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Ngaoundéré : Colère des élèves du collège islamique envers la fondatrice

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La fondatrice du Collège bilingue Nafissa Ali Al Islamiya a échappé de peu à une bastonnade grâce au secours du surveillant général, Mohamadou Mamoudou, qui par contre s’est fait copieusement molesté par les élèves.
Plus que par le passé, le Collège bilingue Nafissa Ali Al Islamiya de Mardock traverse de sérieuses crises internes. Le collège confessionnel, opérationnel depuis six ans, est situé à proximité du lycée bilingue de Ngaoundéré. L’établissement fait face à des difficultés managériales réelles. Tout récemment la fondatrice s’est offerte les services d’un principal à polémique. Le nommé Nouhou Ramani a obtenu son baccalauréat d’enseignement général l’année dernière. La crise va grandissante et c’est la raison des dernières échauffourées enregistrées. La multiplication des frasques par la fondatrice Hadja Nafissa Ali lui a mis à dos le personnel enseignant. Plusieurs fois les autorités ont été saisies pour leur arbitrage. Le mardi dernier, le nommé Ahidjo professeur de Physique-Chimie en classe de 3e, a été sommé par la fondatrice de libérer la salle pour être remplacé par un nouveau recru à l’instant. Les élèves premières victimes de ces agissements dénués de logique professionnelle ont vite fait de manifester leur mécontentement après deux mois de cours. L’enseignant, ridiculisé devant ses élèves a plié bagage non sans aller réclamer ses droits au bureau de la responsable après ce licenciement abusif. La patronne qui ne l’entendit pas de cette oreille s’est adjoint les services des gendarmes pour embarquer le malheureux encadreur.
La scène odieuse a suscité la protestation des élèves qui décidèrent alors de boycotter le cours. « Nous n’avons pas du tout apprécié le geste de la fondatrice à l’égard de notre enseignant que nous apprécions bien. » a avancé un élève de la salle. Dans la foulée, les élèves protestataires ont voulu s’en prendre directement à la fondatrice. La montée d’adrénaline dans la masse va contraindre le surveillant général Mohamadou Mamoudou à employer des moyens musclés pour contenir les élèves. Mal lui en a pris, car les élèves vont se retourner vers lui, en le rouant des coups de poings. Le mouvement d’humeur va engendrer une empoignade généralisée. La motocyclette du surveillant est jetée par-delà la clôture de l’établissement et le portail endommagé par les manifestants. C’est la descente du sous-préfet de Ngaoundéré II, Sadou Daoudou qui va permettre le retour au calme. Selon les témoignages, le collège a vu le passage éclair de six principaux et plus de 50 enseignants en six ans de fonctionnement.

Interrogés sur le climat de tension, les employés évoquent la mauvaise gestion de la fondatrice qui foule au pied les clauses du contrat passé avec ses collaborateurs. Un sérieux problème de management qui impacte négativement sur la qualité de l’encadrement des élèves. « Mon malheur tire sa source de mon refus d’exécuter les basses besognes de la fondatrice. Elle m’avait demandé de charger mon prédécesseur en montant un faux document financier pour l’accabler en justice. Lorsque j’ai refusé, elle a décidé de me limoger » raconte un ancien principal de l’établissement que nous avons rencontré. Le problème est connu des autorités mais la solution tarde à être trouvée. « Nous déplorons cette instabilité parce qu’en réalité, une institution scolaire n’est pas comme une boutique où chacun fait les aller et retour. L’école a ses règlements et l’on doit les respecter… » déclare Mohaman Bello, délégué départemental des enseignements secondaires de la Vina. Les dérives administratives criardes de la fondatrice sont également déplorées par Mohamadou Labarang, secrétaire à l’éducation privée islamique de l’Adamaoua (SEDUC). Plusieurs sources concordantes évoquent un grand malaise qui plombe la bonne marche de cet établissement.
{sidebar id=14} D’après certaines indiscrétions, les enseignants de cet établissement ont rédigé un mémorandum réclamant une augmentation de salaire proportionnellement au travail abattu au quotidien. « Tous les enseignants exerçant dans ce complexe l’année dernière ont été chassés de la maternelle jusqu’au secondaire par la fondatrice. Cette année de nouveaux enseignants ont été recrutés, seulement le problème qui se pose est que les horaires de cours de chaque enseignant permanent est passé de 18h à 19h par semaine, le salaire a été diminué de 10 000Fcfa. De plus, l’enseignant est astreint de se présenter à l’établissement tous les jours de 7h30 à 16h selon les nouvelles directives de la fondatrice. « Nous les enseignants avons décidé de revendiquer une augmentation parce les conditions de travail sont devenues plus rudes. Dans un contexte où le salaire devait augmenter, c’est plutôt le contraire» dénonce un personnel enseignant. Selon l’analyse d’une autorité de la place, le limogeage en salle de cours du professeur de Physique-Chimie visait donc à dissuader les récalcitrants de s’opposer à cette logique administrative maladroite. Seulement la décision aura plutôt provoqué une réaction inverse à la chaine qui aurait pu embraser l’établissement.

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La rédaction de www.chateaunews.com
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