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Le promoteur de Kilichi original qui pratique l’activité depuis son enfance aux côtés de son père est un expert en la matière qui a développé la filière à travers des innovations comme le kilichi de poulet, de poisson et les produits dérivés. 

Monsieur Aliou, vous êtes promoteur de Kilichi Original à Ngaoundéré, qu’est- ce qui fait la particularité de vos aliments ?

Je fabrique le Kilichi de viande, de poulet, de poisson et leurs dérivées. La fabrication de Kilichi nécessite les meilleures parties de viande. Avant, on séchait la viande au soleil ce qui était délicat et moins hygiénique avec les mouches, sans compter que si le soleil n’était pas suffisant, la viande pouvait se gâter. Aujourd’hui avec les innovations en termes de séchoir et four, il nous faut juste 24 heure pour faire du bon kilichi consommable et conservable jusqu’à 6 mois. C’est pratique, rapide et très bon ; raison pour laquelle nous sommes très sollicités.

Pouvez-vous nous présenter les ingrédients et le processus de fabrication du Kilichi dans votre atelier ?

Le processus commence de l’animal, à l’abattoir après le boucher et nous on intervient. Pour un bon kilichi, il faut le filet et le faux filet qui sont plus conseillés pour leur goût. Mais on ne peut avoir maximum que 20 kilogrammes de cette chair sur un bœuf. Donc, pour faire plus, on peut aussi utiliser le gigot. Bien évidement j’utilise désormais le poulet traditionnel appelé «  poulet du village » et des gros poissons charnus, moins graisseux, tel que les capitaines qui sont rares sur les marchés. Par la suite, on fait des fines lamelles de viande, on sèche la viande, après on assaisonne le tout et passe au four. Pour l’assaisonnement, j’utilise de la patte d’arachide, des épices, du poivre blanc, des condiments et d’autres produits de cuisine traditionnelle dont j’ignore le nom en français.

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Parlant du Kilichi original qui fait votre réputation, quels sont les autres produits dérivés que vous évoquiez ?

Le kilichi lorsqu’on le fabrique a ses dérivés issus des restes d’aliment ou de viande non utilisés pendant le processus. Le reste de viande dans le processus, je transforme en d’autres produits. La viande de qualité coûte tellement chère aujourd’hui qu’il ne serait pas bon de faire du gaspillage de cette denrée. A partir de ces résidus, je fabrique de la farine, du saucisson et de petits morceaux de viande séchés. Tous ces produits sont faits à base de viande, de poulet et de poisson.

Depuis combien de temps êtes-vous dans l’activité ?

J’ai commencé à m’intéresser à la fabrication du Kilichi depuis ma tendre enfance. J’ai trouvé mes parents dans l’activité et je me suis simplement intégré dans l’atelier familial. En travaillant à leurs côtés, ils m’ont transmis leur savoir-faire que j’ai développé à travers des expériences étendus sur les autres types de viandes.

Combien de génération ?

Je peux dire 100 ans car mes grands-parents faisaient aussi dans la fabrication de Kilichi. Mes parents faisaient le kilichi pour les lamidos et ses invités de marque. Ils n’étaient pas nombreux à fabriquer cela. Les autres n’avaient pas droit. Donc, lorsque le chef voulait voyager, s’il avait une cérémonie ou invités de marque, il envoyait un gros  taureau à la famille pour qu’on lui fasse une quantité d’excellents kilichi à utiliser. Nous utilisions alors les bonnes parties de viande pour le faire et le reste on transformait à notre profit.

Selon toi qu’est ce qui fait la différence entre le Kilichi Original et les autres vendus un peu partout ?

Je suis le fils du regretté Alhadji  Aoudou maï kilichi qui a bâti toute sa réputation dans ce métier. Nous avons fait du kilichi original un label de qualité très apprécié du grand public. C’est cette maîtrise de la fabrication qui nous permet de développer d’autres produits plus innovants. Le fait est que beaucoup se lancent aujourd’hui dans le kilichi pour des raisons purement commerciales. Ils n’ont pas hérité des connaissances ancestrales comme nous. C’est ma parfaite maitrise de

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Y a-t-il des difficultés dans la fabrication du Kilichi ?

Les problèmes sont multiples notamment la technologie de transformation qu’il faut aujourd’hui pour un Kilichi qui respecte les normes de qualité.  Nous avons essayé d’apporter de l’hygiène dans la fabrication et cela nécessite de gros moyens. Nous avons besoin du soutien sur la chaine de froid et le four pour parvenir à un kilichi de qualité internationale.

Quelles sont tes ambitions en tant que promoteur de Kilichi Original ?

L’activité a évolué puisqu’avant il n’y avait pas le kilichi de poulet et poisson destiné à la clientèle qui ne pouvait pas consommer la viande rouge. Ces produits nouveaux sont maintenant à développer par des innovations. Par mes recherches, j’ai pu prouver que c’est possible de transformer différents types de viandes donc c’est possible et il me faut poursuivre voire former les jeunes.

Réalisé par Rodrigue TAPEO



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