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Arts visuels et initiatives outre territoires diasporiques : Panamoutai ?

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On aurait pu, si les moyens nous le permettaient (à la rédaction de Mosaïques), solliciter de Stromae un remix de son tube Papaoutai, titre tiré de son dernier album Racine carrée (2013, meilleure chanson au World Music Award, entre autres).

Le thème de la chanson colle en effet amplement à cette réalité – dont nous dévoilerons le contenu dans les prochaines lignes de notre chronique – et mérite par conséquent que l’on établisse ce parallèle cocasse avec cette situation somme toute étrange qui semble caractériser la «fratrie hexagonale», alors que tente de subsister, sur le triangle vert-rouge-jaune, une scène artistique contemporaine férocement esseulée. Papaoutai, chanson house, d’influence pop mais aussi de rythmes africains (proches de ceux du Cameroun – en plus ( !)), d’après Wikipédia, pose la question de l’absence d’un père. Le rapport, pour ceux qui s’interrogent sur le bien-fondé de ce choix, n’a donc ici rien de banal et peut se décrypter en deux temps : d’abord, il s’agit naturellement de la similitude syllabique des deux expressions papaoutai / panamoutai. Ensuite, il est plus question du sens sous-jacent qui s’y prête. De la question tapie derrière le thème choisi par l’artiste, et qui, de manière générale, sollicite notre attention quant à la complexité des rapports qu’il peut avoir entre les êtres, les états de faits… les dispositions malléables (entre personnes ou choses pourtant censées être liées) qui échafaudent la société. 

 

Tout le monde sait en effet comment faire des bébés, mais personne ne se pose la question – profonde – de savoir comment on fait des papas, comme le scande l’artiste. Tout comme tout le monde, de manière instinctive, sait qu’il faut des artistes dans la société, pour créer, pour inventer de nouvelles manières de (perce)voir, pour écrire la mémoire du temps, en être les témoins factuels; mais personne, souvent, ne se pose la question – instinctivement ! – de savoir comment ces derniers existent, dans quel cadre ils créent. De quoi ils vivent, comment ils produisent ces œuvres qui seront contemplées et sollicitées plus tard. Pour jouer le rôle – édificateur – qui est le leur dans une société comme la nôtre. Personne ne s’y intéresse, jusqu’à ce que, spontanément, naisse le besoin. Jusqu’au moment où, par la magie de la réminiscence, l’on se souvienne que la peinture ou le dessin, ou encore la photographie, peuvent être des moyens pour saisir le «beau» et le «figer» dans l’espace et le temps. C’est, comme on le dit chez nous, le cadet des soucis du commun des mortels. Et l’on serait tenté de croire, au vu de ce qui se joue sous les latitudes, que cette attitude est aussi le propre de nos frères appartenant désormais à la sphère diasporique.
Alors, oui, Paname où t’es ? La question pourrait sembler inopportune, mais, oh que non ! Pour ceux qui sont un tout petit peu avisés, ils savent que le Cameroun est fort bien représenté sur l’échiquier international en la matière. Entre curateurs et artistes dont la côte n’est pas des moindres, le potentiel est effectivement alléchant et se passe de commentaires farfelus. La question de fond est : que font-ils concrètement sur le terrain ici? Quel est le rapport qu’ils entretiennent avec la scène locale ? Y a-t-il une synergie possible, imaginable, factuelle ou future? On pourrait d’ailleurs pousser le bouchon plus loin et s’interroger de manière plus critique. La diaspora est-elle prête à mettre la main à la pâte pour faire éclore une nouvelle génération de plasticiens, plus fière et conséquente de ses atouts ? Si non, pourquoi ? Et quels en sont les enjeux ? Au moment où se forment, à l’extérieur des frontières, des identités notables qui influencent et le feront, d’une manière ou d’une autre, pour la prochaine décennie voire plus, la création contemporaine issue du continent. C’est peut-être l’occasion d’évoquer ici, non sans allégresse, une initiative à laquelle on ne peut souhaiter que bon vent. Le magazine IAM – Intense Art Magazine – initié par la photographe Angèle Etoundi Essamba, et dont le premier numéro a été consacré à la scène artistique locale, avec un accent certes porté sur la création au féminin, mais tout autant pertinent. Le lancement officiel de ce projet, qui se prépare à Douala sous la forme d’un forum, alors que nous nous apprêtons également à «mettre en boîte», soutenu par Barthélémy Toguo (fondateur du centre Bandjoun Station) et Marème Malong de la galerie MAM, laisse–t-il entrevoir d’autres formes de partenariats Sud/Sud, Diaspora/scène locale, plus fédérateurs et porteurs de fruits probants, à l’avenir ? Seul le temps, conteur inlassable de chroniques asymétriques, nous en dira davantage !

Source: mosaiquesafrica.com

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La rédaction de www.chateaunews.com
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