entre le Cameroun et le Japon.

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La rédaction de www.chateaunews.com

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