Le patrimoine du Cameroun

Mis à jour le 19/05/2017
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Vue partielle de la plage de kribi
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L’homme, sur terre laisse derrière lui une multitude de trésors. Des traces matérielles et immatérielles qui constituent un patrimoine. Plus concrètement…

La révolution française a été qualifié de patrimoine. Il nous semble important de définir ce terme bien que la définition n’ait jamais été parfaitement élucidée. Etymologiquement, le terme vient du latin « patrimonum » est l’ensemble des biens hérités du père ou de la mère. L’Unesco, le définit comme l’héritage du passé ce avec quoi nous vivons au présent ; et la source d’inspiration d’émerveillement et de jouissance que nous transmettons aux générations futures. Dans le même ordre d’idées, les Actes des États Généraux de la Culture d’Août 1991, définissent le patrimoine comme l’ensemble des productions matérielles et immatérielles appréhendées dans l’espace et dans le temps (p 112).

Le patrimoine culturel d’un peuple est la mémoire de sa culture vivante, il s’exprime par une multiplicité d’expressions tant matérielles (monuments, paysages, objets d’art et autres) qu’immatérielles (langues, savoir-faire, art du spectacle, musique). Mais il est aussi multiple dans ses origines. Or pour exister, chaque peuple a besoin de témoigner de sa vue quotidienne, d’exprimer sa capacité créatrice de conserver les traces de son histoire. Le patrimoine  est l’instrument de ce va et vient entre passé, présent et futur. Réceptacle des mémoires, il matérialise la valeur symbolique des identités culturelles et constitue un repère structurant fondamental des sociétés. Parce qu’il permet la compréhension de soi-même, il se révèle comme aussi l’une des clefs de la compréhension des autres.

Le patrimoine culturel camerounais constitue le socle sur lequel repose toute notre histoire dans ses composantes politique, économique, sociale et culturelle. C’est la marque de notre évolution historique, celle qui exprime notre identité culturelle et notre unité « car la culture est le ciment de l’unité nationale » disait S.E Paul Biya dans son ouvrage Libéralisme Communautaire.

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Présentation des éléments du patrimoine

Ce pays est considéré comme une Afrique en miniature ou encore le microcosme de l’art africain tant au niveau de la diversité des paysages que des climats, des langues, des modes de vie et des sociétés. Les arts étant entièrement liés aux milieux, aux croyances et aux formes sociales. Le patrimoine culturel camerounais riche et diversifié compte dans son répertoire un certain nombre de composantes qu’on peut lister ; ainsi nous avons les sites du patrimoine culturel, les villes historiques ( Yaoundé, Buea, Limbe), les paysages culturels, les sites naturels sacrés  ( forets sacrées) , les musées( nous dénombrons une vingtième) , le patrimoine culturel mobilier, l’artisanat, le patrimoine documentaire et numérique ( les bibliothèques les archives nationales)  les traditions orales, les langues , les évènements festifs, les rites et les croyances, la musique et le chant, les arts du spectacle, la médecine traditionnelle, la littérature, les traditions culinaires, les sports et jeux traditionnels, figures historiques.

Patrimoine matériel

Le paysage patrimonial camerounais est doté d’un héritage ancien reparti en trois aires culturelles. Le Nord et le Moyen Cameroun (du lac Tchad à l’Adamaoua), le Grassland de l’Ouest et du Nord-Ouest, la zone forestière (du sud –ouest  le mont Cameroun, la cross river ; (du sud la grande forêt équatoriale des confins du Gabon et du Congo) à côté de ce patrimoine nous avons une autre sorte né de la rencontre avec l’autre c’est-à-dire l’occident.

Cependant, l’affectation de l’ancien palais présidentiel au musée national par le chef de l’Etat et la réhabilitation des figures historiques de notre pays telles que Douala Manga Bell, Martin Paul Samba, il englobe non seulement les figures illustres qui ont marqué l’histoire de notre pays, mais aussi les architectures coloniales, post coloniales et traditionnelles ou ancestrales. L’architecture coloniale qui traduit à n’en point douter les liens historiques avec des pays amis tels que l’Allemagne, la France, la Grande Bretagne s’illustre par le musée national, le palais Bismarck à Buea,  la cathédrale d’Abang, le tribunal de grande instance à Douala, la poste centrale à Yaoundé, l’église d’Akono, le complexe islamique de tsinga  etc.

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Quant à l’architecture post coloniale, on peut en guise d’exemple citer le monument de la réunification, la basilique mineur Marie Reine des Apôtres etc. En dépit de ceux-ci nous avons un trésor architectural traditionnel qui exprime de façon patente le génie créateur de nos différentes peuplades qui ont su apprécier, exploiter, et modeler les ressources naturelles locales pour produire un habitat adapté à leur environnement. La case obus des mousgoums, la case à palabre du centre « Abaa », les cases rondes des chefferies de l’Ouest Cameroun, les lamidats du grand Nord etc. Dans sa composante naturelle, le patrimoine est fait des sites historiques tels que les grottes Nyem-Nyem à Galim-Tignère, celles d’Akok-Bikoé à Akono ou celles de Ngog-lituba dans la Sanaga Maritime, les chutes de la Lobe, etc.

Qu’il soit colonial ou traditionnel, dans le patrimoine bâti, nous retrouvons aussi bien des monuments et des statues à caractère historique que des symboles militaires, culturels ou religieux. Le patrimoine est également révélateur des goûts somptueux et de la vie de nos chefferies traditionnelles, comme en témoigne l’architecture palatale de la pagode à Douala. A cela vient s’ajouter  le patrimoine mobilier. Les masques sont certainement l’un des signes les plus puissants de l’art africain. Les statues sont nombreuses et très diversifiées avec une dominance du type anthropomorphe, type zoomorphe et anthopo zoomorphe, sans oublier les arts inhérents à la vannerie, au tissage, aux ustensiles de cuisine etc.

Le patrimoine immatériel

Le patrimoine immatériel quant à lui est composé des traditions, de la littérature orale des films. Il englobe également le numérique, des croyances et des rites tels qu’on trouve lors des festivals du Gondo à Douala, du Labi à Meiganga, du KO’O chez les Bassa…

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