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Les islamistes nigérians de Boko Haram ont de nouveau attaqué le Cameroun, tuant au moins huit villageois et en enlevant 135, dans cette région frontalière de plus en plus ciblée par le groupe qui y mène aussi des attentats-suicides.

« Les gens de Boko Haram ont attaqué nos voisins du village de Tchakamari dans la nuit de lundi à mardi. Ils ont tué 8 personnes, deux femmes et six hommes. Les hommes étaient des membres du comité de vigilance de Tchakamari », a affirmé un membre du comité de vigilance (milice d’autodéfense composée d’habitants) d’un village voisin, sous couvert d’anonymat.
« Ils ont pris 135 personnes et sont partis avec elles. Ce sont les habitants du village qui ont compté le nombre de personnes enlevées. Ils ont brûlé beaucoup de maisons », a-t-il ajouté.
Un bilan confirmé par une source policière. « Les populations ont donné l’alerte dès que Boko Haram est entré dans le village, mais ils (les soldats engagés dans la lutte contre Boko Haram) ont traîné », a accusé cette source.

Cinq attentats-suicides ces dernières semaines
Après une période d’accalmie, le groupe islamiste nigérian Boko Haram a repris ses attaques dans la région frontalière de l’Extrême-Nord camerounais, menant ces dernières semaines cinq attentats-suicides, dans les localités de Fotokol et Maroua.
Ces attentats-suicides, au Nigeria, comme au Cameroun et au Tchad, voisins du nord-est du Nigeria, relèvent d’une nouvelle stratégie des islamistes. Affaiblis par la mobilisation des armées régionales (surtout du Tchad) qui ont pénétré au Nigeria pour reprendre l’essentiel des localités dont ils s’étaient emparés, ils mènent ces attentats en se «noyant» au milieu des civils, notamment dans les grands marchés qui rassemblent traditionnellement beaucoup de monde. Certains sont perpétrés par de jeunes femmes, vêtues de voiles islamiques intégraux se prêtant à la dissimulation d’objets, qui se font exploser ou dont les explosifs sont activés à distance.

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Sacs à main contenant des explosifs
Mercredi, le ministre camerounais de la Communication, Issa Tchiroma Bakary, porte-parole du gouvernement, a ainsi fait état sur la radio d’Etat de l’interpellation la semaine dernière de deux suspectes dans l’Extrême-Nord. « Deux jeunes filles âgées respectivement de 19 et 21 ans ont été interpellées en possession de deux sacs à main contenant des engins explosifs », a dit le ministre camerounais de la Communication, sans précision de lieu ni de date. Selon le ministre, des « opérations de ratissage » menées dans plusieurs régions du pays ont permis « d’interpeller de nombreux suspects » actuellement interrogés.

 

2000 soldats supplémentaires pour contrer Boko Haram
Face à cette situation de plus en plus instable, Yaoundé a annoncé l’envoi dans le lointain Extrême-Nord de 2.000 soldats supplémentaires pour contrer Boko Haram. Sur place, la population craint de nouvelles attaques et les autorités, notamment par l’activation de comités de vigilance et les dénonciations, tentent de repérer et neutraliser les complices infiltrés des islamistes, n’hésitant pas à expulser les réfugiés nigérians ayant fui les violences de Boko Haram. « Quelque 12.000 Nigérians, originaires de l’Etat de Borno pour la plupart, qui ont fui au Cameroun à cause des attaques contre leur communauté, ont commencé à rentrer chez eux », a déclaré mercredi Sani Datti, porte-parole de l’agence nigériane de secours (NEMA).

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