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Depuis quatre jours, il est impossible de traverser ce fleuve de l’Est du pays, pour rallier Batouri à partir de Bertoua.

L’image n’était pas belle à voir. Un corbillard trempé dans les eaux avec une dépouille. La famille et autres amis accompagnaient le défunt à sa dernière demeure à une trentaine de kilomètres de Batouri dans la région de l’Est. Mais ce vendredi 6 novembre 2015, la nature en a décidé autrement. Le fleuve Kadey à l’entrée de Batouri, sur l’axe reliant cette localité à Bertoua, la capitale régionale, est sorti de son lit. Il faut faire près de 1200 mètres dans l’eau sur une profondeur de plus 80 centimètres pour rallier l’autre rive. Résultats, seuls les grumiers et autres gros porteurs peuvent braver le fleuve.

D’après les riverains, la crue de la Kadey est causée par les fortes pluies qui tombent sans cesse dans la région ces derniers jours. « C’est depuis trois jours qu’il pleut ici. Nous ne contrôlons plus la situation », déclare Jean Loumboua, natif de Sandaï, dernier village avant Batouri. Au lycée de Sambo, tout comme à l’école publique du même village, les salles de classe sont presque vides. Les enseignants et les élèves habitant l’autre rive du fleuve ne peuvent pas traverser. Les populations de Sandaï ont d’ailleurs frôlé le pire jeudi matin. Trois enfants ont failli être emportés par le courant des eaux. « Il a fallu l’intervention musclée des hommes du village pour les repêcher », raconte Tomo Paul, chef du village.  

Venant de Batouri ou de Bertoua, il est impossible de traverser la Kadey. De longues files de véhicules se sont immobilisées sur les deux rives. Pour les gamins du village, c’est une joie d’assister au spectacle qu’offre le fleuve. Bachirou, 16 ans, est devenu, pour la circonstance, guide et passeur. Par la nage, il indique au chauffeur comment rouler. « En temps normal, la route n’est pas bonne à certains endroits. Il y a des nids de poule. Il faut donc être guidé par nous, enfants du village, pour atteindre l’autre côté », fait savoir le jeune homme.

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« Il est temps que les autorités compétentes trouvent une solution définitive à ce problème », déclare Joseph Otti, notable de Sandaï. Les cris des populations de Sandaï et des autres villages riverains du fleuve sont arrivés aux oreilles de l’élite du département de la Kadey. Une solution urgente est en cours. Mais en attendant, la Kadey dicte sa loi à Sandaï. Personne n’entre, personne ne sort.

Pierre Rostand ESSOMBA
cameroon-tribune.cm

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