À la Une Actualités Adamaoua : L’insécurité bat son plein à Djohong

Adamaoua : L’insécurité bat son plein à Djohong

-

- Advertisment -

Pris en otage entre deux camps de réfugiés dont celui denBorgop avec plus de 12 000 âmes, l’arrondissement de Djohong demeure dans la zone rouge.

« L’humanitaire a engendré la terreur », ainsi s’exprime un éleveur résidant  à Djohong. L’arrondissement situé à une centaine de kilomètre de Meiganga, chef lieu du département du Djerem  connait des vagues d’insécurité qui paralysent les activités agropastorales.  Les premières victimes sont les éleveurs dont les cheptels constituent des prises infortunées pour les gangsters. « J’ai perdu plus de deux troupeaux et un de mes bergers lors des attaques répétées des coupeurs de route ces trois dernières années », déplore un éleveur de la localité. Les paysans payent  également les frais de ces malfrats qui en font des otages quand ils ne peuvent pas mettre les mains sur leurs économies. La situation préoccupe les autorités qui disent avoir pris des mesures devant progressivement endiguer la menace des rebelles centrafricains dans cette partie du pays. Il faut noter que la ville est voisine de  la République centrafricaine et la localité de Ngaoui, elle-même ceinturée par la frontière centrafricaine. Les soldats de la brigade de gendarmerie de Djohong et du 33e BRIM s’activent jour et nuit pour dérouter les assaillants malgré le relief accidenté dans lequel se tapissent ces derniers.
 La semaine dernière,  un groupe de rebelles en activité dans la zone a été démantelé et des éléments mis aux arrêts. L’acte de bravoure du nouveau commandant de la brigade de gendarmerie, seulement deux semaines après sa prise de fonction, témoigne du dévouement de cette unité qui veille à la sécurité de l’arrondissement. « Depuis le 09 juin, le maire a été informé qu’un certain Hamadou éleveur est sous la menace des coupeurs de route qui exige de lui la somme de 5 millions. « J’ai mobilisé mes éléments et nous nous sommes déployés sur le site à 15 km dans la vallée, mais les malfaiteurs ne se sont pas pointés.  Le 15 juin, l’un des chefs de village nous a signalé le passage d’un individu suspect dans son canton. Les éléments de la gendarmerie se sont alors déportés  sur place et après l’avoir encerclé l’ont interpellé. La fouille du son sac a révélée une arme de guerre de type Kalachnikov avec 2 chargeurs  et 24 minutions. Son exploitation nous a permis de mettre la main sur l’un de ses acolytes et il nous a donné l’identité des autres. Leur chef serait basé à Ngan dans l’arrondissement de Meiganga.  Actuellement, les enquêtes se poursuivent pour arrêter tous ses complices » déclare l’Adjudant chef Kolwe, commandant de brigarde de Djogong. Pour le responsable du poste de gendarmerie local, la situation est endémique et s’est accentuée avec les récents troubles politiques survenus en RCA.
Ce brillant fait d’arme a permis de ramener la sérénité dans les villages environnant qui vivent désormais sous la terreur  d’une éventuelle attaque.  Quelques jours auparavant, un violent accrochage avait opposé les soldats basés dans l’arrondissement ; une bande armée de plusieurs hommes qui s’est soldée par un rebel abattu et  deux blessés dans le camp adverse d’après les sources locales. On évoque également la récupération de  5 armes de guerre, 12 attestations de réfugiés et un couteau de fabrication soudanaise qui servirait à l’exécution des otages. Les documents saisis attestent de l’implication tant dénoncée des personnes de mauvaise foi qui bénéficient de la couverture de leur statut de réfugié. Selon le maire de la localité, les attaques des coupeurs de route se sont multipliées ces derniers mois. « Depuis quelques semaine nous subissons des attaques répétées des hommes lourdement armés qui s’en prennent aux populations et leurs bêtes. Cela pose d’énormes torts à l’économie locale qui subit le contre coup du ralentissement des activités agropastorales et touristiques. » regrette le maire de Djohong. Plusieurs honnêtes citoyens ont déjà fait les frais de ces hors la loi. En 2003, les coupeurs de route m’on pris  sur l’axe Yamba-Meiganga au tout début de leur apparition dans cette zone. J’ai perdu près de 2 millions. Ce fut une expérience traumatisante qui me marquera à vie. » révèle Djoumessi Jean Pierre, délégué d’arrondissement de Djohong.
Malgré la récurrence des attaques dans la localité, le sous-préfet se veut rassurant mais déplore néanmoins la complicité de certains membres des communautés. « Nous sommes déterminés à rétablir la paix et la sécurité à Djohong. Les forces de l’ordre sont à pied d’œuvre. Il y a de cela quelques jours, un chef de village impliqué dans les exactions commises sur les éleveurs a été mis aux arrêts dans la localité. » déclare  Mouanji Hose, sous-préfet de Djohong. Ce qui l’inquiète le plus est le retard économique et social dans lequel baigne l’arrondissement Djohong dont les inspecteurs de la région ont évalué le taux de développement à 50% au mois de mai dernier. De quoi faire dire à Mouanji Hose que Djohong dort et doit se mettre définitivement au travail pour rattraper son retard.

Plus :   Cameroun : Le Directeur de l’EHT CEMAC s’est éteint à Ngaoundéré
blank
chateaunews.comhttps://chateaunews.com
La rédaction de www.chateaunews.com

LES PLUS LUS

- Advertisement -

ArticlesRELATED
Recommended to you

×