Culture Musique Les 13 dédicaces de Gnahoré

Les 13 dédicaces de Gnahoré

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Les différentes plages de cet album de musiques africaines intitulé Djepka la you qui veut dire «Enfants du monde» (Contre-Jour, 2010) sont, chacune en soi, des petites dédicaces que la très africaine Dobet Gnahoré adresse à chacun de nous, mélomanes ou pas que nous sommes et ce, quelque soit le lieu où l’on retrouverait, All Over the World, quoi !

 

Mais ce qui m’a le plus frappé c’est ce foisonnement de sons cristallins d’où émerge -surfe, très exactement- une voix de tête qui «va» vers le public, l’affronte, l’agresse, le transperce, pour en fin de compte l’installer dans une sorte de climat convivial, tant Dobet Gnahoré est habitée par sa passion à l’instar d’une griotte des temps anciens ! Des titres comme «Côte d’Ivoire» et «Deka» le démontrent à suffisance, je crois. Et ceci est un atout qui fait d’elle, non seulement une chanteuse dans l’air du temps d’où les nombreuses sollicitations dont elle est l’objet depuis l’obtention de son Grammy Award en janvier 2010, mais l’une des gardiennes de traditions musicales anciennes qui s’étiolent, malheureusement de plus en plus, aux contacts des influences musicales étrangères, certes, mais surtout du fait de cette dépersonnalisation voulue ou imposée par certains majors dont l’enthousiasme à produire les Africains doit être sérieusement interrogée.
Djepka la you est donc un condensé de sons et de lumières, de senteurs d’Afrique de l’Ouest à l’image de cette dame mi «Grande Royale», s’il en est, mi amazone des temps modernes moulée aux senteurs fortes de la très célèbre multiraciale et ésotérique Compagnie Ki-Yi Mbock, immergée totalement dans sa tradition musicale (Cf. l’excellent «Salde» chanté en la langue dida de son père et le non moins entrainant «Kokpa» en communion avec une belle brochette d’artistes (dont la sculpturale Fatoumata Diawara) qui nous replongent aussi dans les arcanes de cette réalité fondamentale). Mon coup de cœur que je tiens impérativement à partager avec vous est, dans ce condensé de convivialité, de fraternité et d’Amour (Cf. «Mouziguie»), le titre «Nfletoun», un vrai régal qui nous fait faire la quadrature du cercle de la puissance du chant, de l’amalgame réussie entre les instruments modernes et traditionnels ; de la force des percussions et de l’art consommée de la mélodie et de ses variations complexes dont font toujours montre les grandes chanteuses de cette partie d’Afrique.
Et l’envoûtement continue avec des titres porteurs d’espoirs, les uns aussi puissants mélancoliquement («Nko») que les autres («Samahani»), mais, surtout avec des chansons qui permettent à cette dame de bâtir progressivement une carrière solide tout en restant elle-même. Et ce côté humain me fait davantage aimer cet album, sans oublier tous ces musiciens fabuleux (mention spéciale à la section guitares et aux chœurs) que le grand public gagnerait à connaitre individuellement. Reste plus que Gnahoré vienne ici, sur place, pour que nous puissions apprécier de visu ce savoir-faire qui ne saurait laisser personne indifférent !

Par mosaiquesafrica.com

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La rédaction de www.chateaunews.com

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