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L’igname ou “or blanc” est un produit principalement retrouvé dans la localité de Mbé, département de la vina, région de l’Adamaoua dont les populations en ont fait l’une des principales sources de revenus agricole.Les départements de la Vina et du Djerem dans l’Adamaoua constituent les plus grands pôles de production d’ignames au Cameroun voire de la sous- région CEMAC. Alors que le Cameroun tout entier vibre aux slogans d’agriculture de seconde génération, la production, la distribution et la transformation de ce grand produit dans l’Adamaoua reste encore traditionnelle.

Sur le terrain, il n’existe à ce jour aucun pôle de transformation industriel ou semi-industriel d’igname dans la région. Quelques projets sont en vue et des partenariats en perspectives avec divers institutions et organismes. C’est dans cette logique qu’un certain nombre d’associations ont vu le jour, constituées en GIC, seule condition pour bénéficier d’appui et d’aide. La GIZ et l’agence française au développement leur ont assuré de leur apporter du soutien. En termes de produits dérivés, l’igname peut être transformée en farine, en beignets, tapioca ou servir de farine d’ajout dans la production de pain.

La région de l’Adamaoua recèle d’un potentiel certain ; le rendement est élevé et les outils de production sont de plus en plus perfectionnés. Il suffit juste d’un effort de la part de tous les acteurs de la filière. Pour cela, l’Ecole Nationale Supérieure des sciences Agro-Industrielles (ENSAI) de l’université de Ngaoundéré peut jouer le rôle d’incubateur et de force de proposition des idées novatrices.

L’Adamaoua produit deux variétés d’ignames : le “Bako Kahe”, variété qui résiste aux aléas climatiques et dont la conservation ne pose pas de problème ; la seconde spéculation appelée “Kalaba” qui ne résiste pas à la chaleur donc difficile à conserver longtemps post récolte mais qui est très sucrée et pleine en bouche. Les arrondissements de Mbé, de Ngan’ha et de Belel dans le département de la vina, Tibati et Ngaoundal dans le Djerem constituent les principales zones de production de cette spéculation.

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Le circuit de distribution est plus ou moins étendu. L’igname produite localement est écoulée dans les régions du Nord, de l’Extrême-Nord, du Centre ou de l’Ouest. Hors des frontières nationales, les pays tels que le Tchad et le Nigéria sont les gros importateurs de cette denrée alimentaire très prisée. Pour l’un des vendeurs rencontrés au marché d’igname de Ngaoundéré, Abdoulaye Wadjiri :

«  Les clients sont essentiellement des particuliers, les restaurants des hôtels et grands commerçants ».

Ce qui démontre la place grandissante accordée à l’igname dans les habitudes alimentaires.

Les sols des localités concernés, fertiles, ont longtemps été exploités et sont de plus en plus peu rentables quand la demande est croissante. Pour permettre aux producteurs de vivre aisément du fruit de leur labeur, un appel est lancé à l’endroit du gouvernement et bailleurs de fonds pour apporter un appui en termes d’apport en intrants et d’encadrement technique des cultivateurs. Un clin d’œil est aussi adressé aux établissements de micro finances en vue d’apporter des investissements adéquats. Acteurs de premier plan dans la poursuite de la productivité, les jeunes sont interpellés.

« Il faut que nos enfants s’initient et s’impliquent dans la culture de l’igname»,

affirme un sexagénaire avec tout le sérieux que lui confère son âge afin que la relève soit assurée et l’exode urbain limité.

L’igname a de beaux jours devant lui à condition cependant qu’il retrouve la place qui est la sienne donc non seulement vulgarisée mais surtout valorisée ainsi deviendra-t-elle un label, une marque déposée de la région Château d’eau du Cameroun.



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