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MAMOU DAFFÉ, fondateur Festival sur le Niger s’exprime sur Arterial Network

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MAMOU DAFFÉ : Le nouveau Arterial Network doit jouer un rôle fédérateur et faciliter la collaboration créative et dynamique.

 

Mr Daffé, on vous connaît plus aujourd’hui, pour être le Directeur du Festival sur le Niger. Pouvez-vous nous raconter vos débuts dans ce métier?

Le Festival sur le Niger est né sous mon impulsion, d’une initiative longuement réfléchie des entreprises touristiques et culturelles de Ségou qui a permis de créer un événement unique, mettant en valeur tout le potentiel attractif de la ville et de la région afin de valoriser les expressions artistiques et culturelles du Mali et d’appuyer l’économie locale.
D’abord promoteur et Directeur de complexe hôtelier et touristique à Ségou, la culture ma toujours passionné et j’avais envie d’apporter un changement significatif pour ma communauté à travers l’Art et la culture. Cette passion pour la culture a abouti à la création du Festival sur le Niger en 2005. A partir du festival, plusieurs initiatives ont été créées : la Fondation Festival sur le Niger, le Centre Culturel Kôrè, le Conseil pour la Promotion de l’Économie Locale (CPEL- Ségou), l’Association de promotion de l’art et de la culture (SMARTS-Ségou), etc.

 

Comment vous est venu l’idée de créer ce festival aujourd’hui de renommée internationale et quel a été votre plus grand défi dans la création et l’organisation de ce festival?

L’envie du changement et la passion pour l’art et de la culture ont été le moteur qui m’a permis d’impulser ce projet culturel.
Le plus grand défi était de réunir les acteurs culturels afin de développer ensemble un tourisme culturel pérenne et de promouvoir la diversité culturelle. Car Ségou, jadis, était juste une ville de transit entre Bamako et les villes du nord du Mali Aujourdhui grâce au Festival sur le Niger, nous avons réussi à renverser cette situation, Ségou est inscrit sur l’agenda culturel mondial.

Vous êtes aussi le président et le fondateur du Réseau Kya au Mali, pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste le réseau et vos principales actions?

A un certain moment de notre parcours, avec d’autres organisations culturelles fortes du pays, nous avons compris que vu l’ampleur du chantier du développement du secteur des arts et de la culture, il était nécessaire de travailler en synergie. Le Réseau KYA, est donc né de cette volonté-là. Il constitue un espace de réflexion et d’analyse des problèmes de la culture et des différents secteurs culturels du Mali et en Afrique, qui a pour objectif d’assurer la promotion des industries culturelles. Sa mission se réalise à travers la formation, l’échange, l’information, la communication, le plaidoyer, le lobbying; et une pratique qualitative de l’art afin de faire de la culture un axe de développement stratégique au Mali, avec la création d’emplois décents. Aujourd’hui, le réseau compte plus d’une vingtaine d’organisations culturelles. Il a contribué à l’’élaboration de la politique culturelle du Mali, a mené une étude sur les pratiques de la consommation culturelle au Mali, a élaboré un répertoire des organisations culturelles au Mali, a mis en place un fonds daide à la création dénommé «Fonds Maaya». Aujourd’hui, le réseau est en train de travailler sur l’élaboration de la Cartographie Culturelle du Mali. KYA œuvre en fait pour structurer davantage le secteur des arts et de la culture au Mali.

Quelles sont les activités à suivre de près, parmi les initiatives, projets et activités sur le continent? (pas forcément au sein de Arterial)

Il y a énormément d’activités sur le continent qui méritent une attention particulière. Cependant, pour le secteur de la culture, les questions de gouvernance de la culture, les droits culturels, les politiques culturelles, les différentes conventions de l’UNESCO, l’Agenda 2063 de l’UA, l’Agenda 21 de CGLU, le financement de la culture Un accent particulier devra être mis également sur les Programmes Recherche & Développement dans le secteur de la culture et des projets consacrés au renforcement de capacités.

Mamou Dffe au Palais des Sports de Yaoundé, ACEC 2015

Vous avez été présent dès les premières heures de Arterial Network, quel est votre plus fort/beau souvenir en terme d’accomplissement?

C’est au Winter School à Bamako qui a eu lieu du 10 au 15 Avril 2011. On a reçu au Mali, une belle formation d’Arterial Network avec des formateurs de qualité. Il y avait au moins 30 pays à Bamako, on a vécu l’unité africaine durant cette semaine.

Yaoundé a accueilli la 5ème édition de l’ACEC, n’est-il pas temps de passer à une autre étape ?

L’organisation des différentes ACEC a été un véritable challenge pour Arterial Network. Ce programme a constitué une importante plateforme du donner et du recevoir qui a traité de la problématique du développement du secteur créatif en Afrique pendant cinq éditions. Aujourd’hui, suite à la fin du programme, nous devons évaluer et capitaliser en publiant la synthèse des 5 conférences, ensuite, je pense qu’il faut repenser un autre programme qui va plus dans le sens de l’aide à l’accès au marché de l’art et la promotion des industries culturelles en Afrique.

Quels sont les gros chantiers ou les axes prioritaires selon vous pour améliorer la situation des artistes en Afrique?

