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L’histoire du Congo est souvent vue à partir de l’occupation occidentale et peut même porter à confusion en s’y identifiant. Cette histoire là est plutôt triste et elle fait souvent pleurer, car elle a beaucoup endeuillé le Congo et a amené un dépeuplement sans précédent du territoire.

Mais l’histoire du Congo a ses racines dans la lointaine et lente histoire humaine, la vraie. Une histoire qui n’est pas faite que de lutte et de résistance, mais aussi de construction, de fondement, d’épanouissement. Histoire dont on ne connaît pas l’origine, mais qui a apparu un jour – jour dont nous ignorons la date, mais qu’importe – le long de la mer du Kongo entre la Namibie et le Gabon actuels. Histoire formidable des peuples du Kongo, prolongeant celle de leurs aïeux du Hwk Ka Ptah ou Hat Ka Ptah, Mwene-Mutampa, Munkamata, « la maison de l’âme de Dieu », Ai gu ptos, Aiguptos en grec, Aegyptus en latin, Qbt ou copte en arabe, en français Égypte. Histoire de nos ancêtres contée d’âge en âge et transmise de génération à génération. Page d’histoire écrite par nos ancêtres dans notre âme et dans notre être. C’est notre fierté.

Quand je suis arrivé en France en 2000, mon premier étonnement était la référence permanente de mes interlocuteurs au nom Zaïre, pourtant définitivement enterré au Congo trois ans plus tôt, avec l’arrivée au pouvoir de M’zee Kabila Laurent-Désiré, le tombeur de l’ignoble Mobutu, encore populaire en Occident, pourtant définitivement tombé dans l’oubli au Congo.
Mes interlocuteurs avaient du mal à se faire au nom Congo, appelé aussi République Démocratique du Congo (Rdc). Cette attitude est restée pour moi une énigme jusqu’au moment où je suis arrivé en Belgique en 2002. Car ici aussi le nom Zaïre était toujours préféré à celui du Congo. Et Mobutu considéré comme le modèle même des dirigeants congolais.

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Après plusieurs échanges, j’ai compris que pour un certain public belge, européen et anglo-saxon, assez large, – j’ai rencontré la même réalité au Canada – le nom Zaïre serait plus africain que celui du Congo. Celui-ci serait une invention de la colonisation belge depuis Léopold II, le
roi des belges qui s’est attribué le territoire congolais actuel. Toujours d’après cette opinion, c’était pour rétablir les Africains dans leur droit que Mobutu avait rebaptisé le pays du nom de Zaïre. Laurent-Désiré Kabila qui a repris le nom du Congo a repris un nom belge, donc européen. Voilà pourquoi les Occidentaux en général s’en tiennent au nom Zaïre ainsi que le témoigne le fameux documentaire du cinéaste belge Thierry Michel intronisant à titre posthume « Mobutu, roi du Zaïre.»

Pourtant la vérité est tout à fait différente. La première fois que le nom « Congo» apparaît dans la littérature occidentale remonte au 16ème siècle, à l’époque où des « explorateurs » arrivent pour la première fois à l’embouchure d’un grand fleuve qui leur fait une forte impression. Plus
tard ils vont donner à ce grand fleuve de son vrai nom « Mwanza » le nom de Congo en référence à l’immense territoire qu’ils rencontrent et où règne un pouvoir puissant. Cet immense territoire avec un pouvoir puissant était appelé « Kongo-dyna-Nza » ou encore « Nza-di-Kongo » par ses habitants. Se référant à leurs propres traditions, les Portugais désignent les habitants de ce territoire, qu’ils appellent aussi Royaume, des « Congois ». C’est plus tard que Voltaire les appellera « Congolais ». Kongo-dyna-Nza n’est pas le Congo actuel, même si celui-ci s’y réfère.
Nous sommes donc ici dans une toute autre histoire du Congo.

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Évariste PINI-PINI Nsasay,
La mission Civilisatrice au Congo : Réduire des espaces de vie en prisons et en enfers. Pages 15-16.

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