NEWSLETTER

Français     English

Share this

Sur le continent, la radio s’impose comme le principal média vecteur d’information. Avec une forte population analphabète (environ 38 %), les médias écrits sont les moins consommés et le manque d’accès à l’électricité (moins de 25 % de la population dans certains pays d’Afrique subsaharienne) rend difficile l’accès à la télévision ou aux médias en ligne (seulement 20 % de la population en Afrique est connectée).

En moyenne en Afrique 70 % des foyers n’a pas accès à l’électricité, condition indispensable pour avoir accès à la plupart des médias ».

Les médias en Afrique sont essentiellement privés, le service public d’information restant souvent peu développé. Ces médias privilégient un contenu centré sur le divertissement, la religion ou la politique. Ils remplissent rarement un contrat de service d’information neutre et d’intérêt général. Or, le développement des médias passe nécessairement par la promotion de la liberté d’expression et d’une information objective. Par ailleurs, les populations africaines sont en demande de contenu local : les chaînes qui réalisent le plus d’audience dans chacun des pays d’Afrique sont des chaines à thématiques locales. Par exemple, la chaîne la plus regardée au Cameroun est Canal 2, dont 90 % du contenu concerne l’actualité du pays, suivie d’une chaîne publique, également tournée vers les problématiques nationales.

Les obstacles à la souveraineté des médias en Afrique

Pour affirmer leur souveraineté, les médias africains doivent pouvoir définir librement leur contenu. Ce qui suppose de contrôler et maîtriser différents facteurs ; le premier, sans doute le plus important, est la question du financement, qui peut avoir un impact considérable sur la programmation et la ligne éditoriale. La plupart des chaînes africaines sont encore financées par les gouvernements ou des politiques qui les utilisent comme vecteurs de propagande. Les chaînes indépendantes restent peu nombreuses. Afin d’assurer une indépendance éditoriale, il est donc indispensable de proposer des moyens de financements alternatifs.

Lire aussi / Also read
LIVRE : La mission civilisatrise au Congo : Réduire des espaces de vie en prisons et en enfers. par Évariste PINI-PINI Nsasay

Autre obstacle : les médias africains sont souvent limités dans leur liberté d’expression. Certains paysages médiatiques reflètent un contexte politique peu démocratique : les médias d’opposition y sont réduits et la culture de critique des pouvoirs en place peu développée.

Pour le Groupe Canal, la souveraineté des médias et de leurs contenus est une condition de leur développement. Dans les bouquets proposés, sur les 170 chaines diffusées sur le continent, la thématique la plus importante est africaine ».

70 % de l’information véhiculée dans ces pays sera en adéquation avec la volonté de tel ou tel politique ».

Témoignage

Caroline Vuillemin, Directrice des Opérations, Fondation Hirondelle France

La question de l’indépendance économique est le nerf de la guerre pour affirmer une indépendance éditoriale. Elle est cruciale et non limitée aux médias en Afrique, et se pose partout dans le monde. Il n’y a cependant pas de modèle universel, applicable partout ; dans les pays en transition il faut donc mettre en place des modèles hybrides dont le financement est assuré à travers des subventions publiques, la génération de revenus mais aussi l’intervention d’acteurs privés via la RSE, l’investissement ou le mécénat. Comme d’autres acteurs économiques, les médias doivent percevoir des contributions et bénéficier de moyens qui garantissent l’indépendance éditoriale et en alimentent le fonctionnement.

by lelab.info

Share this

Réactions

Veuillez saisir votre contribution !
Veuillez saisir votre nom ici

12 − = 5