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Cameroun : Deux jeunes torturés à mort pour le vol de 5000F à Ngan’ha

bir soldats

Les deux jeunes du village de Nom-Kandi dans l’arrondissement de Ngan-Ha, département de la Vina, région de l’Adamaoua, ont perdu la vie suite aux coups des éléments du 5e Bataillon d’intervention rapide (BIR) le Samedi 28 mai dernier.

 

La scène choquante a plongée dans l’émoi les habitants du village de Nom-Kandi le weekend écoulé. « C’est triste de voir nos amis partir comme cela. Les deux adolescents ont succombé à la suite d’une bastonnade de quatre éléments non identifiés du 5e Bataillon d’intervention rapide en détachement dans le village. Les corps sans vie d’Abdou, 24 ans et Moussa 19 ans ont été exposés dans une cour, baignant dans une mare de sang au sol et sous la pluie torrentielle qui a arrosé le village tout l’après-midi. Nous ne sommes pas prêts à oublier cela et il faut que la vérité éclate » s’offusque un camarade des disparus dans la localité. D’après les dires des populations, les deux garçons auraient été torturés de 7h à 14h dans le village. Selon les témoignages, tout serait parti du vol de la somme de 5000 francs chez une dame par le nommé Moussa, jeune habitant le village de Massackbatt, limitrophe à Nom Kandi. Sollicité par la victime pour rentrer en possession de son argent, les éléments du Bir vont user de la méthode forte. Après avoir fait irruption dans le domicile de Moussa, ils l’emmènent avec son ami Abdou.
{sidebar id=21} Une fois entre les mains des militaires, le jeune adolescent aurait reconnu les faits en niant l’implication de son ami dans le délit. Seulement, les aveux n’auront pas suffi pour dissuader les quatres éléments du 5e Bir de l’Adamaoua d’employer la violence. Commence alors une bastonnade. « Ils leur marchent dessus en chantant. Ils sont d’abord mis à genoux par les militaires. Puis s’en suit, une bastonnade. A tour de rôle les soldats les ont roués de coup. C’est aux environs de 14 heures que Moussa, 19 ans ne respire plus, mais les militaires continuent les bastonnades. Nous n’avons pas la force d’intervenir parce que les militaires étaient armés et menaçaient toute personne qui s’approchait. Nous avons constaté leurs morts après qu’ils ont cessé de crier et de bouger » raconte un témoin de la scène. Joint au téléphone, le chef du village de Nom Kandi a confirmé les faits. « Ils ne s’agit pas des agresseurs ou des bandits de grands chemins. C’étaient simplement des enfants dynamiques de notre village qui ont peut-être commis des erreurs mais…. Nous sommes sans voix face à cette situation ». Comme lui plusieurs populations décrient la tournure des événements.
Une bavure de plus des militaires qui semble avoir révolté les jeunes de ce petit village. Informés de la situation par le reporter de Emergence, Kildadi Boukar, le gouverneur de l’Adamaoua a déclaré qu’une enquête est déjà ouverte et qu’il a été demandé au commandant du Bir de faire la lumière sur ce drame. L’on se souvient de l’assassinat d’un berger dans le village de Ngangassaou dans le même arrondissement. Les élites se sont réunies le dimanche pour tenter d’étouffer l’affaire. La tension reste vive dans le village de Nom-Kandi et la réaction des autorités compétentes face à cette situation provoquée par les éléments du Bir reste attendue.