Pour améliorer la condition des artistes en Afrique, il est absolument important que nos différents Etats adoptent des politiques culturelles fonctionnels et qui prennent en compte la spécificité de chaque pays. Nous devons créer des conditions optimales pour que les artistes vivent de leur art. Il faut également mener un plaidoyer au niveau des Etats pour l’adoption du statut de l’artiste, la défense de la liberté d’expression, choses fondamentales pour restaurer les droits des artistes et leur garantir de meilleures conditions de vie.

 

Nombreux sont ceux qui voient l’art comme ludique et négligeable pourtant dans de nombreux pays, l’artiste est le premier sur la ligne de mire des autorités lorsque la situation politique se complique, comment expliquez-vous cela ?

Cet état de fait est dû à la non-existence de législations efficaces et à la condition de l’artiste en général qui est très précaire dans nos Etats. L’artiste est relégué au second plan et souvent marginalisé, pourtant ce sont eux les faiseurs de rois. Selon les grands penseurs, C’est l’art et la science qui précède la puissance et la renaissance ainsi les artistes à travers leurs imaginations
ouvrent une brèche vers ce qui est beau et indiquent la voie à suivre au peuple

 

Vous avez été élu Président de Arterial Network récemment, fédérer toutes les forces artistiques et créatives du continent ne va pas être une chose facile. Quelle est votre plus grande appréhension?

Le je n’ai pas d’appréhension particulière, vu que déjà a travers la fondation festival sur le Niger, j’ai une certaine expérience des collaborations, j échange déjà avec un certain nombre de chapitres et représentations, je suis un homme d’action et de terrain. tout est une question de choix et de méthode..
Le nouvel Arterial doit jouer un rôle de fédérateur et faciliter les collaborations créatives et dynamiques entre ses différents membres dans un premier temps, et entre ses membres et d’autres acteurs et organisations de référence sur le continent et ailleurs.
Pour se faire, nous allons développer un concept de collaboration créative base sur les valeurs locales africaine afin de faciliter, et renforcer les échanges et les partages entre les représentations nationaux et les chapitres. Je suis confiant !

Comme toute organisation, il semble que Arterial Network ait atteint en quelque sorte son apogée. De quoi aurait besoin le réseau pour se revigorer?

Je ne crois pas que Arterial ait atteint son apogée, le plus beau est devant dans la vie de toute grande organisation, il existe des hauts et des bas. Si Arterial Network n’existait pas, je pense qu’il aurait fallu l’inventer. Les difficultés que rencontre le réseau continental sont inhérentes à la construction de tout grand édifice. Aujourd’hui, nous sommes à un tournant décisif de notre histoire et il nous faut avoir une direction claire, des ressources humaines de qualité et des actions concrètes pour construire le futur d’AN. Ce futur, en mon sens, passe par quatre grands axes :
Des représentations et chapitres nationaux durables et responsables engagés pour une pratique qualitative de l’art ;
Le renforcement du réseautage et la capitalisation des acquis ;
La promotion de l’idéal panafricain et le renforcement de la position d’AN en tant qu’interlocuteur crédible sur les questions culturelles africaines ;
Des actions et stratégies efficaces pour stimuler et développer le secteur créatif africain; le développement est une action, il dépend de notre capacité d’entreprendre; ainsi on mettra un accent sur les renforcements de capacités en général et sur l’entreprenariat culturel en particulier. Nous devons continuer à jouer notre rôle dans la recherche et le plaidoyer et à développer nos projets structurants et structurés qui vont impacter durablement le secteur culturel africain.

 

Qu’est-ce qui manque ou qui a manqué à Arterial Network ?

Ce qui a manqué à Arterial Network c’est surtout la capacité à faire en sorte que ses différents membres et affiliés puissent échanger et se parler davantage, puissent faire des choses ensemble, au-delà des frontières et des barrières linguistiques qui ont toujours constituées un obstacle pour les uns et les autres. Le nouvel Arterial doit jouer un rôle de fédérateur et faciliter les collaborations dynamiques entre ses différents membres dans un premier temps, et entre ses membres et d’autres acteurs et organisations de référence sur le continent et ailleurs.

 

Quel message donnerez-vous à ceux qui hésitent sur le pourquoi de Arterial Network ?

Je leur demanderai de se joindre à nous pour le renouveau d’AN nous allons écrire ensemble une nouvelle page d’AN, un réseau continental dynamique, efficace qui va impacter durablement le secteur créatif africain. Les défis sont énormes et les chantiers très vastes. Nous ne gagnerons pas à aller en rangs dispersés, unissons nos mondes, car c’est l’union qui fait la force. Comme toute œuvre humaine, nous reconnaissons que tout n’a pas été parfait à AN, cependant il faut aussi reconnaitre que le réseau continental a beaucoup donner et œuvrer pour le développement du secteur ces dernières années le concept est unique en Afrique et il porte l’idéal panafricain.
L’avenir me passionne, nous allons œuvrer durant ce mandat pour repositionner Arterial Network comme le réseau des réseaux d’artistes et acteurs culturels du continent qui favorise les échanges et des collaborations créatives et dynamique entre ses membres.

Interviewé par Diana Ramarohetra

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La rédaction de www.chateaunews.com
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