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En grève depuis le 26 novembre dernier, ils se sont montrés catégoriques face aux autorités et exigent l’arrivée du Minsup à Meiganga

Toutes les tentatives de sortie de crise à l’Ecole de Géologie et d’Exploitation minière (EGEM) de Meiganga se sont avérées vaines. Et pour cause, les leaders des étudiants réunis autour du « Collectif sauvons l’Egem » ont opposé jusqu’à vendredi 11 décembre un refus catégorique sur toutes les propositions de solutions faites par les autorités administratives et universitaires. L’institution dirigée par le Pr Ngounounou Ismaila est en arrêt de cours. Tous les accès à l’établissement sont bloqués par une cinquantaine d’étudiants de l’Egem déterminés à aller jusqu’au bout. Ils veulent la descente du ministre de l’enseignement Supérieur, Jacques Fame Ndongo à Meiganga. Les revendications portées par les étudiants sont entre autre la dénomination de leur diplôme et leurs attestations de fin d’étude ; les problèmes de leurs relevés de notes, la qualité des enseignements, l’absence des infrastructures et matériels de laboratoire, les difficultés liées aux stages, leurs primes d’excellence et l’intégration à la fonction publique entre autre. Ils en veulent aussi à leur directeur à qui ils imputent toute la responsabilité de leur situation. Ils l’accusent de mauvaise gestion de l’école. Pour répondre à leurs revendications, le Pr Ngounounou Ismaila avait réagi avec un communiqué daté du 05 décembre 2015 dans lequel il a apporté des réponses à ces revendications, tout en demandant aux étudiants de reprendre les cours le 07 décembre. Un appel qui est passé lettre morte. Certains d’entre ces étudiants de l’Egem voient la situation sous d’autres prismes. « Nous ne pouvons pas continuer à nous punir nous même à partir du moment où les autorités universitaires et administratives nous proposent des solutions. Nous avons beaucoup perdu avec cette grève qui a complètement paralysé l’école » explique une étudiante de l’Egem qui a préféré rester cloitrée dans sa chambre. Et D’ajouter « il y a menace lorsque les gars du collectif savons l’Egem vous voient en route si vous vous ne participez pas à la grève ». Selon une autre source, les étudiants de l’ethnie Bamoun sont considérés comme proches du directeur dont ils sont de la même tribu. « On nous appelle des traîtres et si les autorités ne prennent pas ce problème au sérieux, il risque avoir des dérapages » raconte un étudiant éberlué et qui prend soin de parler sous anonymat.
Depuis le 26 novembre dernier, plusieurs tentatives visant à convaincre les grévistes ont échoué. Ni la descente effectuée par le Pr Amvam Zollo, recteur de l’Université de Ngaoundéré, ni les deux réunions de sortie de crise organisée par le préfet du Mbéré avec la descente de deux vice- recteurs de l’Université de Ngaoundéré n’ont permis de rétablir l’ordre. « Nous n’attendons que le ministre pour résoudre nos problèmes ; le recteur est venue raconter des histoires avec des promesses fallacieuses » précise un étudiant du niveau III visiblement en colère. Selon un enseignant de l’Egem, si la grève continue, les conséquences sur le plan académique seront désastreuses, il faudra trouver une solution rapide.

Sit in
Ce jeudi 6h du matin, devant l’entrée de l’Egem, la situation était paralysée. Sur les pancartes de l’entrée de l’école, on peut y lire « 2035 ne peut exister sans le domaine minier, le domaine minier n’existe pas sans ingénieurs, les ingénieurs n’existent pas sans l’Egem, l’Egem mourra avec Ismaila » sur une autre « nous étudiants de l’EGEM disons non au tribalisme » ou encore « mon avenir ne vaut pas 10000 frs, sauvons l’Egem, sauvons le Cameroun». Une foule d’étudiants postés devant l’entrée veille au grain. De l’extérieur, on peut apercevoir des paperasses jonchant la coure de l’école. A une dizaine de mètre de là, quatre policiers et deux gendarmes assis, observent en spectateurs les grévistes. Toute personne qui s’approche des lieux est identifiée et questionnée.

Un problème général
La situation de l’Egem reflète celles que connaissent toutes les universités et écoles d’Etat crées à l’aveuglette par le chef de l’Etat pour répondre aux demandes des élites politiques. A l’université de Ngaoundéré, les écoles comme celle de médecine vétérinaire, de l’Ensai et l’Egem connaissent un déficit infrastructurel énorme. Obligeant les directeurs de ces écoles à réquisitionner des salles des classes des autres écoles ou des magasins pour abriter le suivi des enseignements. Les problèmes d’absence de matériels de laboratoire ou des laboratoires adéquats se posent. La situation de l’université de Maroua est aussi catastrophique avec ses nouvelles écoles à l’instar de l’école de mines de Kaélé dans le mayo Kani et autres. Outre ces universités du grand nord, même les écoles comme l’Esstic, l’Iric de l’université de Soa pour ne citer que celles-là, ne disposent pas d’un cadre de formation répondant aux normes et aux textes y relatifs malgré leur ancienneté. Les étudiants camerounais sont tout simplement renvoyés à la débrouillardise. Ce qui fragilise et dénature leur formation et leur quête d’emploi dans un monde qui se veut de plus en plus concurrentiel où les compétences pratiques et la polyvalence sont des conditions non négociables. Et l’on est amené à se demander : quelle formation dans nos écoles professionnelles ? Si la situation de l’Egem perdure, avec déjà le vent de grève qui souffle au sein du campus de Dang la semaine dernière, l’on peut redouter un vent de grève général dans les autres campus et écoles.

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