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Empêtré dans un « problème anglophone » Le gouvernement défie problème anglophone par la répression et la violence des forces de sécurité à l’ombre d’internet suspendu depuis janvier 2017,  au risque d’envoyer les contestataires dans le maquis.

« S’il va de soi que nous avons un devoir de mémoire, nous avons aussi une obligation de vérité. Le devoir de mémoire ne saurait avoir de valeur ni exister, sans l’obligation de vérité. » déclarait Paul Biya, président de la république du Cameroun lors de son allocution le 20 février 2014 à Buea. Mieux encore, le Président de la République reconnaissait la complexité de la pluralité linguistique devant être consolidée. « Lorsque nous parlons d’Unité Nationale, nous ne négligeons pas pour autant notre pluralisme linguistique et culturel. Notre diversité fait partie de notre identité. C’est elle qui permet au Cameroun de s’adapter plus facilement aux changements induits par la mondialisation, en particulier grâce au bilinguisme. ». Comment donc comprendre les réactions radicales des populations francophones qui ont vite fait de taxer les frères anglophones de fous et fouteurs de trouble dans leur propre pays. On viendrait à croire que la situation tendue et difficile ne les affecte pas également… mais que non ! Sauf que les populations anglophones semblent croire dure comme fer à leur cause. Mis à part les accusations de manipulation voir de récupération des séparatistes évoquées. A cette revendication populaire s’est opposé la machine de guerre du gouvernement et le désordre s’est installé, forçant les camps à camper sur leurs positions.

Depuis la dénonciation des défaillances administratives et gouvernementales par les populations anglophones, reconnus pour leur rigueur morale, l’opinion nationale dans sa majeure partie a vite fait de taxer les revendications d’illégitimes. « Toute la société camerounaise ne peut pas être aveugle et ne saurait suivre sans rien faire cette dérive dans la communication gouvernementale. Oui, cette communication gouvernementale est la preuve que le Cameroun est malade.» observe Vincent-Sosthène Fouda politologue camerounais sur le jeuneafrique.com. Des dérives autoritaires qui n’auront eu pour finalité que de radicaliser davantage les populations. Pour autant la persistance aura poussé le gouvernement à revoir sa copie du Code Pénal Anglophone (Common Law) traduite selon les normes OHADA. Sur les questions de gouvernance et de poursuite du processus de décentralisation jamais abouti, les autorités ont imposés des restrictions jugeant certaines revendications irrecevables. Des abus il y en a forcement eus à Bamenda comme à Buea certainement, selon plusieurs sources non officielles. De quoi justifier la conduite d’une mission d’investigation de la Commission Nationale des Droits de l’Homme et des Libertés (CNDHL) dans les villes concernées du 1er au 4 février 2017. Selon les responsables, il est question de faire la lumière sur les faits évoquer et contribuer à faire avancer le processus d’apaisement.

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Loin de nous l’idée d’une acceptation du fédéralisme ou de la sécession qu’il serait amnésique de croire un État unitaire accepter la division faute de bonne gouvernance. Mais il n’en demeure pas moins que dans les intentions de « Fédéralisme », les populations aspirent plus à la matérialisation d’une gouvernance équitable, respectueuse des spécificités et des efforts des communautés, plutôt que la gestion centralisée actuelle. Face à cette velléité des couches anglophones traduite par une absence de cours durant plus 2 mois, L’État a choisi la fermeté. « S’il suffisait d’interdire par décret le mouvement sécessionniste pour enlever dans les cœurs et dans les têtes ce sentiment de ras-le-bol qui pousse les anglophones à défier les institutions, ce serait heureux. Mais la réalité foisonne d’exemples qui démontrent le contraire. Notamment au Cameroun. L’interdiction en 1955 de l’Union des populations du Cameroun (UPC) n’a pas imposé la paix. Elle a provoqué deux décennies d’une sale guerre dont les historiens révèlent, de livre en livre, l’ampleur des atrocités. » constate Georges Dougueli, Journaliste spécialisé sur l’Afrique subsaharienne dans une tribune de Jeune Afrique.

Devant cette dérive autoritaire qui a occasionnée de nombreux dégâts dans les deux camps, les leaders d’opinion et principaux leaders politiques sont monté plusieurs fois au créneau pour dénoncer la situation. Ni John Fru Ndi, le leader du Social Democratic Front (SDF), parle « des exactions commises par les forces de l’ordre (vêtues de masques) sur les populations établies dans les zones anglophones du pays. ». Invité par le chef d’Etat à la réception offerte aux Lions indomptables, le 8 février dernier, il n’a pas caché son indignation sur les antennes de la chaîne nationale. Cette déclaration du « Chairman » intervient au moment où des sources établies dans la ville de Bamenda confirment la présence des patrouilles militaires sillonnant les rues. Décriant l’état actuel des choses, le président du SDF a précisé qu’au-delà de féliciter les Lions indomptables, le principal objetif de sa présence au Palais de l’Unité est de « demander au chef de l’Etat de faire quelque chose par rapport à la crise qui perdure dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest depuis le mois de novembre 2016. ». La raison devrait donc primer sur la violence et l’utilisation de forces coercitives pour préserver le climat de paix.

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Par Paulin Shamkwa

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